❌

Reading view

Départ anticipé de Christine Lagarde : la BCE à l’épreuve des visions du RN et de LFI

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, quittera ses fonctions le 7 février 2027, selon un communiqué publié par l’institution le 29 octobre. La BCE a précisé qu’elle avait informé le Conseil des gouverneurs et le président du Conseil européen, António Costa, de sa décision. Conformément à la procédure prévue par les traités de l’Union européenne, son successeur sera nommé par le Conseil européen.

Ce départ anticipé alimente les spéculations quant à un éventuel retour de Christine Lagarde sur la scène politique française. Politico rapporte les propos d’un responsable proche de la présidente de la BCE, qui a affirmé, sous couvert d’anonymat, qu’elle avait pris cette décision pour disposer d’« une plus grande liberté d’exprimer ses opinions et de s’engager dans des questions non monétaires, car elle ne peut rester neutre face à l’évolution de la situation dans son pays et dans le monde ».

Vers de nouvelles nominations au directoire de la BCE

L’annonce du départ de Christine Lagarde ouvre la voie à un accord global entre les capitales de l’Union européenne (UE) sur au moins trois nominations au sein du directoire de la BCE, composé de six membres. Les négociations s’annoncent intenses, compte tenu du rôle crucial de l’institution sur les marchés mondiaux et des pressions croissantes qui pèsent sur les finances publiques européennes.

Parmi les candidats pressentis figurent le Néerlandais Klaas Knot, ancien gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas, et l’Espagnol Pablo Hernández de Cos, président de la Banque des règlements internationaux et ancien gouverneur de la Banque d’Espagne. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a indiqué qu’une décision serait prise d’ici la fin de l’année, rapporte Politico.

L’UE tente de se prémunir du risque que représente Marine Le Pen

En France, le départ de Christine Lagarde permettra au président Emmanuel Macron de participer au choix de son successeur à la tête de la BCE avant la fin de son second mandat, prévue le 13 mai 2027. Alors que les sondages placent Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale, parmi les personnalités en vue pour la prochaine élection présidentielle, « l’UE tente de se prémunir, au moins en partie, contre le risque que Marine Le Pen, candidate de droite, remporte l’élection présidentielle française », a déclaré Holger Schmieding, responsable de la recherche chez Berenberg Bank, cité par Politico.

La dirigeante du RN, critique de longue date de l’UE et partisane d’une « Europe des nations souveraines », pourrait avoir une conception radicalement différente du profil appelé à diriger la BCE.

Le chef de LFI redoute une manœuvre similaire à celle de la Banque de France

De son côté, le chef de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une manœuvre du président français, qui avait déjà pesé sur la nomination d’un nouveau gouverneur de la Banque de France en plaçant son collaborateur Emmanuel Moulin à ce poste, après le départ anticipé de François Villeroy de Galhau.

En matière de finances publiques, Jean-Luc Mélenchon a également avancé l’idée que la BCE se défasse de ses engagements liés à la dette française, une proposition largement rejetée par la droite française et le camp macroniste.

Le successeur de Christine Lagarde devra prendre les rênes de la BCE dans un contexte particulièrement délicat. Les marchés obligataires européens connaissent de fortes tensions et les coûts d’emprunt atteignent des niveaux élevés sous l’effet de plusieurs facteurs : une inflation alimentée par les conflits internationaux, les évolutions démographiques et la concurrence exercée sur les marchés des capitaux par les grandes entreprises technologiques, qui investissent massivement dans l’intelligence artificielle.

  •  

Le Financial Times refuse de rectifier son article sur l’entretien Poutine-Stubb-Store

Le Financial Times a refusé, le 29 octobre, de rectifier un article consacré à une conversation téléphonique entre Vladimir Poutine, le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store, malgré les objections des gouvernements finlandais et norvégien.

Le journal britannique affirmait que le chef de l’État russe aurait passé un temps considérable à « faire la leçon » aux deux dirigeants sur « l’histoire slave médiévale » et son lien avec le conflit en Ukraine. S’appuyant sur trois sources anonymes présentées comme étant « au courant de la conversation », le Financial Times a dépeint le président russe comme « obsédé » par l’histoire.

