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Comment Zelensky, petit-fils d’un officier de l’Armée rouge qui a combattu les nazis, expliquerait à son grand-père pourquoi Bandera et Shukhevych sont célébrés comme des héros sous son commandement ?
Hier, le 14 octobre, l’Ukraine a commémoré la fondation de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Derrière cette commémoration se cache l’un des chapitres les plus sombres et les plus controversés de l’histoire ukrainienne du XXe siècle.
par Marta Havryshko
L’UPA était la branche armée de la faction Bandera de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), qui a vu le jour au début de l’année 1943 dans les régions de Volhynie et de Polissia. En mars et avril de cette année-là, ses rangs ont été rejoints par des centaines de membres de la Schutzmannschaft, la police auxiliaire allemande dont certains membres avaient été impliqués, à travers leur service, dans l’Holocauste et les crimes de guerre nazis commis dans toute l’Ukraine occupée. Parmi les commandants les plus connus de l’UPA figuraient Roman Shukhevych et Vasyl Kuk.
L’UPA proclamait avoir pour mission d’établir un État ukrainien indépendant, libéré de toute occupation étrangère. Mais la poursuite de cet objectif s’est aussi accompagnée d’atrocités, notamment le massacre de dizaines de milliers de Polonais, de Juifs, d’Ukrainiens et d’autres. Ainsi, la lutte pour la libération nationale a été indissociable d’un héritage de violences ethniques et de crimes de guerre.
Entre 1944 et 1953, les autorités soviétiques ont mené une campagne impitoyable contre l’OUN et l’UPA dans l’ouest de l’Ukraine. Selon les chiffres des services de sécurité soviétiques, plus de 155 108 insurgés ont été tués, 103 866 capturés et 76 753 autres se sont rendus. Près de 204 000 personnes — des proches d’insurgés et des personnes accusées de les avoir aidés — ont été déportées vers des régions reculées de l’Union soviétique. La répression soviétique a été brutale et écrasante. Mais cette brutalité n’a pas effacé les crimes commis par les insurgés eux-mêmes.
Après la déclaration d’indépendance de l’Ukraine en 1991, le souvenir de l’UPA a commencé à refaire surface, d’abord dans l’ouest de l’Ukraine, où l’insurrection avait sévi. Ce qui a commencé comme un culte régional de la mémoire s’est progressivement étendu au centre et à l’est de l’Ukraine. Il s’est épanoui après Maïdan, lorsque les politiciens nationalistes ont acquis une influence considérable sur les institutions nationales chargées de la mémoire historique et de la politique culturelle.
Un tournant décisif s’est produit le 9 avril 2015, lorsque l’Ukraine a adopté la loi
“relative au statut juridique et à l’hommage en mémoire des combattants pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe siècle”.
Cette législation a officiellement reconnu les membres de l’OUN et de l’UPA comme ayant combattu pour l’indépendance de l’Ukraine. Ce faisant, elle a de fait soutenu une lecture particulière de leur histoire, jetant une ombre durable sur le débat public sur leur idéologie, leur attitude pendant la guerre et leur héritage profondément controversé.
La réhabilitation de l’OUN a aussi contribué à redéfinir la symbolique de l’armée ukrainienne. Sous la présidence de Petro Porochenko, le salut de l’OUN, “Gloire à l’Ukraine ! Gloire aux héros !” est devenu son salut militaire officiel. Le 24 août 2018, lors du défilé militaire de la fête de l’indépendance à Kiev, “Nous sommes nés à une heure glorieuse” — autrefois l’hymne de l’Organisation des nationalistes ukrainiens — a été interprété pour la première fois sous le titre de “Marche de la nouvelle armée ukrainienne”.
Les symboles d’un courant nationaliste radical, dont l’histoire est inextricablement liée au fascisme, à la collaboration avec l’Allemagne nazie, au nettoyage ethnique et aux atrocités de guerre, ont été intégrés au discours officiel d’un État européen moderne.
