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Chassol - Reich

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Fondé cette année, le label Matière noire souhaite « faire vivre la création contemporaine avec joie » en enregistrant des œuvres de compositeurs vivants, figures du XXe siècle ou créateurs actuels. Son premier volume associe l'Américain Steve Reich, pionnier de la musique minimaliste dans les années 1960, et le Français Christophe Chassol, auteur de pièces audiovisuelles dont les orchestrations sont harmonisées avec des sons du réel (par exemple, des sketchs de stand-up sur son récent album Funny How ?) ; le second revendiquant l'influence du premier. Pour cet album fougueusement interprété par l'ensemble Miroirs étendus que dirige Fiona Monbet, le choix s'est porté, dans le répertoire de Reich, sur City Life (1995), un standard dont les cinq mouvements sont tissés de hautbois, clarinettes, cordes… et hérissés de bruits collectés dans les rues de New York (klaxons, sirènes, éclats de voix). En miroir, Paris noir (2024) de Chassol — au piano — sample un guide-conférencier sur les traces des penseurs de la négritude dans le Quartier latin. « Le nègre vous emmerde », citation d'Aimé Césaire mise en boucle, produit un motif musical aussi malicieux qu'éloquent.

Voir en ligne : /2026/11/DELHAYE/70161

Matière noire, 2026, CD 15 euros, numérique 8 euros.

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Leap Life

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À la croisée de la poésie, de l'improvisation et du rap, le slam eut son succès à la fin des années 1990. Saul Williams y contribua, au titre de coscénariste et acteur principal du film Slam (1998), récompensé par les festivals de Cannes et Sundance. Après quoi il prit la tangente. Auteur d'une abondante discographie, dont Amethyst Rock Star (2001) fut un moment particulièrement ardent, il a surtout fréquenté les marges où le confine son intransigeance. Sept ans après son dernier album, il sort Leap Life sur le label de ses débuts et renoue avec ce qu'il a fait de meilleur. Les quinze titres sont articulés comme une cérémonie destinée à entrer en communication avec les morts des conflits en Palestine, au Soudan, à Haïti, au Congo, au Yémen… Il y pose son spoken word (« discours parlé ») sur des instrumentaux astringents, alternant spiritual jazz, hip-hop, ambient, dub et abstractions électroniques, avec des contributeurs comme le saxophoniste Kamasi Washington, Robert Del Naja (de Massive Attack), Moor Mother, Georgia Anne Muldrow… Mais aussi le mystérieux Gonjasufi, un rappeur mystique dont l'influence chapeaute cet album aussi copieux qu'intense, Williams ne parlant jamais pour ne rien dire.

Voir en ligne : /2026/10/DELHAYE/70082

Big Dada, 2026, CD 16 euros, vinyle 36 euros, digital 6 euros.

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