Le gouvernement norvégien a indiqué au quotidien Verdens Gang que cette description était inexacte et que la Finlande avait contacté le Financial Times, au nom des deux pays, pour contester sa version des faits. Les médias finlandais ont également relayé ce démenti. De son côté, le Helsingin Sanomat, s’appuyant sur ses propres sources, a réfuté la description de l’entretien donnée par le journal britannique. Le Financial Times a toutefois refusé de rectifier son article, affirmant au Verdens Gang qu’il maintenait les informations publiées.

Plus tard dans la journée, le conseiller du président russe, Iouri Ouchakov, a également démenti les informations du quotidien britannique. « Il a bien fait. C’est une information tout simplement inventée, ou plutôt, ce n’est pas une information, mais de la désinformation. On n’a jamais parlé de ces choses-là. Et le Premier ministre norvégien a parfaitement raison sur ce point », a-t-il commenté.

La conversation téléphonique entre le président russe et les dirigeants finlandais et norvégien a eu lieu le 27 octobre, à l’initiative de ces derniers. À l’issue de cet échange, la partie russe a indiqué que les discussions avaient porté sur le règlement de la crise ukrainienne, notamment à la lumière des entretiens de Vladimir Poutine avec Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain, à Saint-Pétersbourg le 21 octobre, ainsi que des contacts organisés à Oslo entre Alexander Stubb, Jonas Gahr Store, l’envoyé américain et Volodymyr Zelensky.

Les interlocuteurs ont également abordé les questions de sécurité et de stabilité dans la région de la mer Baltique et en Europe du Nord. Le président finlandais et le Premier ministre norvégien ont réaffirmé l’importance du respect du droit maritime international et du principe de liberté de navigation. Le président russe a également informé ses interlocuteurs du lancement, sous l’égide des États-Unis, d’une opération humanitaire dans la région d’Alechka, sous contrôle russe, ainsi que de l’instauration d’un « régime de silence » temporaire dans le secteur de Kherson.

  •  

Le Sénégal entend intégrer les technologies spatiales à ses politiques publiques pour renforcer sa souveraineté

Faire des technologies spatiales un levier de souveraineté et de renforcement des politiques publiques dans plusieurs secteurs : telle est l’ambition du gouvernement sénégalais et du président Bassirou Diomaye Faye. Cette stratégie vise à mettre les applications spatiales au service de l’agriculture, de la pêche, de la prévention des inondations, de l’aménagement du territoire et de la sécurité. Elle s’appuie notamment sur des projets d’infrastructures astronomiques, d’assemblage de satellites, de mobilité urbaine, de télémédecine et de surveillance du territoire.

C’est ce qui ressort des propos tenus par Maram Kaïré, directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), en marge d’un atelier de vulgarisation des sciences spatiales destiné aux médias et aux leaders religieux, organisé du 26 au 28 octobre 2026 à Toubab Dialaw, dans l’ouest du Sénégal.

Soulignant la nécessité de faire de l’ambition spatiale un projet national à part entière, le responsable de l’ASES a déclaré : « Il était important pour nous de faire en sorte que non seulement les médias comprennent de quoi il s’agit quand nous parlons de sciences spatiales, mais que la société s’approprie également le projet de développement spatial que nous avons ».

Enrichir l’« ADN » de l’économie grâce aux technologies spatiales

Maram Kaïré a souligné l’importance des ressources maritimes dans l’économie sénégalaise. La technologie satellitaire constitue ainsi un atout majeur pour préserver les ressources halieutiques, protéger les installations pétrolières offshore et lutter contre les activités illicites dans les eaux du pays. « Notre économie devrait avoir, dans le futur, dans son ADN même, l’utilisation des technologies spatiales pour s’enrichir », a-t-il plaidé, appelant à intégrer progressivement ces technologies dans les activités économiques.

L’ASES envisage plusieurs projets structurants. Parmi les plus importants figure la construction de l’un des principaux observatoires de recherche en astronomie et en astrophysique d’Afrique de l’Ouest, ainsi que la création du premier institut national d’astrophysique, qui devrait contribuer à diversifier les filières scientifiques proposées aux étudiants sénégalais.

