Ma vie sans moi, suivi de Fragments
« Ne pas être de mon temps, ne pas être de ma vie ! » Le poète Armand Robin (1912-1961), qui fut un temps « écouteur » au ministère de l'information, est mort un soir entre les mains de la police, d'une façon encore mystérieuse. Deux amis sauvent alors trois valises de papiers dans l'appartement qui doit être vidé. Ces textes, mêlés par d'ingénieuses constructions éditoriales aux poèmes d'un recueil intitulé Ma vie sans moi, ont servi à constituer la légende d'un poète maudit. C'est contre cette légende que s'élève Françoise Morvan, qui propose cette nouvelle édition d'une partie des œuvres de Robin. Le présent volume rétablit l'intégralité de Ma vie sans moi, dont ses traductions de Vladimir Maïakovski, Sergueï Essénine, Rainer Maria Rilke ou encore Julian Tuwin — car Robin, étonnant polyglotte, a beaucoup traduit : « Par le choix de mots / Reproduire une âme parallèle / Être avec elle jusqu'au bout de sa route. » La deuxième partie, consacrée aux fragments, donne à voir et à comprendre le travail d'un homme qui, après avoir cherché à s'affranchir et traverser toutes les frontières, notamment linguistiques, se sentit brisé, « objet sans sujet ».
Gallimard, Paris, 2026, 416 pages, 11,40 euros.