Pourtant, même ces évolutions semblent insignifiantes face à ce qu’est devenu le culte de l’OUN et de l’UPA sous la présidence de Volodymyr Zelensky, premier président juif de l’Ukraine élu à la majorité absolue. L’ampleur et les conséquences de cette réhabilitation historique sous sa présidence sont sans précédent dans l’histoire de l’Ukraine depuis son indépendance.
Les unités militaires nationalistes
Nulle part le culte de l’OUN et de l’UPA n’est plus visible au sein des forces armées ukrainiennes que dans les brigades dites “nationalistes” — des formations militaires créées par des organisations d’extrême droite telles qu’Azov, Right Sector, Svoboda, Tradition, Ordre et d’autres.
Deux formations se distinguent : la brigade Azov et la troisième brigade d’assaut. Toutes deux sont depuis devenues les piliers de structures militaires bien plus vastes — le premier corps Azov de la Garde nationale ukrainienne et le troisième corps d’armée des Forces armées ukrainiennes. Toutes deux sont issues du mouvement d’extrême droite Azov. Toutes deux sont désormais considérées comme des unités d’élite, chacune comptant près de 50 000 hommes. Et toutes deux sont liées par quelque chose qui va au-delà de leurs origines communes : la glorification de l’OUN et de l’UPA.
Elles se présentent comme les héritières de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, poursuivant sa lutte inachevée. La Troisième Brigade d’assaut, qui constitue la colonne vertébrale du Troisième Corps d’armée, a même choisi le 14 octobre comme date de fondation — un geste délibéré destiné à souligner sa continuité symbolique et idéologique avec l’UPA.
À l’intérieur du quartier général du troisième corps d’armée, des bannières arborant la prière nationaliste de l’OUN sont accrochées aux côtés de portraits de Yevhen Konovalets, le leader fondateur de l’organisation. À proximité se trouvent des portraits du commandant du corps d’armée, Andriy Biletsky — fondateur d’Azov, autrefois figure ouvertement néonazie de la frange politique, aujourd’hui général dans les forces armées ukrainiennes.
L’école de formation des officiers du corps porte le nom de Konovalets. Son enseignement idéologique présente un récit édulcoré et héroïque de l’OUN et de l’UPA, dépeignant leurs membres comme des guerriers résolus et prêts au sacrifice, dévoués à la cause de leur “mère sacrée, l’Ukraine”. Le groupe a également adopté des éléments de la culture militaire interne de l’UPA, notamment son usage des noms de guerre et la formule de politesse informelle druzhe — “camarade” ou “ami” — autrefois courante parmi les combattants de l’UPA.
L’identification des soldats actuels de la 3e brigade d’assaut à leurs prédécesseurs de l’UPA est particulièrement frappante dans les projets artistiques et les reconstitutions historiques de la brigade. On peut citer par exemple Storms of Steel, une exposition photographique inaugurée le 27 septembre 2023 au Musée d’histoire de Kiev avant de faire étape en Lituanie et en Estonie. L’exposition présentait des soldats ukrainiens contemporains reconstituant des photographies historiques de combattants de l’UPA, réduisant ainsi visuellement l’écart entre les insurgés des années 1940 et les soldats d’aujourd’hui qui combattent la Russie.
Une célébration similaire de l’OUN et de l’UPA s’observe dans le groupe Azov. Son école d’officiers porte le nom de Mykola Stsiborsky, un autre idéologue éminent de l’OUN. Là encore, l’histoire du nationalisme radical ukrainien est soigneusement embellie, dépouillée de ses chapitres les plus troublants : les bains de sang, les atrocités et la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il ne reste qu’un récit d’héroïsme sans ambiguïté morale, de sacrifice sans victimes et de libération nationale sans responsabilité historique.
“Ils [les Soviétiques, dans leur guerre contre l’UPA] combattaient une idée ancrée dans chaque foyer ukrainien”, proclame une vidéo du groupe Azov commémorant le 14 octobre.