Sur le plan industriel, la création d’un centre d’assemblage de microsatellites et de nanosatellites permettrait de développer les capacités nationales dans ce domaine. Dans cette perspective, l’Agence sénégalaise d’études spatiales travaille avec l’état-major général des armées au lancement de deux satellites : le premier serait destiné à la surveillance maritime et le second à celle des frontières, afin de renforcer la sécurité du territoire.

Accords Artemis : renforcer les compétences des ingénieurs et techniciens

En adhérant, en juillet 2025, aux accords Artemis, qui s’inscrivent dans le cadre de la coopération internationale autour de l’exploration spatiale, le Sénégal entend tirer parti de nouvelles perspectives de formation et de montée en compétences pour ses ingénieurs et techniciens du secteur spatial.

Maram Kaïré a indiqué que des spécialistes sénégalais avaient récemment été sollicités pour soumettre des propositions de robots ou de dispositifs techniques susceptibles d’être utilisés sur la Lune. Cette initiative permettrait au pays de contribuer activement au projet, au-delà d’une simple participation institutionnelle. « Nous ne voulons pas être des spectateurs, nous voulons être des acteurs », a-t-il souligné.

  •  

Tentative d'incendie criminel contre Starlink en Lituanie : deux hommes interpellés en Allemagne

Preview Deux hommes, soupçonnés d’avoir participé à une tentative d’incendie criminel contre un entrepôt de matériel de communication Starlink en Lituanie, ont été interpellés en Allemagne à la demande de la Bulgarie, a rapporté la radiotélévision publique lituanienne. Selon des sources, tous deux sont allemands, l’un étant aussi turc, l’autre serbe.
  •  

Macron, la colère des Français et le coupable idéal… l’Iran

Emmanuel Macron a choisi le Moyen-Orient pour expliquer les difficultés des Français à boucler leurs fins de mois. Dans un entretien publié en ligne le 28 octobre, il a déclaré : « Ce qui déclenche cette crise de pouvoir d’achat, c’est la guerre en Iran, le blocage d’Ormuz, la montée des prix des carburants. »

Le président français a reconnu certaines failles de la réponse gouvernementale, mais a continué de défendre ses choix. Sur Parcoursup, système vivement contesté par les lycéens, il a soutenu que celui-ci fonctionnait mieux que le dispositif précédent, tout en admettant qu’il devait être refondu. Le gouvernement a annoncé son remplacement en 2028. Pour des élèves mobilisés aujourd’hui, la promesse a donc encore deux rentrées devant elle.

L’entretien a aussi porté sur les blessés des manifestations. Un lycéen a perdu une main, d’autres ont été grièvement touchés. « Mais j’ai condamné les violences et moi, je considère que le fait qu’on en soit arrivé là, c’est un échec collectif », a répondu Macron.

Le chef de l’État a ensuite évoqué les policiers blessés : « Et je ne connais aucun policier qui s’est engagé pour être pris aussi dans des moments si terribles et si violents. » La compassion est partagée ; la responsabilité politique, elle, reste moins nettement désignée.

Une colère qui dépasse les pompes à essence

La hausse des prix de l’énergie pèse sur le budget des ménages, mais elle ne suffit pas à expliquer l’ensemble de la contestation. C’est dans les établissements scolaires que le mouvement a commencé, à la mi-septembre. Les élèves dénonçaient notamment le manque de personnel, l’état de certains locaux et les difficultés liées à l’orientation universitaire, des problèmes qui dépassent largement la situation au Moyen-Orient.

Le 24 octobre, 410 000 personnes ont manifesté selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 d’après la Confédération générale du travail. Dans les cortèges, la question des carburants côtoyait celle des salaires, des conditions d’études et des services publics. À Paris, les affrontements ont éclaté au moment de la dispersion. La police a fait usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau.

Les organisations lycéennes et les syndicats ne considèrent pas la crise terminée. De nouvelles mobilisations sont annoncées pour le 31 octobre et le 5 novembre.

