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Judéo-bolchevicide, réalisme, migration et société

Judéo-bolchevicide

Au cours du dernier demi-siècle, la proportion d'étrangers a plus que triplé, passant d'environ 5 % à environ 15 %. Au cours des quinze dernières années, elle a doublé. Si l'on ajoute les personnes issues de l'immigration, le chiffre croît encore. Comme on le sait, la part des étrangers en Allemagne de l'Est est inférieure à la moyenne nationale, mais les tendances sont les mêmes. En Saxe-Anhalt, elle a doublé depuis 2015. Sur ce point, Alternative für Deutschland n'a pas tort : les dernières décennies ont transformé la société allemande. Et cette mutation profonde et controversée n'a pas fait l'objet d'une délibération collective, comme ce fut le cas, par exemple, pour la fermeture des centrales nucléaires allemandes. (…) Contrairement à la transition énergétique, elle a surtout été perçue comme une question de normes et de morale civique — et non comme un défi matériel à long terme d'une ampleur considérable. Ce n'est pas seulement une recette toute faite pour engendrer des tensions sociales et faire prospérer les ressentiments. C'est une énorme occasion manquée. Dans toutes les enquêtes, en particulier dans le domaine de l'éducation, la population issue de l'immigration en Allemagne obtient des résultats inférieurs à la moyenne. C'est un échec politique. Il faut l'admettre et essayer de rattraper ces erreurs par des investissements futurs. « Die Ökonomie des Faschismus – damals und heute » (L'économie du fascisme – hier et aujourd'hui), Surplus, n° 11, octobre 2026)

Dans un article sur « L'économie du fascisme », l'historien Adam Tooze évoque l'impact des migrations sur la société allemande.

Migration et société

La guerre en Ukraine est dans l'impasse, et la stratégie de victoire des alliés pourrait ne jamais aboutir. Si la volonté de combattre de M. Poutine n'est pas brisée par les difficultés économiques et le mécontentement intérieur, alors l'Ukraine et ses alliés devront trouver des conditions de coexistence avec lui pour que cette guerre prenne fin ou s'interrompe. (…) Les alliés parlent d'instaurer une paix juste et durable, a déclaré un ancien responsable américain, tout juste de retour de réunion avec de hauts responsables russes à Moscou. « Mais nous savons tous, au fond de nous-mêmes, que cette paix ne sera pas juste », a-t-il déclaré lors du forum d'Helsinki sur la sécurité (du 2 au 4 octobre), prédisant que la Russie finirait par conserver une partie du territoire ukrainien et que M. Poutine ne serait jamais jugé à La Haye pour crimes de guerre. D'autres participants bien informés ont rapporté que les élites russes n'ont aucune intention de verser des réparations à l'Ukraine. (…) L'Ukraine a plus que quiconque le droit de condamner la Russie en tant que paria. Son peuple a courageusement résisté à l'agression de M. Poutine et ne montre aucun signe d'abandonner le combat. Mais l'Ukraine doit aussi survivre. Si les Ukrainiens devaient un jour accepter une paix à des conditions imparfaites, les Européens ne pourraient se montrer plus purs qu'eux. « Vladimir Putin and the pariah problem » (Vladimir Poutine et le problème du paria), 6 octobre.

Farouche partisan de la poursuite de la guerre en Ukraine jusqu'à la victoire de Kiev, l'hebdomadaire britannique The Economist a récemment dû revoir ses ambitions à la baisse.

Réalisme

Hellbeck propose de repenser l'Holocauste, ou le « judéocide », comme il préfère appeler le génocide des Juifs par les nazis. Plutôt qu'un crime de haine antisémite visant à exterminer un peuple au seul motif de son identité — c'est-à‑dire à détruire « un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel », selon la définition du génocide donnée par la convention de 1948 —, le véritable mal nazi était, avant tout, à mobile politique. Il s'agissait de la destruction paranoïaque d'un ennemi politique lui-même imaginé comme une menace génocidaire. Le projet des nazis consistait à éliminer, dans un acte de légitime défense préventive, ceux qu'ils percevaient comme des obstacles futurs à la « sécurité permanente » de l'Allemagne — pour reprendre une expression d'Otto Ohlendorf, le chef de l'escadron de la mort Einsatzgruppe D, lors de son procès à Nuremberg en 1947. (…) L'argument principal de Hellbeck est que les nazis n'ont pas, au départ, persécuté, exproprié, exploité et assassiné les Juifs parce qu'ils étaient juifs, mais parce qu'ils étaient communistes, communistes en devenir ou partisans potentiels des communistes. « Of Bolsheviks and Jews — Another History of the Holocaust » (Sur les Bolcheviques et les juifs - Une nouvelle histoire de l'Holocauste, 1er octobre 2026.

Dans la revue en ligne The Ideas Letter (1er octobre), le spécialiste du génocide Anthony Dirk Moses recense favorablement le dernier livre de l'historien Jochen Hellbeck, World Enemy n° 1 : Nazi Germany, Soviet Russia, and the Fate of the Jews (Penguin, 2025).

Voir en ligne : /2026/11/A/70138
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