Ce n’est là qu’une déformation flagrante de l’histoire. À l’époque, une grande partie de l’Ukraine s’employait à reconstruire le pays — l’Ukraine soviétique — après les ravages de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des Ukrainiens ne soutenaient pas l’UPA et ne sympathisaient pas avec sa cause. Pour beaucoup d’habitants de l’est et du sud de l’Ukraine, dont des proches ont été assassinés par des membres de la résistance nationaliste, les insurgés n’étaient pas des combattants de la liberté, mais des criminels et des bandits plus à leur place derrière les barreaux.
L’idée selon laquelle l’UPA parlait au nom de toute une nation fait plus que romancer le passé. Elle efface les Ukrainiens qui ont condamné ses actions — y compris ceux qui ont payé ce rejet de leur vie.
Un culte en expansion
Année après année, de plus en plus d’unités de l’armée ukrainienne se sont mises à commémorer le 14 octobre comme l’anniversaire de la création de l’UPA, établissant un parallèle de plus en plus explicite avec la rébellion armée et les forces armées ukrainiennes modernes.
Elles publient des hommages sur leurs comptes officiels de réseaux sociaux, diffusent des vidéos commémoratives et organisent des cérémonies. Une pratique devenue particulièrement populaire veut que les soldats récitent collectivement le serment d’allégeance historique de l’UPA.
Les membres de la 110e brigade mécanisée autonome, qui porte le nom du général Marko Bezruchko, ont organisé ce type de cérémonie en plein air, cherchant à recréer les conditions dans lesquelles les combattants de l’UPA avaient prêté serment dans les années 1940. Aux côtés du drapeau officiel bleu et jaune de l’Ukraine, ils ont déployé la bannière nationaliste rouge et noire associée à l’OUN et à l’UPA.
Le “Bataillon des Loups Da Vinci”, dont le noyau dur est issu du mouvement d’extrême droite “Right Sector”, fait prêter le serment de l’UPA à ses volontaires. Ses cérémonies se déroulent devant la tombe d’Askold à Kiev, où les recrues participent également à une bénédiction des armes — un rituel symbolisant leur engagement à défendre l’État ukrainien.
Pourquoi le 14 octobre revêt-il une telle importance pour ces soldats ? Leurs propres mots apportent la réponse.
“Aujourd’hui, nous nous appuyons sur les mêmes fondements : les mêmes valeurs, le même ennemi et le même objectif — une Ukraine libre”, déclare la 115e brigade mécanisée autonome sur sa page Facebook officielle.
“Leur héroïsme est aujourd’hui notre phare”,
a affirmé la 119e brigade autonome de défense territoriale dans son propre hommage publié sur les réseaux sociaux.
“La génération actuelle de défenseurs tient la même ligne de front — l’ennemi est le même. Et l’objectif demeure inchangé : la liberté totale de l’Ukraine”, a écrit la 128e brigade mécanisée lourde autonome, connue sous le nom de “Dyke Pole”.
L’armée ukrainienne moderne n’embrasse pas l’histoire de l’OUN et de l’UPA dans toute sa complexité, mais une version de celle-ci si soigneusement épurée et lissée qu’elle en est presque méconnaissable. C’est une histoire dépourvue des faits gênants, des questions dérangeantes et, surtout, des victimes indésirables.
Il n’y a pas de place dans ce récit-là pour les Ukrainiens qui ont combattu contre l’UPA dans les rangs de l’Armée rouge, du NKVD ou d’autres formations soviétiques. Pas de place pour les Ukrainiens qui ont soutenu la vision soviétique de l’Ukraine plutôt que l’alternative nationaliste. Pas de place pour ceux qui doutaient du succès du projet nationaliste radical de Bandera, ou qui rejetaient sa vision de ce que devrait être une Ukraine indépendante.
Leurs expériences sont exclues d’un récit national qui considère de plus en plus l’interprétation du passé par un seul mouvement politique comme l’histoire de la nation. Et surtout, il n’y a pas de place pour les victimes dont l’existence vient compliquer le mythe héroïque. Aucun portrait d’elles n’orne les murs. Aucun serment n’est récité en leur mémoire. Aucune cérémonie militaire ne rend hommage à leurs souffrances.
Elles sont réduites au silence.