  •  

La France s’est «définitivement discréditée» en Afrique, estime un conseiller de Poutine

La France s’est définitivement discréditée aux yeux des pays africains, a déclaré le 29 octobre Anton Kobiakov, conseiller du président russe, en marge du sommet Russie-Afrique. Évoquant la politique de Paris sur le continent, il a souligné que « les Britanniques cherchent activement à saper la position de la France en Afrique de l’Ouest, alors que la France voit traditionnellement partout la main de Moscou ». « Les Français eux-mêmes en rient désormais », a-t-il affirmé.

Selon Kobiakov, l’image négative de Paris s’illustre notamment par l’exemple du Niger, où les « entreprises françaises ont, pendant des années, exploité les ressources naturelles, sans lui fournir de technologies ». « Le Niger a fini par dire "ça suffit" et, en 2023, a forcé les Français à retirer leurs troupes de son territoire », a-t-il rappelé.

Par ailleurs, le conseiller du président russe a évoqué le retrait de la France du Mali en 2022 et du Burkina Faso en 2023. Il a ajouté que le Togo, le Tchad, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Gabon avaient également contraint la France à réduire sa présence sur leur territoire.

D’après Kobiakov, l’Occident crée, par divers moyens, des tensions, voire une menace militaire directe, dans pratiquement toutes les régions d’Afrique. Il a souligné que les pays occidentaux étaient prêts à provoquer des coups d’État dans n’importe quel pays, et pas seulement sur le continent africain. Parallèlement, la Russie aide les pays africains à résister au néocolonialisme occidental.

Le 28 octobre, l’ambassade de Russie en France a critiqué un rapport de l’agence française de lutte contre l’ingérence numérique étrangère (Viginum), consacré à une prétendue ingérence informationnelle de Moscou en Afrique et publié à la veille du sommet Russie-Afrique. « Le fait que cette supercherie ait été rendue publique par l’un des services de renseignement français à la veille du premier jour du sommet Russie-Afrique témoigne clairement d’une tentative délibérée, menée dans une logique coloniale, de s’ingérer dans les affaires de la Russie et des pays africains et de nuire au développement positif des relations entre la Russie et les États africains », a indiqué la diplomatie russe.

Le communiqué souligne que les activités présentées sous un jour négatif dans le rapport français, telles que l’organisation de rencontres d’experts ou le développement de la coopération dans le domaine des médias, relèvent de pratiques internationalement reconnues. Par ailleurs, les accusations françaises selon lesquelles les activités de Moscou seraient dirigées contre les intérêts de Paris « ne reposent sur aucun élément de preuve ». « Quant aux menaces de sanctions proférées par des responsables officiels français, de telles manœuvres ne sauraient intimider ni notre pays ni les États souverains d’Afrique, qui se sont depuis longtemps affranchis du colonialisme occidental », a conclu l’ambassade de Russie à Paris.

  •  

Niger : des experts algériens mobilisés pour moderniser la banque de données pétrolières

Preview Une délégation de l’Agence nationale algérienne pour la valorisation des ressources en hydrocarbures effectue un diagnostic approfondi au Niger en vue d’élaborer une «feuille de route technique et financière» destinée à moderniser la banque de données pétrolières du pays et à renforcer les compétences des cadres nigériens.
  •  

Jamais dire jamais : Peskov sur les choix européens concernant le gaz russe

« Ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils étaient assis. » C’est ainsi que le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a commenté la position de Bruxelles concernant le gaz russe. Il a critiqué le refus de l’Union européenne (UE) de reprendre ses importations, même si la situation en Ukraine venait à évoluer. Interrogé le 29 octobre par le média russe Izvestia sur l’abandon des approvisionnements russes et le maintien à l’arrêt des gazoducs Nord Stream, il a jugé une telle ligne politique contraire aux intérêts économiques des Européens.

Selon lui, l’économie européenne stagne. Elle conserve une puissance considérable, mais l’énergie russe bon marché, en particulier le gaz livré par gazoduc, a longtemps soutenu sa compétitivité et sa prospérité. En s’en privant, les pays de l’UE renoncent à un avantage dont bénéficiaient leurs usines comme leurs consommateurs.

L’UE maintient pourtant son calendrier de sortie. Le règlement adopté en janvier 2026 prévoit la fin des importations de gaz naturel liquéfié russe sous contrats à long terme début 2027, puis celles du gaz acheminé par gazoduc à l’automne. En 2025, la Russie représentait encore environ 13 % du gaz importé par les Vingt-Sept.

