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«Nous n'enverrons pas nos jeunes mourir […] dans des guerres qui ne sont pas les nôtres», assure Marine Le Pen

25 October 2026 at 19:46

« Parce que le pays a besoin de tous ses enfants […] nous n'enverrons pas nos jeunes mourir dans des aventures guerrières inconsidérées ou irresponsables, et encore moins dans des guerres qui ne sont pas les nôtres », a déclaré Marine Le Pen le 25 octobre depuis Orléans, où se tenait le XIXe congrès du Rassemblement national (RN), après avoir assuré que « la plus haute des ambitions de la politique » était de servir le pays.

Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle: "Nous n'enverrons pas nos jeunes mourir dans des aventures guerrières inconsidérées ou irresponsables, et encore moins dans des guerres qui ne sont pas les nôtres" https://t.co/5uzYorkGLm

— BFM (@BFMTV) October 25, 2026

Le parti à la flamme s’est prononcé à plusieurs reprises contre l’envoi de militaires français sur des théâtres extérieurs, à l’instar de l’Arabie saoudite, où Emmanuel Macron avait annoncé fin septembre l’envoi de « moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense » afin de protéger le port pétrolier de Yanbou, ciblé par les Houthis.

« Envoyer des instructeurs, qui sont des militaires, dans un pays en guerre, c'est évidemment prendre un risque […] qu’ils soient des cibles », avait également mis en garde Marine Le Pen lors d’une interview en juin 2024 sur BFMTV, soulignant que des militaires ukrainiens étaient déjà formés en France et en Pologne. Envoyer des « troupes combattantes » en Ukraine ? « Une folie », avait-elle lancé en mars 2025 à la tribune de l’Assemblée nationale.

Vilipendée par les pro-Kiev, Marine Le Pen a déclaré qu’elle ferait cesser l’aide financière de Paris à l’Ukraine en cas d’accession au pouvoir en 2027, tout en assurant qu’elle poursuivrait le soutien militaire en matière de formation et de matériel.

Trump affirme avoir averti Macron que sa politique migratoire risquait de conduire à la «destruction» de la France

25 October 2026 at 16:57
Preview Donald Trump a affirmé sur Fox News avoir averti Emmanuel Macron, dès le début de son mandat, des dangers de sa politique migratoire. «Tu détruis la France», lui aurait-il dit, estimant que le pays accueillait des personnes hostiles à sa culture et à sa population. Le président américain a également critiqué l'immigration en Espagne et en Italie.

Musk affirme avoir bloqué l'utilisation de Starlink pour des frappes de drones ukrainiennes

25 October 2026 at 16:54

Le 24 octobre, Elon Musk a accusé les forces ukrainiennes d’avoir enfreint les règles d’utilisation de Starlink pour mener des frappes offensives à l’aide de drones. Dans un message publié sur X, le fondateur de SpaceX a indiqué que cette utilisation du réseau satellitaire avait été bloquée la semaine précédente.

Correct. Using Starlink, a civilian commercial service, for offensive drone strikes to kill people has never been allowed, nor should it be. Starshield, a different system, is controlled by the US government. What they decide to do is up to them. Ukraine military violated Starlink terms of service and used it for offensive drone strikes to kill people. That loophole was closed last week. Starlink remains critical to the defense of Ukraine, as it is the only system that cannot be jammed or blown up, at least for now. Were Starlink to be turned off, the Ukrainian front line would collapse immediately. This is NOT a threat, it is simply a statement of fact. Starlink was also crucial to preventing Russia from overrunning Ukraine in the early days of the war, as all other means of communication were destroyed or jammed by Russia. SpaceX has done more to defend Ukraine than any private company on Earth BY FAR. That said, I have nothing but UTTER CONTEMPT for the virtue-signaling evil warmongers who push for endless slaughter and offer no realistic solution to the conflict. May you burn in hell. End of story.

— Elon Musk (@elonmusk) October 24, 2026

« Les militaires ukrainiens ont violé les conditions d’utilisation de Starlink et s’en sont servis pour mener des frappes offensives à l’aide de drones dans le but de tuer des personnes. Cette faille a été fermée la semaine dernière », a déclaré Elon Musk.

L’entrepreneur a souligné que Starlink est un service commercial de communications satellitaires dont l’utilisation pour de telles attaques n’a jamais été autorisée. Il l’a distingué de Starshield, un système destiné notamment à des usages militaires et placé, selon lui, sous le contrôle du gouvernement américain.

Des restrictions qui perturbent les opérations de Kiev

Ces déclarations interviennent après plusieurs perturbations signalées par les forces ukrainiennes depuis la nuit du 14 octobre. Certains terminaux auraient perdu leur connexion au-delà de 160 km/h, compliquant le pilotage des drones, le ravitaillement des unités et plusieurs opérations militaires.

Les restrictions ont rapidement suscité des tensions entre Kiev et Washington. Le 18 octobre, Volodymyr Zelensky a accusé l’administration de Donald Trump d’avoir limité l’accès aux communications satellitaires, tout en reconnaissant ignorer qui avait pris cette décision. Le président américain a démenti toute implication.