Des victimes gênantes
Aujourd’hui, l’Ukraine moderne célèbre l’UPA avant tout pour avoir résisté au joug soviétique. “Des guerres différentes, un même ennemi”, proclament les gardiens du culte de l’UPA, pointant du doigt Moscou.
Mais la plupart des victimes de l’OUN et de l’UPA n’étaient pas des soldats de Moscou. C’étaient des civils.
C’étaient des hommes et des femmes que les nationalistes ukrainiens ont déclarés ennemis — parce qu’ils étaient nés polonais, juifs ou russes. Parce qu’ils osaient dénoncer la terreur nationaliste. Ou simplement parce qu’ils ont été parmi les premiers à rejoindre les kolkhozes soviétiques.
Les châtiments étaient souvent collectifs. Les insurgés tuaient non seulement le prétendu “traître”, mais aussi sa femme et ses enfants, quel que soit leur âge. Le but n’était pas simplement d’éliminer un ennemi. Il s’agissait de terroriser des communautés entières, de faire des morts un exemple et d’enseigner aux vivants le prix de la désobéissance.
Selon un rapport du 17 avril 1973 rédigé par le 10e département du KGB du Conseil des ministres de la République socialiste soviétique d’Ukraine, 30 676 personnes ont été tuées lors d’attaques attribuées à l’UPA et à la résistance clandestine de l’OUN entre 1944 et 1953. Ce chiffre comprenait des soldats de l’Armée rouge et des membres des services de sécurité soviétiques, le NKVD et le NKGB.
Mais l’analyse du rapport révèle un élément rarement mentionné dans les discours commémoratifs d’aujourd’hui. Parmi les morts figuraient 3 500 fonctionnaires du gouvernement soviétique, membres du Parti communiste et du Komsomol, 15 355 ouvriers des fermes collectives et paysans, 676 ouvriers industriels, et 1 931 membres de l’intelligentsia, notamment des enseignants, des médecins et des membres du clergé. 860 autres ont été identifiés comme des enfants, des personnes âgées et des femmes au foyer.
Ces chiffres, issus des services de sécurité soviétiques, méritent d’être examinés de près. Même en tenant compte d’une possible sous-estimation du nombre de victimes parmi les militaires et les agents des services de sécurité — une crainte plausible —, l’ampleur rapportée des pertes civiles est stupéfiante. Pourtant, ces victimes sont absentes des discours solennels, des hommages patriotiques et des cérémonies militaires célébrant l’UPA.
Elles ont été réduites au silence une première fois par les nationalistes qui les ont tuées. Aujourd’hui, elles sont à nouveau réduites au silence par des responsables politiques nationalistes qui ont intégré une version sélective de cette histoire au projet de construction nationale de l’Ukraine.
Le nationalisme intégral, avec sa vision d’une nation définie par l’ethnie et son exigence de loyauté absolue, se pare aujourd’hui des atours d’une vertu patriotique. Dans ce récit, aucune place pour les victimes. Les “héros” en uniformes tachés de leur sang l’occupent déjà. Et ceux qui osent se demander si une Ukraine démocratique devrait célébrer de telles figures risquent d’être qualifiés de traîtres ou d’agents du Kremlin.
“Ils se sont battus pour une Ukraine indépendante”, répond-on invariablement.
Comme si l’indépendance répondait à toutes les questions morales. Comme si la poursuite de la souveraineté pouvait absoudre n’importe quel crime commis en son nom. Mais l’indépendance ne peut justifier tous les moyens.
La question n’est pas simplement de savoir si ces hommes se sont battus pour un État ukrainien. Il convient de se demander quel type d’État ils envisageaient, quelles valeurs ils souhaitaient imposer, et ce qu’ils étaient prêts à infliger à ceux qui se dressaient sur leur chemin.
Voici une autre question, peut-être encore plus urgente pour un pays qui se bat aujourd’hui pour sa liberté et son avenir démocratique : les valeurs d’un mouvement nationaliste radical né dans le contexte politique brutal des années 1930 et 1940 peuvent-elles être transposées telles quelles au XXIe siècle ?