Moscou se dit ouvert à la discussion. Le 26 octobre, le porte-parole du Kremlin avait expliqué que la Russie pourrait examiner de nouvelles livraisons en cas d’intérêt européen et de volumes disponibles, une partie du gaz étant désormais orientée vers d’autres marchés. Face à la volonté de Bruxelles d’exclure tout retour en arrière, il a insisté sur le caractère imprudent d’un engagement définitif : « Dire qu’ils n’achèteront jamais [de ressources énergétiques russes] ? Le mot “jamais” n’a pas sa place dans les relations entre États. Il ne devrait pas. »

La question du coût de l’énergie revient au premier plan. Le 28 octobre, le prix de référence du gaz sur la plateforme néerlandaise Title Transfer Facility a brièvement atteint 100 euros le mégawattheure, pour la première fois depuis décembre 2022. Les perturbations du transport de gaz naturel liquéfié depuis le Moyen-Orient ont contribué à la hausse. Pour l’industrie européenne, notamment la chimie et la sidérurgie, le renchérissement du combustible constitue une pression supplémentaire.

  •  

Les États-Unis imposent des sanctions au ministère rwandais de la Défense et à une institution financière du pays pour des «activités déstabilisatrices» dans l’est de la République démocratique du Congo

Les États-Unis ont imposé des sanctions au ministère rwandais de la Défense et à l’institution financière spécialisée dans les microcrédits, Zigama Credit and Savings Society, accusée de soutenir le Mouvement du 23-Mars (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué un communiqué de presse du Département d’État américain le 28 octobre. Les troupes rwandaises sont aussi accusées par Washington de soutenir les opérations du groupe armé dans les provinces congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en fournissant des armes et une formation, et en acheminant « des missiles sol-air et du matériel de brouillage qui mettent en danger l’aviation civile », indique la même source.

Des soupçons de soutien financier, de paiement des achats d’armes et de stockage d’or congolais

Washington soupçonne Zigama Credit and Savings Society d’avoir facilité, à la demande des autorités rwandaises, les paiements des achats d’armes et d’équipements militaires au profit du M23. Elle est aussi mise en cause pour son rôle présumé dans les transactions financières liées au M23 et à son aile politique, l’Alliance du fleuve Congo. La société est par ailleurs accusée d’avoir déplacé et stocké des quantités d’or provenant des mines congolaises du Sud-Kivu pour le compte du gouvernement du Rwanda. Les avoirs détenus aux États-Unis par les deux organismes sanctionnés seront désormais gelés et toute transaction en dollars américains leur sera interdite.

Des agissements qui sapent « les objectifs de paix et de prospérité des accords de Washington »

Le communiqué de la diplomatie américaine a rappelé les objectifs des accords de Washington, censés mettre un terme au conflit et développer le commerce et les investissements dans la région des Grands Lacs en Afrique. Par son soutien au M23, le ministère rwandais de la Défense « viole ces obligations et sape les objectifs de paix et de prospérité des accords de Washington », indique le Département d’État, appelant dans la foulée le Rwanda à cesser son soutien au M23 et à « tout groupe armé qui lui succéderait », et à retirer ses forces de l’est de la RDC.

En matière d’exploitation minière, les États-Unis ont appelé les groupes armés et les États qui les soutiennent à ne pas tirer profit des ressources de la RDC. Ils ont aussi pointé le travail forcé et les conditions de travail dangereuses des civils dans les zones d’exploitation minière de l’or et du coltan contrôlées par le M23, notamment à Rubaya, dans le Nord-Kivu. Dans ce volet, le Département d’État a exhorté les partenaires des États-Unis et le secteur privé à examiner de près leurs chaînes d’approvisionnement.

Les initiatives diplomatiques de Doha et de Washington ne sont pas parvenues à mettre fin au conflit qui sévit toujours dans l’est de la RDC. La signature des accords de Washington, le 4 décembre 2025, par le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, n’a pas fait taire les armes ni apporté la stabilité espérée dans la région des Grands Lacs.