Selon The Economist, Elon Musk aurait ordonné ces restrictions en réaction aux frappes ukrainiennes contre des raffineries de pétrole russes. Cette version, qui établit un lien entre les limitations du réseau et les attaques visant les infrastructures énergétiques russes, n’a toutefois pas été confirmée par l’entrepreneur.

Le 24 octobre, les autorités ukrainiennes ont annoncé le rétablissement des communications à des vitesses normales. Elon Musk a néanmoins maintenu que la possibilité d’utiliser le service commercial Starlink pour mener des frappes offensives avait été bloquée.

Musk met en avant la dépendance militaire de l’Ukraine

Les accusations du patron de SpaceX ont été contestées à Kiev. L’ancien conseiller du ministère ukrainien de la Défense, Sergueï Sternenko, affirme que les drones nécessitant une liaison satellitaire devaient utiliser Starshield et non le service commercial Starlink. Selon lui, ce dernier ne pouvait donc pas être employé pour ces opérations.

Musk a cependant insisté sur le rôle déterminant de son réseau pour les forces ukrainiennes. « Si Starlink était désactivé, le front ukrainien s’effondrerait immédiatement. Ce n’est pas une menace, mais un simple constat », a-t-il déclaré sur X le 24 octobre.

Le milliardaire a également critiqué les partisans d’une poursuite des combats qui, selon lui, ne proposent aucune solution réaliste pour mettre fin au conflit.

La question de l’utilisation militaire de Starlink a également suscité une réaction à Moscou. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé qu’il serait préférable que des technologies aussi avancées ne soient pas employées à des fins militaires.

«Stupide» : Poutine critique la politique européenne envers Moscou

25 October 2026 at 16:52

Vladimir Poutine a qualifié de « stupide », ce 25 octobre, la politique de l’Union européenne visant à se détourner des produits et des ressources russes. Dans un entretien accordé au journaliste Pavel Zaroubine, le président russe a reproché aux dirigeants européens d’avoir renoncé à des ressources énergétiques bon marché, tout en réduisant l’accès de leurs entreprises au marché russe, un débouché commercial important.

Le chef de l’État a insisté sur le fait que la Russie n’a jamais refusé de fournir du pétrole, du gaz, du charbon ou de l’uranium aux pays européens. Il a ainsi attribué la réduction des échanges énergétiques aux décisions prises par ces mêmes gouvernements européens. Malgré ces restrictions, les approvisionnements russes se poursuivent, le gaz naturel liquéfié (GNL) russe représentant encore 20 % du marché européen du GNL.

Cette politique a également pesé sur les relations commerciales, a poursuivi le président russe. Il a expliqué que certaines entreprises européennes avaient dû quitter la Russie sous la pression de leurs gouvernements, alors qu’elles souhaitaient poursuivre leurs activités. D’autres sont toutefois restées sur le marché russe, où Moscou s’efforce, selon lui, de leur garantir des conditions favorables.

Endettement et recul industriel : Poutine souligne les difficultés européennes

Le président russe a également mis en lumière les difficultés économiques de plusieurs pays européens, notamment leur dette publique et leurs déficits budgétaires. Il a cité l’Italie, dont la dette publique atteint près de 139 % du PIB, contre 17,5 % pour la Russie. Il a également évoqué la dette extérieure russe équivalente à 2,6 % du PIB.

Vladimir Poutine a par ailleurs insisté sur les déficits budgétaires de la France et de la Belgique, qui atteindraient respectivement 5,1 % et 5,2 % du PIB. Il a jugé ces niveaux particulièrement élevés, mettant en garde contre leurs conséquences pour les économies concernées.

À ces difficultés budgétaires s’ajoute le recul de la production industrielle européenne. Vladimir Poutine a qualifié de « dramatique » la baisse enregistrée depuis 2021 de plusieurs grandes économies du continent. Il a notamment cité l’Allemagne, première économie de l’Union européenne, dont les difficultés industrielles se répercutent, selon lui, sur l’ensemble de la zone euro.

Crise migratoire et tensions sociales en Europe

Vladimir Poutine a également abordé la crise migratoire, soulignant les difficultés des États européens à assurer l’assimilation des migrants installés depuis plusieurs années ainsi que de leurs enfants. Selon lui, les autorités ne disposent pas des moyens nécessaires pour répondre à ces besoins, notamment en matière d’éducation et de transmission des coutumes et traditions locales.

Enfin, le président russe a rejeté les accusations attribuant à Moscou un rôle dans les troubles et les mouvements de protestation observés dans plusieurs grandes villes européennes. Il les a jugées manifestement exagérées, estimant que la Russie était une nouvelle fois désignée comme responsable des difficultés rencontrées en Europe. Vladimir Poutine a toutefois souligné que Moscou ne se réjouissait pas de ces événements, tout en affirmant la nécessité de répondre aux accusations portées contre son pays.