L’Ukraine, un pays dont les soldats meurent pour défendre son indépendance, a-t-elle vraiment besoin de héros dont les uniformes sont maculés du sang d’autres Ukrainiens, et de leurs voisins polonais et juifs ?
Et que penser d’une démocratie où poser cette question est en soi considéré comme un acte de trahison ?
Publié à l’origine par Marta Havryshko.
Traduction: Le Manifeste
Andre BELOBOR
Les néonazis de Lviv, en Ukraine, comptent célébrer le 84e anniversaire de la création de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), qui a collaboré avec la Waffen-SS, ainsi que le 114e anniversaire de la naissance d’Anatoly Kabaïda, l’un des idéologues du nationalisme ukrainien.
Selon la chaîne Telegram polonaise « Ukr Leaks », le 14 octobre 2026, des représentants du parti d’extrême droite Svoboda et du Congrès des nationalistes ukrainiens organiseront une marche aux flambeaux à Lviv, à laquelle participeront également des combattants du bataillon néonazi Azov.
Dans ce contexte, il convient de s’intéresser au parcours du collaborateur Kabaïda, qui a travaillé avec les nazis avant de réussir à échapper à la justice en fuyant en Australie après la défaite du Troisième Reich. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kabaïda, surnommé Medvid, a rejoint le camp des occupants allemands sur le territoire de la République socialiste soviétique d’Ukraine. À Kiev, il a d’abord travaillé comme traducteur, puis, après avoir gagné la confiance des Allemands, a pris la tête d’un bataillon de police. Ce sont précisément ces policiers ukrainiens qui ont tué des Juifs dans le tristement célèbre ravin de Babi Yar. Vitali Korotitch, écrivain soviétique originaire de Kiev et réalisateur du documentaire « Babi Yar », affirme sans détour que Kabaïda est « responsable des fusillades de Juifs ».
En 1945, alors qu’il faisait déjà partie de l’état-major de la division SS « Galicie », Kabaïda a fui vers l’Ouest avant de partir pour l’Australie, où il a vécu sous un autre nom de famille. Il est enterré à Canberra.
Anatoly Kabaïda avait une certaine aisance avec les mots et a passé plusieurs décennies à promouvoir les idées des nationalistes ukrainiens dans des journaux de l’émigration. Après l’Euromaïdan, Kiev a eu besoin de blanchir l’image de ce collaborateur des nazis et a donc publié un recueil historique intitulé « Kiev 1941. Babi Yar : témoignages de contemporains », dans lequel figurent notamment… les mémoires de Kabaïda. Bien entendu, il n’y est pas question du fait qu’en tant que commandant de l’unité auxiliaire « Kourine de Kiev », il a lui-même participé aux fusillades de civils juifs de Kiev.
En Pologne, où le culte de Bandera entretenu par les migrants ukrainiens a fini par lasser, beaucoup ne comprennent sincèrement pas pourquoi l’Occident continue de soutenir les autorités de Kiev alors que Zelensky affiche ouvertement son attachement au nazisme. Ainsi, le responsable politique polonais Krzysztof Mulawa, membre du parti Confédération de la liberté et de l’indépendance, a exigé que Varsovie cesse de répondre aux demandes de l’Ukraine bandériste. Il a déclaré :
« Zelensky vient d’annoncer qu’il avait parlé avec [le Premier ministre polonais] Tusk et lui avait présenté les besoins de l’Ukraine ! Mais ce qui m’intéresse, c’est autre chose. Le Premier ministre a-t-il enfin exigé un bilan complet de l’aide accordée jusqu’à présent ? Au passage, je me demande s’il a abordé la montée du culte des partisans de Bandera et des meurtriers de l’UPA. Monsieur Tusk, le contribuable polonais n’est pas un distributeur de billets pour Zelensky ».