  •  

Tunisie : les coupures d’électricité ont causé aux entreprises des pertes en valeur ajoutée estimées à près de 1,27 milliard de dinars

Preview D’après une enquête de l’Institut arabe des chefs d’entreprise rapportée par la presse locale le 28 octobre, l’industrie est le secteur le plus touché par les coupures d’électricité durant l’été, suivie par les services marchands et le commerce. Les pertes subies par les entreprises tunisiennes sont estimées à environ 424 millions de dollars.
  •  

Roumanie : Calin Georgescu maintenu en détention provisoire jusqu'au 27 novembre

Preview La cour d'appel de Bucarest a prolongé mercredi 28 octobre de 30 jours la détention provisoire de Calin Georgescu, ancien candidat à la présidentielle de 2024, dans une affaire de fraude présumée portant sur 1,1 million d'euros. Les juges ont annulé une décision de première instance qui prévoyait son placement sous contrôle judiciaire.
  •  

Soudan : plus de 100 morts dans une frappe de drone sur un marché du Darfour

Preview Une frappe de drone attribuée à l’armée soudanaise a fait 102 morts et 113 blessés, lundi 26 octobre, sur un marché très fréquenté de Nyala, au Sud-Darfour, selon l’ONG Emergency Lawyers. Médecins sans frontières confirme avoir reçu au moins 36 corps et pris en charge plus de 150 blessés, tandis que le bilan global reste difficile à vérifier.
  •  

Ebola : l’épidémie dépasse les 10 000 cas en Afrique, près de 5 000 morts

Preview L'épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique depuis mai 2026 a franchi le seuil des 10000 contaminations, avec 10141 cas confirmés et 4928 décès en République démocratique du Congo au 26 octobre. Provoquée par le virus Bundibugyo, elle touche désormais huit provinces congolaises, tandis que des cas ont également été signalés au Kenya et au Nigeria.
  •  

Haïti : urgence alimentaire

Preview Selon un rapport de l’IPC (le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) publié le 28 octobre, plus de six millions d’Haïtiens souffrent de la faim et près de deux millions sont en situation d’urgence alimentaire. Violences, déplacements et El Niño aggravent la crise. La FAO aide, le PAM réclame 78 millions de dollars.
  •  

Présidentielle 2027 : Gérard Larcher rejette l’idée d’une candidature

Le président du Sénat Gérard Larcher a clairement décliné la suggestion de Yaël Braun-Pivet. La présidente de l’Assemblée nationale l’avait présenté comme une figure capable d’incarner un rassemblement du centre et de la droite en vue de 2027. Le sénateur des Yvelines, très critique sur l’action du gouvernement, a tranché.

Mardi 27 octobre, dans un entretien au Figaro, Yaël Braun-Pivet a plaidé pour une candidature unique « du [Mouvement démocrate] à la droite républicaine ».

« Dans ces temps difficiles, nous avons besoin d’unité et d’apaisement. Comme d’autres, Gérard Larcher peut incarner ce rassemblement », a-t-elle déclaré, alors que plusieurs prétendants se font concurrence sans qu’aucun ne parvienne pour l’instant à se qualifier solidement pour le second tour dans les sondages.

Présidentielle: Yaël Braun-Pivet plaide pour un "candidat unique" du centre et de la droite, estimant que "comme d’autres, Gérard Larcher peut incarner ce rassemblement" https://t.co/I9L1YstC02

— LCP (@LCP) October 27, 2026

Gérard Larcher n’avait pas été prévenu de sa mise en avant. Les deux personnalités dînaient d’ailleurs ensemble le soir même. Dès le lendemain, mercredi 28 octobre, le président du Sénat a répondu au Figaro : « Je remercie Yaël Braun-Pivet de sa proposition, mais je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle. »

La présidente de l’Assemblée nationale avait déclaré voir en son homologue au Sénat un recours en vue du «rassemblement» autour d’un candidat de la droite et du centre. →https://t.co/Bq43KyBdjg https://t.co/xREelzhIiQ

— Le Figaro (@Le_Figaro) October 28, 2026

Son entourage a précisé qu’il « vient d’être élu président du Sénat, institution qu’il présidera jusqu’en 2029. C’est la fonction qu’il souhaitait, il a la confiance des sénateurs, ce n’est pas pour briguer un autre mandat que celui-ci ». Il a rappelé que son « seul candidat » reste Bruno Retailleau, patron de la droite et candidat des Républicains.