ONU : la candidature émiratie de Lana Nusseibeh suscite des critiques

25 October 2026 at 16:50

Les Émirats arabes unis ont officiellement proposé, le 21 octobre, la candidature de Lana Nusseibeh au poste de secrétaire général des Nations unies (ONU). Cette diplomate, actuellement secrétaire d’État au ministère émirati des Affaires étrangères et ancienne représentante permanente de son pays auprès de l’organisation, figure parmi les prétendants à la succession d’António Guterres, dont le second mandat prend fin le 31 décembre.

Cette candidature intervient alors qu’aucun favori ne s’est clairement dégagé dans la course à la direction de l’organisation internationale. Mais le choix d’Abou Dhabi a rapidement suscité des critiques, en particulier en raison des accusations de soutien émirati aux Forces de soutien rapide (FSR), impliquées dans la guerre civile soudanaise. Les autorités émiraties ont toujours rejeté ces accusations.

Une diplomate expérimentée au cœur des critiques

Lana Nusseibeh connaît les mécanismes diplomatiques des Nations unies. Elle a représenté les Émirats arabes unis auprès de l’organisation de 2013 à 2024, notamment durant le mandat de son pays au Conseil de sécurité en 2022 et 2023. Son parcours l’a placée au cœur des relations diplomatiques d’Abou Dhabi, notamment dans le cadre du rapprochement avec Israël.

Pour ses détracteurs, cette expérience soulève toutefois des interrogations sur l’indépendance dont elle pourrait faire preuve à la tête de l’ONU. Cameron Hudson, ancien analyste de la CIA spécialisé dans l’Afrique et ex-responsable des affaires africaines au Conseil de sécurité nationale américain, accuse la diplomate d’avoir contribué à la stratégie d’influence émiratie au sein de l’organisation, notamment sur les dossiers susceptibles de mettre en cause son pays.

Ces critiques s’inscrivent dans un contexte de controverses autour de la guerre au Soudan, où plusieurs enquêtes et rapports ont mis en cause le rôle présumé des Émirats dans le soutien aux FSR. Abou Dhabi dément fournir un appui militaire à cette faction. Les accusations et les démentis constituent ainsi un enjeu majeur du débat autour de la candidature émiratie.

Une élection soumise au Conseil de sécurité

Lana Nusseibeh est la septième candidate annoncée dans la course à la succession d’António Guterres. Pour être recommandé à l’Assemblée générale, le futur secrétaire général doit obtenir le soutien d’au moins neuf des 15 membres du Conseil de sécurité, sans veto de l’un des cinq membres permanents : les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie.

La possibilité de voir une femme accéder pour la première fois à ce poste constitue également un enjeu de cette sélection. D’autres candidatures, notamment latino-américaines, sont évoquées dans le cadre d’un processus marqué par des équilibres géographiques et diplomatiques.

Pour Mira Al-Hussein, sociologue émiratie à l’université d’Édimbourg, l’élection de Lana Nusseibeh renforcerait l’influence internationale des Émirats arabes unis et leur capacité à peser sur les décisions multilatérales. D’autres observateurs redoutent qu’un tel choix ne soulève des questions sur la neutralité de l’institution, chargée notamment de promouvoir la paix, les droits fondamentaux et le respect du droit international.

Le Forum des médias Russie-Afrique organisé par RT réunira à Moscou des représentants de 46 pays africains du 26 au 29 octobre

25 October 2026 at 16:49

À l'initiative de RT, Moscou accueillera du 26 au 29 octobre le Forum des médias Russie-Afrique, organisé avec la participation de Sputnik et de TASS. Plus de 200 invités issus de 46 pays africains feront le déplacement dans la capitale russe, parmi lesquels des responsables de médias, des personnalités politiques, des experts et des blogueurs.

Les échanges porteront sur le rôle des médias dans le développement et l'unité de l'Afrique, ainsi que sur leur contribution à l'affirmation de l'identité africaine et à la représentation du continent à l'étranger. Le forum réunira ainsi des professionnels russes et africains autour des principaux enjeux du secteur.

Plusieurs personnalités africaines sont attendues, notamment Grégoire Ndjaka, directeur général de l'Union africaine de radiodiffusion, et Évariste Ngamana, ministre de la Communication et des Médias de la République centrafricaine. Parmi les intervenants russes figurent également Elizaveta Brodskaïa, première rédactrice en chef adjointe de RT, Dmitri Kisselev, directeur général du groupe Rossiya Segodnya, et Andreï Kondrachov, directeur général de TASS.

Quatre jours d'échanges et de coopération russo-africaine

Les 26 et 27 octobre, le Centre national « Russie », à Moscou, accueillera les premières sessions du forum. RT y réunira des dirigeants de grandes chaînes de télévision africaines ainsi que des blogueurs africains comptant au moins un million d'abonnés. Rossiya Segodnya et TASS organiseront également leurs propres sessions.