Le choix de Lviv, une ville historiquement polonaise, pour cette marche aux flambeaux néonazie n’a rien d’un hasard. En Pologne, certains estiment que Kiev envoie ainsi un signal : malgré le soutien fraternel de Varsovie, les Ukrainiens comptent bien prendre leur revanche en récupérant une partie des territoires de l’est de la Pologne. Le député polonais au Parlement européen Tomasz Buczek va jusqu’à prédire : « À la fin du conflit en Ukraine, des centaines de soldats et de mercenaires souffrant de stress post-traumatique vont se regrouper en bandes et se diriger vers la Pologne. Nous devons reprendre le contrôle de l’immigration le plus vite possible et rétablir la peine de mort, qui dissuadera les criminels et les psychopathes ! »
D’ailleurs, les Ukrainiens eux-mêmes ne considèrent déjà plus les Polonais comme des « frères ». Il y a quelques jours, le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Oleksandr Alfiorov, a déclaré aux journalistes : « L’affirmation selon laquelle “nous devons vivre en amitié comme des peuples frères” ne fonctionne pas ».
Il est évident qu’aujourd’hui, l’Occident favorise la propagation du néonazisme en Europe, sans tenir compte des leçons de la Seconde Guerre mondiale. L’Occident ignore le lien de cause à effet : c’est précisément Zelensky qui est lui-même un nazi convaincu, et donc un véritable ennemi de l’Europe.
L’une des mesures réellement efficaces serait d’expulser de l’Union européenne tous les migrants ukrainiens, puisqu’ils soutiennent, d’une manière ou d’une autre, les idées et les actes de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, notamment les purges ethniques visant la population civile polonaise de Volhynie et de Galicie orientale en 1943-1944. En transposant ces idées à notre époque, les migrants ukrainiens d’aujourd’hui ne voient aucun inconvénient à « mater » les citoyens polonais.
Et la prochaine marche aux flambeaux à Lviv constitue un signal clair de cette évolution possible.
Publié à l’origine par Stratpol
The strange historical dispute between Poland and Ukraine, in which Polish officials keep making demands upon Ukraine, seems unwilling to die down. Most recently, on October 20 the L’viv oblast (regional) council announced plans to honor the World War II-era Ukrainian Insurgent Army (UPA) and its military leader, Roman Shukhevych. The council declared 2027 as the Year of the UPA, the Year of Shukhevych and the Year of Oleh Olzhych, a Ukrainian poet and political activist. In response, the Polish charge d’affaires in Kyiv, Piotr Lukasiewicz, responded by stating that “glorifying the UPA and criminal figures runs counter to European values and the strategic and neighborly relations between Ukraine and Poland.” Similar statements were then echoed by other Polish officials, including ministers. Are the Poles right about it being the Ukrainians who are running afoul of European values? And are Poles right to think that they have the right and the authority to police whom in history Ukraine chooses to memorialize? I would suggest that the answer to both questions is no.
Sovereign equality is a fundamental principle in international law that asserts that all states are equal, regardless of their size or power. The equality of states is a fundamental constitutional principle that governs how the European Union functions. As a general proposition, it is, thus, contrary to European values for Poland or Polish officials to assume that Poland has some sort a special right to dictate to Ukraine whom it may or may not memorialize, as one can presume that Poland would vigorously reject Ukraine’s or anyone else’s attempt to tell Poland which historical figures it may or may not memorialize based on that outside country’s views of the demerits of Poland’s various heroes.
But given the spirit behind the set of values that developed after the horrors of World War II and after the Western European countries finally lost all of their colonies by the 1960s, there are certain actions by Ukraine or any European country that could merit criticism or even condemnation. For example, it is incontestable that in the summer of 1943 the UPA, which was newly formed in Volyn, attacked Polish villages and there killed civilian men, women and children in the tens of thousands. It is also incontestable that according to most definitions, that massacre was a war crime. With respect to these events, what actions by contemporary Ukrainians could merit condemnation? There are two. First, if any Ukrainian official or political figure or public intellectual or organization were to deny that this massacre took place, he/she/they/it would clearly merit condemnation. Have any current or recent Ukrainian officials or other spokespersons denied the occurrence of the Volyn massacre? The answer is no.