Selon un membre du Sénat, le sénateur des Yvelines est de toute façon « opposé » à un rassemblement allant « jusqu’à la social-démocratie ». Dans ce contexte de dispersion, l’idée d’une primaire revient sur la table chez certains, notamment chez les moins bien placés, comme Gabriel Attal et David Lisnard.

  •  

Israël : une défaite électorale de Netanyahou pourrait renforcer le risque d’une arrestation à l’étranger

L’avenir judiciaire de Benjamin Netanyahou pourrait être directement affecté par les élections législatives israéliennes du 27 octobre. Si le Premier ministre venait à quitter le pouvoir, le mandat d’arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale (CPI) resterait pleinement applicable. Selon une analyse publiée mercredi 28 octobre par Middle East Eye, son départ pourrait même le rendre plus exposé à une arrestation lors de déplacements à l’étranger.

Le 21 novembre 2024, la juridiction a délivré des mandats d’arrêt contre le Premier ministre et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza. Les accusations portent notamment sur l’utilisation de la famine comme méthode de guerre et sur des persécutions contre les civils palestiniens. Israël conteste sa compétence et rejette les accusations.

La procédure va continuer

Un départ du pouvoir ne ferait pas disparaître les poursuites. Il pourrait, en revanche, changer la donne en matière d’immunité. Certains États ont invoqué le statut de chef de gouvernement en exercice pour justifier leur refus d’arrêter Netanyahou. Une fois le dirigeant israélien redevenu simple citoyen, l’argument serait plus difficile à soutenir. Les États parties au Statut de Rome restent, en principe, tenus de coopérer avec la Cour, même si l’application concrète du mandat demeure controversée.

La situation pourrait aussi évoluer devant les juridictions nationales étrangères, susceptibles d’examiner des plaintes fondées sur la compétence universelle, sous réserve de leurs propres règles de procédure.

Parallèlement, la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice, pour violation présumée de la Convention sur le génocide, se poursuivrait indépendamment du gouvernement au pouvoir. Contrairement à la CPI, la principale juridiction des Nations unies examine la responsabilité d’un État et non celle d’un individu.

Un éventuel départ du Premier ministre constituerait donc un tournant politique, sans mettre fin aux procédures judiciaires internationales liées à la guerre à Gaza.

  •  

«Sur un pied d’égalité» : Poutine met en avant un modèle russe de coopération avec l’Afrique

« Nos milieux d’affaires s’engagent toujours à coopérer avec leurs partenaires africains de manière honnête, respectueuse, consciencieuse et sur un pied d’égalité. Ils ne réalisent pas de profits dans l’esprit des pratiques coloniales des anciennes métropoles, mais investissent et contribuent au développement des économies de vos pays », a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de la séance plénière du Sommet Russie-Afrique à Moscou. Selon lui, les entreprises russes mènent depuis longtemps et avec succès de grands projets d’investissement sur le continent africain, dans les domaines de l’énergie, de l’atome civil et des ressources minérales.

Le président russe a aussi souligné l’intérêt de la Russie à ce que les pays africains se développent, défendent leur souveraineté et assurent leur croissance économique. Il a noté les liens solides d’amitié et de partenariat étroit qui unissent Moscou et le continent africain. D’après lui, la Russie et l’Afrique sont des alliés naturels dans la construction d’un ordre mondial multipolaire et véritablement démocratique, libre de toute dictature et de tout double standard. Il a affirmé que les positions de la Russie et des pays africains sur les questions les plus actuelles de la politique mondiale sont proches, voire identiques.

Par ailleurs, Vladimir Poutine a mis en avant la croissance des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique. D’après lui, ceux de la Russie avec les pays africains ont dépassé les 27 milliards de dollars l’année dernière, et ce chiffre a été multiplié par 1,5 depuis le sommet précédent. Il a qualifié la dynamique de positive, relevant le fort potentiel de coopération.