Le 28 octobre, les travaux se poursuivront au Gostiny Dvor, où une séance plénière rassemblera les dirigeants de RT, de Rossiya Segodnya et de TASS, ainsi que des représentants des autorités russes et africaines chargées du secteur des médias.

La dernière journée, le 29 octobre, sera notamment consacrée à une rencontre organisée par RT avec les descendants de plusieurs grandes figures de l'histoire africaine, dont Nelson Mandela, Patrice Lumumba, Samora Machel et Gamal Abdel Nasser. Cette session s'inscrira dans le cadre du projet télévisé de RT « Afrique : l'héritage des grands » (African Legacy). Des sessions de Rossiya Segodnya et de TASS sont également prévues au Gostiny Dvor.

Outre les débats, le programme prévoit des émissions conjointes entre les participants africains et les médias russes, ainsi que la signature de plusieurs accords de coopération avec la partie russe.

En amont du forum, les invités étrangers ont également été conviés à un programme culturel prévu les 24 et 25 octobre, comprenant des visites de lieux emblématiques de Moscou.

Casses en France : une usine Framatome, produisant un métal «stratégique», cambriolée pour la sixième fois en sept ans

25 October 2026 at 16:46

La France en libre-service ? En plus des musées ou des données personnelles, et plus récemment des commerces, les usines Seveso n'échappent visiblement pas à la convoitise de voleurs.

Selon Le Dauphiné Libéré qui a révélé l’affaire, « plusieurs centaines de kilos de cristaux d’hafnium, représentant une valeur de plusieurs millions d’euros », ont été volés dans l'usine Framatome de Jarrie (Isère), classée Seveso seuil haut, dans la nuit du 21 au 22 octobre. Vol qui aurait été «commis vers 3h du matin », a précisé le quotidien régional.

« Un intérimaire – car l'usine fonctionne jour et nuit – s'est d'ailleurs retrouvé nez à nez avec les malfaiteurs avant de s'enfuir pour se réfugier au poste de garde », peut-on lire dans l’article d’Ici Isère, qui a confirmé l’information du Dauphiné Libéré.

La France premier producteur mondial d’hafnium

Le quotidien a d’ailleurs épinglé une question écrite du député Julien Brugerolles, publiée au Journal officiel à la mi-juin après un casse similaire commis dans la nuit du 3 au 4 mai, selon laquelle il s’agirait ni plus ni moins que du sixième vol depuis 2019 dans cette usine.

Ce métal rare, provenant de l'épuration du zirconium – et dont la France est le premier producteur mondial, devant les États-Unis –, entre notamment dans la construction de drones de combat et d’avions de chasse ou encore dans les systèmes de propulsion de sous-marins nucléaires et de certains missiles.

Fin septembre, Le Parisien rapportait que des gendarmes isérois avaient retrouvé 150 kilos de cristaux d’hafnium ainsi que « plus de 500 000 euros et une arme de poing » au domicile d’un chef d'équipe de Framatome Jarrie, « visiblement friand de véhicules de luxe et de montres suisses ».

Algérie : les sénateurs approuvent l’envoi de militaires au Niger

25 October 2026 at 16:45

Le Parlement algérien a franchi une étape importante dans le renforcement de la coopération sécuritaire avec le Niger. Le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement, a approuvé à l’unanimité, le 25 octobre, une décision autorisant l’envoi d’unités militaires algériennes à l’étranger, dans le cadre de la coopération avec Niamey.

Réunis en séance plénière extraordinaire à huis clos, les sénateurs ont ainsi donné leur feu vert à cette initiative, qui doit également être soumise à l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse, pour approbation.

Cette décision survient quatre jours après la signature, le 21 octobre, d’un protocole d’accord visant à renforcer la coopération militaire entre l’Algérie et le Niger. Le document a été conclu à l’occasion de la visite à Alger du ministre nigérien de la Défense nationale, Salifou Mody.

À cette occasion, le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général d’armée Saïd Chanegriha, avait réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à examiner les propositions nigériennes susceptibles de consolider la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays.

Le protocole prévoit notamment une coopération et un échange d’expériences dans la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’un soutien au renforcement des capacités opérationnelles de l’armée nigérienne, en fonction des demandes des autorités du pays.

La base de Madama évoquée pour un éventuel déploiement

L’ancien diplomate algérien Amar Belani a évoqué un possible déploiement des forces algériennes sur la base militaire de Madama, dans le nord du Niger, à proximité de la frontière libyenne. Selon lui, l’approbation parlementaire constitue une étape nécessaire pour autoriser cet engagement dans le cadre de l’article 91 de la Constitution algérienne.

Cette localisation hypothétique n’a toutefois pas été confirmée officiellement dans les éléments disponibles. La base de Madama occupe une position stratégique dans une région marquée par les enjeux sécuritaires transfrontaliers et les activités de groupes armés.

L’Algérie et le Niger partagent des préoccupations sécuritaires liées à la situation au Sahel et à la circulation de groupes armés dans les zones frontalières. Le renforcement de leur coopération militaire s’inscrit dans ce contexte régional.