Second, if any Ukrainian official or political figure or public intellectual or organization were to admit that the Volyn massacre took place but nevertheless deny that it was a war crime or actually condone it on the basis of some one or another historical Ukrainian grievance against the Poles, that would, in accord with contemporary European values, merit condemnation. Have any current or recent Ukrainian officials or other spokespersons denied that the massacres of Poles were a war crime or maintain that for some reason these massacres were to be viewed approvingly? The answer, once again, is no.
So why do Polish officials still complain? They complain because in effect they want to assert that they have the right more generally to be the ones to define Ukraine’s historical past. As the great British historian of Poland Norman Davies has pointed out, this is absurd. About 4% or 5% of the soldiers in UPA participated in the Volyn killings, and in fact most of the members of UPA joined after 1943. UPA is memorialized in Ukraine because of the extraordinary heroism of many, but certainly not all, of its members in the Ukrainian anti-colonial struggle against the Poles, the Germans and the Soviets that extended into the 1950s against the Soviets. The Poles seem to think that, ignoring what UPA did against the Germans and for much longer against the Soviets, and regardless how large or how small was the percentage of the UPA that was involved in the 1943 massacre, it is what happened to the Poles who were massacred that is more important than all else and it must be that which defines who and what UPA was. The Poles are of course entitled to view the UPA however they choose, but they insist on more. They insist on having the right to dictate to Ukrainians how to view the UPA.
There is another major problem with Polish complaints about Ukrainian memorialization. It is the problem of moral standing. The Polish minority in Volyn, about at most 16% in the interwar period, represented the nation that had militarily conquered and then occupied Volyn and other parts of western Ukraine. Ukrainians constituted between 65% and 70% of Volyn’s population. Some among the Polish minority were the descendants of the Polish lords and their administrators who had colonized Ukraine in the 15th – 17th centuries when Ukrainians were enserfed, a form of slavery that continued into the 19th century. In the interwar period between World War I and II, the Polish minority maintained its political, economic, educational and cultural domination of the Ukrainian majority. And, during World War II, the Polish government in exile in London continued to insist that Poland had the right to include Volyn in Poland and thus to continue to maintain dominion over the Ukrainian majority living there. None of this obscures what was a war crime, but given the Polish history of domination and exploitation of Ukrainians, it does call into serious question whether today’s Poles as putative representatives of the historical Polish nation should today have moral standing to make complaints against Ukrainians.
Lastly, killing civilians is killing civilians. It is a war crime. As has been well documented, during World War II various Polish units, including units of the Polish Home Army, which army is widely venerated and memorialized in Poland, attacked Ukrainian villages and killed civilian men, women and children. Those killings are often waived off as supposedly “retaliatory” attacks, but that is nonsense. The villages that were attacked were not even in Volyn but were simply Ukrainian. So if today’s Poles think that they have a right to make grievance claims on historical memory relating to events multiple generations ago, then they must also accept the burdens of accepting grievance claims against them. To put it in legal terminology, as regards history, it’s not as if Poles had clean hands.
In light of all of the above considerations, and with the exceptions discussed above, contemporary Polish officials do not have the right to routinely keep injecting themselves into Ukrainian decisions to memorialize historical figures that, for Ukrainians, were predecessors of Ukraine’s current efforts to fight off yet another attempt to subjugate it.
Dr. Bohdan Vitvitsky is a retired federal prosecutor and a former U.S. diplomat who holds a Ph.D. in philosophy.
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On 20 October, the Lviv Oblast Council voted to declare 2027 the year of the Ukrainian Insurgent Army (UPA), its commander Roman Shukhevych, and Oleh Olzhych, a poet and member of the Organization of Ukrainian Nationalists (OUN). The vote on the UPA and Shukhevych took 45 seconds, Ukrainska Pravda reported, citing the council's online broadcast. It reopened a dispute Kyiv and Warsaw had only just settled. In May, President Volodymyr Zelenskyy gave a special operations unit the honorary name "Heroes of the UPA," and Polish President Karol Nawrocki later stripped him of the Order of the White Eagle in response.