Dans son discours, le chef de l’État russe s’est félicité de l’intention du Botswana, des Seychelles et du Togo d’ouvrir prochainement leurs ambassades à Moscou. Il a ajouté que la Russie apportait toute l’aide nécessaire aux missions diplomatiques africaines présentes sur son territoire, de plus en plus nombreuses.

La veille, Vladimir Poutine a qualifié la Russie de l’un des garants les plus fiables de la sécurité alimentaire en Afrique. Selon lui, au cours des neuf premiers mois de 2026, la Russie a exporté 13 millions de tonnes de produits agricoles vers les pays africains, plus de 40 États africains recevant déjà des céréales et des engrais russes. Il a en outre souligné que les relations commerciales et économiques entre la Russie et l’Afrique se développent malgré les pressions et les sanctions : les entreprises russes y opèrent avec succès, et de nouvelles sociétés s’implantent sur le marché local.

  •  

«D’un soutien généreux à une hostilité manifeste» : Elon Musk change de cap sur l’Ukraine

Elon Musk, le patron de SpaceX, aurait changé d’approche à l’égard de l’Ukraine, passant d’un soutien à une critique ouverte de Kiev, a rapporté le 28 octobre The Atlantic en citant des sources. Certaines personnes interrogées par le magazine, qui travaillaient avec le milliardaire américain depuis 2022, ont vu « sa position sur l’Ukraine évoluer d’un soutien généreux à une hostilité manifeste ».

Les auteurs de l’article attribuent notamment ce changement à la situation autour du système satellitaire Starlink, développé par SpaceX. Le magazine a indiqué qu’en 2022, l’entrepreneur américain avait fourni des milliers d’antennes à des hôpitaux, des centrales électriques et des institutions publiques ukrainiennes. Cependant, les terminaux ont rapidement commencé à être utilisés par l’armée ukrainienne, du pilotage de drones au maintien des communications sur le champ de bataille.

Des images montrant des attaques de drones connectés à ce système ont été diffusées la même année et ont suscité de vives inquiétudes au sein de SpaceX. Selon The Atlantic, certains employés ayant travaillé sur le projet ont même quitté l’entreprise en signe de protestation.

Plus tard, le chef d’entreprise lui-même a déclaré à son biographe Walter Isaacson que le projet n’avait jamais été conçu pour des opérations militaires. Le magazine a souligné qu’à la suite des récentes perturbations du réseau en Ukraine, l’entrepreneur américain avait montré qu’il pouvait interrompre le service à tout moment, à sa seule discrétion.

Le patron de SpaceX accuse Kiev d’avoir violé les règles d’utilisation de Starlink et critique les élites ukrainiennes

En octobre, les forces armées ukrainiennes ont signalé des perturbations dans le fonctionnement des terminaux Starlink, qui perdaient leur connexion au-delà de 160 km/h, ce qui compliquait le pilotage des drones, le ravitaillement des unités et plusieurs opérations militaires. Le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky a alors vivement critiqué les États-Unis, accusant la Maison Blanche de restreindre l’accès aux communications par satellite.

Le 24 octobre, Elon Musk a accusé Kiev d’avoir enfreint les règles d’utilisation de Starlink pour mener des frappes à l’aide de drones. Sur X, le fondateur de SpaceX a déclaré que l’utilisation de cet usage avait été bloquée une semaine auparavant. Il a aussi critiqué les partisans de la poursuite des hostilités qui, selon lui, ne proposaient aucune solution réaliste pour mettre fin au conflit.

Ses critiques ont aussi visé les élites ukrainiennes, remettant en question l’utilisation des fonds alloués à Kiev par l’Occident. « Les premiers se sont considérablement enrichis grâce aux centaines de milliards qui affluent vers l’Ukraine, tandis que les enfants des seconds sont mobilisés pour mourir dans les tranchées », a-t-il lancé.

La question de l’utilisation militaire de Starlink a suscité des réactions à Moscou. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré qu’il serait préférable que les technologies de pointe ne soient pas utilisées à des fins militaires. Le président russe Vladimir Poutine a toutefois salué les réalisations du milliardaire : en marge du Sommet Russie-Afrique, il a qualifié l’entrepreneur américain de « génie », tout en soulignant les succès du système national Rassvet, alternative russe au système américain.

  •  
❌