Une évolution du cadre constitutionnel algérien

L’éventualité d’un déploiement militaire à l’étranger marque une évolution importante pour l’Algérie, dont la doctrine militaire a longtemps privilégié la défense du territoire national. La dernière participation de l’armée algérienne à un conflit hors de ses frontières remonte à 1973, lorsque des forces algériennes avaient pris part à la guerre arabo-israélienne.

La révision constitutionnelle de 2020 a toutefois ouvert la voie à une participation de l’Algérie à des opérations extérieures dans certaines conditions. Son article 31 prévoit que le pays peut contribuer au maintien de la paix, dans le respect des principes et des objectifs des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes.

L’article 91 encadre, pour sa part, les conditions dans lesquelles le président de la République peut décider de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger, notamment après approbation des deux tiers de chaque chambre du Parlement.

L’approbation annoncée par le Conseil de la nation constitue donc une étape du processus institutionnel. Le vote de l’Assemblée populaire nationale et les modalités précises d’un éventuel déploiement restent déterminants pour la suite de cette initiative.

Fusillade mortelle à Trappes : la garde à vue du tireur levée pour raisons psychiatriques

25 October 2026 at 16:11

La garde-à-vue de l'auteur de la fusillade à Trappes et à La Verrière, en région parisienne, qui a coûté la vie à un homme de 26 ans et a fait cinq blessés le 23 octobre, a été « suspendu » le temps d’une « période d’observation psychiatrique », a annoncé ce 25 octobre le Parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué très largement relayé par la presse française.

Dans le cadre de cette mesure « susceptible de durer 48 heures » et qui « doit permettre d’apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible avec la possibilité de poursuivre ses auditions », le tireur « présumé », Kévin T. a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris.

« L'analyse toxicologique a permis de révéler la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang », d’après la même source qui a précisé que « les gardes à vue des membres de l'entourage familial et amical – cinq au total – de l'intéressé se poursuivent ».

« Première fois » : Macron dérape à Trappes

Selon une source proche de l'enquête, citée par l'AFP, un exemplaire de Mein Kampf, l'ouvrage d'Adolf Hitler, ainsi qu’une Bible et un Coran, ont été retrouvés au domicile du tireur âgé de 39 ans. Interpellé après les faits, Kévin T. était notamment en possession d'un pistolet-mitrailleur datant de la Seconde Guerre mondiale.

Le Pnat a ouvert une enquête pour « assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance, vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée », ainsi que « détention d'une arme de catégorie A en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes ».

De son côté, Emmanuel Macron, qui s’est rendu à Trappes, a rapidement qualifié cette fusillade d'« attentat terroriste raciste », affirmant que pour la « première fois », un acte terroriste en France visait à tuer « en raison de la couleur de peau ou de la religion ». Une affirmation « factuellement fausse » du président français, au regard de la longue liste d’attentats islamistes commis dans le pays, qui lui a valu les foudres d’une grande partie de la classe politique française.

Israël : des milliers de manifestants contre Netanyahou à trois jours des législatives

25 October 2026 at 12:59

Des milliers d’Israéliens ont défilé le 24 octobre à Tel Aviv contre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou, à trois jours d’élections législatives qui s’annoncent serrées. La manifestation, organisée par le Conseil d’Octobre, un collectif de familles de victimes et d’otages de l’attaque du 7 octobre 2023, visait notamment à réclamer des comptes sur les défaillances sécuritaires qui ont permis cette attaque du Hamas, la plus meurtrière de l’histoire d’Israël.

Les manifestants se sont rassemblés sur la place des Otages, devenue depuis le début de la guerre à Gaza un lieu emblématique des mobilisations en faveur du retour des personnes enlevées lors de l’attaque. Le Conseil d’Octobre demande la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, une initiative jusqu’ici refusée par le gouvernement Netanyahou.

Les principales figures de l’opposition avaient annoncé leur participation au rassemblement. Parmi elles figuraient le centriste Gadi Eisenkot, le chef de l’opposition Yaïr Lapid, son allié Naftali Bennett, l’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman et le dirigeant du parti Les Démocrates, Yaïr Golan. Ces responsables se sont engagés à créer une commission d’enquête en cas de victoire électorale.

Des élections sous haute tension

Le scrutin du 27 octobre, le premier depuis l’attaque du 7 octobre 2023, est largement présenté comme un test politique pour Benjamin Netanyahou, au pouvoir depuis 2022. Selon les derniers sondages autorisés à être publiés la veille, le bloc du Premier ministre était crédité de 50 sièges, contre 52 pour le bloc d’opposition constitué autour de Gadi Eisenkot. Ces projections restaient éloignées des 61 sièges nécessaires pour obtenir une majorité à la Knesset.

Au-delà des défaillances sécuritaires, la campagne électorale est marquée par les conséquences de la guerre à Gaza, les tensions régionales et les critiques internationales visant la politique israélienne, notamment en Cisjordanie occupée. Certains électeurs de l’opposition espèrent qu’une alternance permettra d’améliorer les relations d’Israël avec la communauté internationale.