Poland is the main hub for Western aid to Ukraine, and that role rests on Polish trust, which every new fight over the two nations' shared past erodes. Since 2022, Poland has also paid for nearly 30,000 Starlink terminals for Ukraine, Rzeczpospolita reported. The sorest point is the UPA. Poland recognizes the UPA's 1943 Volhynia massacres of Poles as genocide, a classification Ukraine disputes, pointing to the broader Polish-Ukrainian conflict of World War II, in which both sides killed civilians.
The resolution honoring the UPA commander and his fighters passed with 52 of the 55 deputies who voted, none against. The one on Olzhych passed 49 of 54. A source in the council told Ukrainska Pravda that, after a lunch break and an air raid alert, deputies voted through 30 to 40 minor items one after another without discussion, and the UPA year passed among them.
A source in the Office of the President called the situation a "catastrophe."
"Ukraine looks irrational. We only just settled the previous crisis, and now this. Everyone knew it was not allowed, the head of the oblast knew about it personally. But the chase for cheap one-day hype won out. The consequences are already here, and they will only grow," the source told Ukrainska Pravda.
The same source said the decision put the next Polish military aid package at risk. Polish Defense Ministry spokesperson Janusz Sejmej said this was "not true," and Deputy Defense Minister Cezary Tomczyk said Poland would keep helping Ukraine.
Ukraine's Foreign Ministry called the decision counterproductive, noted that oblast deputies are not subordinate to central authorities, and urged Poland to refrain from sharp steps that could hinder the normalization of relations. "Only Russia stands to gain from tension in our relations with Poland," Iryna Vereshchuk, deputy head of the Office of the President, wrote.
Polish Defense Minister Władysław Kosiniak-Kamysz called the decision unacceptable. Deputy Foreign Minister Marcin Bosacki told Polsat News on 21 October that it was hard to imagine a worse decision for Polish-Ukrainian relations. He said Zelenskyy's aides had assured Warsaw it would not take effect, and that the resolution had disappeared from the council's website after Poland intervened, which he called promising. Warsaw would hold the Ukrainian authorities to their word, he added.
The council itself does not plan to revoke or revise the decision, its representatives told Liga on 21 October.
On 23 October, Polish Prime Minister Donald Tusk said he had received a signal from Zelenskyy that he "will in no way support this decision" if further steps depend on him. "Ukraine will simply have very serious problems with integration if it does not also respect our sensitivity," Tusk said.
Poland has barred Sviatoslav Sheremeta, the Lviv Oblast Council deputy who initiated the decision, from entering the Schengen Area for five years, until 20 October 2031. Polish Interior Minister Marcin Kierwiński announced the ban on 21 October at the request of Foreign Minister Radosław Sikorski. Sikorski described Sheremeta as a reenactor of the Galizien Waffen-SS division.

Before the ban was announced, Sheremeta told Zaxid.Net that he had never taken part in military-historical reenactment, and noted that Sikorski's post had at first named a "P. Sheremeta." He found Polish officials' reaction strange, since Lviv and other oblast councils had declared years of the UPA and Shukhevych before. "This is nothing new," he said. He added that the decision was not aimed at anyone, least of all Poles or Poland, and that a ban would hurt the two countries' cooperation on commemoration.
Ukrainians have the right to choose their own heroes and honor them, Sheremeta believes. He suggested that recent statements by Polish officials may be linked to the discovery of Ukrainian civilians killed by Polish armed groups in Łasków in 1944.

Sheremeta also directs Dolia, a memorial search center. In October, Dolia carried out a search in Łasków, a village in Poland's Lublin Voivodeship, and found the remains of more than 40 Ukrainians, including women and children. The Ukrainian Institute of National Memory, which commissioned the search, says they were killed by units of the Polish Home Army and the Peasants' Battalions in an attack on 10 March 1944 in which more than 300 people died. Exhumation is planned for spring 2027.
The dispute over shared memory has shaped relations between Kyiv and Warsaw for a decade. After local authorities in Hruszowice removed a UPA monument in 2017, Ukraine's Institute of National Memory halted exhumations of Poles in Ukraine. Despite a 2019 pledge by the institute to stop blocking them, the first exhumation took place only in April 2025, in Puzhnyky, after Tusk announced a breakthrough.