Benjamin Netanyahou a également suscité des réactions après avoir évoqué le 23 octobre la préparation d’un plan visant à développer une économie alternative pour contourner d’éventuelles sanctions internationales, notamment dans le secteur bancaire. Il a cité la blockchain parmi les pistes envisagées. Gadi Eisenkot a tourné cette proposition en dérision sur les réseaux sociaux, estimant qu’un tel projet risquerait d’isoler davantage Israël de l’économie mondiale.

Mobilisation du 24 octobre : plus de 1 300 interpellations, au moins trois blessés graves

25 October 2026 at 12:42

L'« Acte II » de la mobilisation contre la vie chère, qui s’est déroulé le 24 octobre, a donné lieu à bien moins d’exactions que la semaine précédente, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez se félicitant en fin de journée que de « nombreux pillages » ont été « évités » grâce aux « moyens de défense » engagés.

Ce 25 octobre au matin, le ministère de l’Intérieur annonce 1 314 interpellations et 53 membres des forces de l'ordre blessés. La veille, peu avant 20h, Laurent Nuñez avait annoncé « près de 1 000 » interpellations, contre 389 au même moment lors de la journée du 17 octobre. Toujours à titre de comparaison, il y a une semaine, après une journée où des scènes de chaos avaient été observées à travers tout le pays, les autorités françaises avaient annoncé 1 800 interpellations.

Plus tôt dans la matinée, la préfecture de police de Paris avait annoncé auprès de la chaîne BFMTV que 142 interpellations, dont 126 gardes à vue, avaient eu lieu dans la capitale, rehaussant un précédent bilan de 65 interpellations et 40 gardes à vue. Selon la même source, deux commerces parisiens auraient été dégradés, dont un pillé. Au micro de France Inter, la porte-parole de la préfecture de police, Hélène Denéchère, a évoqué la présence de « 500 casseurs » en fin du cortège arrivé porte de Vincennes.

Au niveau de la mobilisation, 410 000 manifestants auraient défilé le 24 octobre dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur, contre 800 000 selon la CGT.

Plusieurs commerces pillés

Plusieurs blessés ont été signalés : photo à l’appui, La Nouvelle République a rapporté qu’un jeune homme a été blessé à l’œil gauche à Poitiers. Joint par l’AFP, le photographe du quotidien régional a déclaré que cet individu de 19 ans aurait été blessé après une charge de CRS et pourrait avoir reçu un débris dans l’œil.

Une personne a également été blessée à la main « en marge » d’une manifestation à Clermont-Ferrand, et ne présenterait « ni arrachement ni perte de doigt » selon la préfecture du Puy-de-Dôme. Situation similaire à Toulouse, où un jeune homme de 20 ans a été « grièvement blessé à la main "lors de la dispersion d’un attroupement violent" », a rapporté France 3 Occitanie, citant la préfecture de la Haute-Garonne

En terme matériel, des commerces ont été vandalisés, voire pillés, malgré la mobilisation des forces de l’ordre. À Tours, une agence de la Banque populaire a été incendiée, « entraînant des dommages aux appartements situés dans les étages », selon Le Parisien. Des bijouteries ainsi qu’un supermarché ont été pillé à Marseille.

Le Dauphiné Libéré avait également relayé le pillage d’un Spar à Grenoble, ville où les tensions ont été vives entre forces de l’ordre et émeutiers et où un élu local La France insoumise a été filmé en train de « prendre la pose » avec des individus aux allures de black blocks.

À Paris, des scènes de violences et de pillages comme celles observées le 17 octobre et les jours suivants étaient redoutées. Selon les chiffres officiels, près de 3 000 commerces à travers la France avaient alors subi des dommages.

Ouganda : quarantaine de 21 jours pour les voyageurs de retour de RDC

25 October 2026 at 12:41
Preview L’Ouganda imposera 21 jours de quarantaine à ses ressortissants de retour de République démocratique du Congo (RDC), a annoncé, le 25 octobre, le ministre de la Santé, Chris Baryomunsi. Le pays, qui se déclare exempt d’Ebola, renforce les contrôles aux frontières après des cas signalés au Kenya et au Nigeria.

Nigeria : au moins 40 morts dans une attaque armée

25 October 2026 at 12:37
Preview Au moins 40 personnes ont été tuées le 23 octobre après l’attaque du village de Binnari, dans l’État de Taraba, situé dans le nord-est du Nigeria, selon Amnesty International. Les assaillants ont ouvert le feu et pillé des commerces, a indiqué la police. Le bilan, initialement de dix morts, a été revu à la hausse après la découverte d’autres corps.

France : le gouvernement aurait préparé le blocage des réseaux sociaux face aux manifestations du 24 octobre

25 October 2026 at 12:09

En pleine vague de contestation sociale, le gouvernement français aurait préparé une éventuelle suspension de plusieurs réseaux sociaux à l’approche des manifestations du 24 octobre. Selon une enquête de Blast, le Premier ministre Sébastien Lecornu aurait demandé aux principaux opérateurs télécoms de préparer un blocage temporaire pour cette date. La mesure n’a finalement pas été déclenchée.

Sollicité par le média, le cabinet du Premier ministre n’a pas souhaité répondre.

Le mouvement, initialement lancé par des lycéens dénonçant les difficultés du système éducatif, s’était progressivement étendu aux revendications liées à la hausse du coût de la vie et à la baisse du pouvoir d’achat. Les mobilisations des 17 et 18 octobre avaient donné lieu à des incidents dans plusieurs villes.

Dans une lettre datée du 22 octobre, Sébastien Lecornu demandait à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de préparer une éventuelle suspension de TikTok, Instagram et Snapchat. Selon les documents obtenus par Blast, le réseau social X a ensuite été ajouté à la liste.

Le Premier ministre souhaitait pouvoir couper l’accès à ces plateformes pendant plusieurs heures, lors du week-end des 24 et 25 octobre. Les opérateurs devaient anticiper les opérations techniques afin d’exécuter sans délai une éventuelle instruction, tout en gardant ces préparatifs confidentiels.

Pour justifier cette initiative, Matignon affirmait que les réseaux sociaux avaient joué un « rôle décisif » dans la diffusion d’appels illégaux et la coordination de violences lors des manifestations précédentes. Le gouvernement évoquait notamment l’organisation de pillages et la circulation d’informations sur les déplacements de groupes et les positions des forces de l’ordre.

Le blocage devait reposer sur le filtrage des noms de domaine (DNS). Il était présenté comme temporaire et pouvait être interrompu en cas de risque pour le fonctionnement des réseaux télécoms.

Des opérateurs sceptiques face à une mesure juridiquement contestée

Le projet a cependant rencontré de sérieuses objections. Le 23 octobre, une visioconférence de 70 minutes a réuni des représentants du gouvernement et les directions juridiques des quatre opérateurs. Selon le compte rendu consulté par Blast, ces derniers ont exprimé des doutes sur la légalité et l’efficacité du dispositif.

Les entreprises ont expliqué qu’elles ne pouvaient pas limiter rapidement le blocage aux téléphones mobiles et à certaines zones géographiques. Elles ont également souligné que les restrictions pourraient être contournées au moyen de VPN ou de messageries alternatives.

Sur le plan juridique, les opérateurs réclamaient un acte signé, daté, motivé et publié, tandis que le gouvernement jugeait suffisante une simple instruction individuelle. Ils s’interrogeaient également sur la proportionnalité d’une restriction touchant des plateformes utilisées par une large partie de la population.

Le précédent de la Nouvelle-Calédonie renforçait ces interrogations. En avril 2025, le Conseil d’État avait annulé la suspension de TikTok décidée en 2024, tout en encadrant strictement la possibilité de recourir à une telle mesure.

Le blocage n’a finalement pas été mis en œuvre. Le 24 octobre, environ 410 000 personnes ont participé aux manifestations selon le ministère de l’Intérieur, contre 800 000 d’après la CGT.

Troubles en Europe : Poutine rejette les accusations visant la Russie et juge qu'elles vont «trop loin»

25 October 2026 at 10:45

Le président russe Vladimir Poutine a estimé, ce 25 octobre, que les accusations selon lesquelles Moscou serait à l'origine des récentes manifestations et violences dans plusieurs pays européens allaient trop loin. Interrogé par le journaliste Pavel Zaroubine, il a exprimé sa surprise face à ces mises en cause, estimant que leur caractère excessif était évident pour les citoyens européens eux-mêmes.

Cette réaction intervient après plusieurs semaines de contestation sociale en Europe. En France, les premières manifestations ont débuté à la mi-septembre, lorsque des lycéens ont réclamé une amélioration des conditions scolaires. La mobilisation s'est ensuite élargie à des personnes dénonçant notamment la hausse des prix.

En Italie, les rassemblements des 17 et 18 octobre ont été marqués par des violences et des pillages à Milan, où plus de 300 personnes ont été interpellées et près de 50 arrêtées.

En Albanie, des manifestants ont exigé la démission du Premier ministre Edi Rama, qui a refusé de quitter ses fonctions. De nouvelles mobilisations ont été signalées le 24 octobre dans ces trois pays, ainsi qu'en Belgique et en Espagne.

Poutine met en cause la responsabilité des dirigeants européens

Pour Vladimir Poutine, les accusations contre Moscou s'inscrivent dans une pratique récurrente consistant à désigner la Russie comme responsable de différentes crises. « Il n'y a rien de surprenant. Comme chacun sait, la Russie a toujours été accusée de tous les péchés capitaux », a-t-il déclaré.

Le président russe a souligné que les premières accusations avaient visé les États-Unis. Certains avaient initialement attribué les troubles à l'administration américaine et à son soutien aux partis et mouvements de droite. Le président russe s'est étonné que des pays européens mettent ainsi en cause Washington, leur principal allié et soutien militaire, avant de tourner leurs accusations vers Moscou.

Il voit dans cette succession de mises en cause le signe de « la faiblesse et l'incapacité de certains dirigeants européens à assumer la responsabilité de ce qui se passe ». Selon lui, plutôt que d'analyser les raisons des manifestations et les revendications exprimées par leurs propres populations, ces responsables préfèrent chercher des coupables à l'extérieur.

Moscou dénonce des accusations formulées sans preuves publiques

La réaction de Vladimir Poutine intervient dans un climat de tensions persistantes autour des accusations occidentales visant la Russie. Le 29 septembre, le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, avait appelé les pays alliés à attribuer publiquement à Moscou certains actes hostiles lorsqu'ils étaient « presque sûrs » de son implication, même en l'absence de confirmation définitive.

Cette question s'est notamment posée après l'incendie de locaux de l'entreprise de défense Milrem Robotics en Estonie, en août. Tallinn a mis en cause les services russes sans rendre publics les éléments permettant de vérifier cette attribution. Moscou a catégoriquement rejeté toute implication, dénonçant des accusations sans fondement.

Plusieurs autres affaires ont également vu les hypothèses initiales évoluer. Au Danemark, l'enquête sur de supposés drones près de l'aéroport de Copenhague s'est achevée en juin dernier sans preuve confirmant même la présence de ces appareils. Quant au sabotage des gazoducs Nord Stream, l'enquête allemande s'est orientée vers une autre piste, avec l'inculpation en juillet d'un ressortissant ukrainien soupçonné d'avoir coordonné l'opération.

Sénégal : les députés de Pastef rejettent le budget rectificatif du gouvernement

25 October 2026 at 10:43

Le bras de fer entre le parti Pastef d’Ousmane Sonko et le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye se poursuit au Sénégal. Le groupe parlementaire Pastef Les Patriotes a annoncé, le 23 octobre, son refus d’adopter en l’état le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026, à l’issue de deux journées de travaux en commission.

Dans un communiqué, la formation au pouvoir justifie sa position par des désaccords sur les arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues et le manque de garanties apportées aux députés. Elle estime que les préoccupations de la majorité parlementaire n’ont pas reçu l’attention institutionnelle attendue, rappelant que l’Assemblée nationale ne doit pas se limiter à entériner les décisions de l’exécutif.

Pastef a réitéré cinq conditions préalables à un accord avec le gouvernement. La première porte sur la préservation des investissements publics et des priorités sociales, notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique et les infrastructures. Le parti demande de faire porter en priorité les ajustements budgétaires sur les dépenses qu’il juge non essentielles.

Le groupe parlementaire souhaite également protéger le pouvoir d’achat des ménages et réduire durablement le coût de l’énergie. Il demande que toute diminution des subventions énergétiques soit accompagnée d’une baisse de la fiscalité sur les produits pétroliers et des coûts d’approvisionnement et de production de l’électricité, afin d’éviter une hausse des prix pour les ménages et les entreprises.

La transparence sur la dette au cœur des désaccords

Le troisième point concerne les 120 milliards de francs CFA mobilisés dans le cadre du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP). Pastef réclame la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale, ainsi que des explications sur l’origine, l’affectation et l’imputation budgétaire de ces ressources.

Le parti demande par ailleurs une réduction du train de vie de l’État, l’accélération de la rationalisation du secteur parapublic, qui prévoit notamment la suppression de 19 entités, et un meilleur encadrement des fonds spéciaux, souvent désignés comme des « caisses noires ».

Enfin, il réclame davantage de garanties sur la sincérité des déficits prévus pour 2026 et 2027, la communication des rapports d’audit de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la dette non financière et de Forvis Mazars, ainsi que des précisions sur les engagements financiers de l’État et la soutenabilité de la dette.

Un risque de blocage parlementaire

Le rejet du texte par la majorité parlementaire ouvre une nouvelle séquence d’incertitude politique et budgétaire. Le projet de loi doit être examiné en séance plénière le 27 octobre, dans un contexte de tensions entre les deux anciens alliés, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.

L’opposition parlementaire a dénoncé cette confrontation : dans un communiqué, la coalition Takku Wallu a accusé les deux camps de privilégier leur rivalité au détriment de l’intérêt national.

Si le texte est de nouveau rejeté, le gouvernement pourrait envisager de recourir à l’alinéa 6 de l’article 86 de la Constitution, qui permet au Premier ministre d’engager la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le budget sans vote, selon des spécialistes cités.

Cette option comporte toutefois un risque politique. La majorité parlementaire de Pastef pourrait riposter en déposant une motion de censure susceptible de provoquer la chute du gouvernement.

Malgré ses désaccords, le groupe parlementaire affirme rester ouvert au dialogue avec l’exécutif avant la séance plénière. Il dit vouloir parvenir à un budget qu’il juge transparent et soutenable, sans sacrifier le pouvoir d’achat des Sénégalais ni les investissements nécessaires au développement du pays.

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