Ordures ! Journal d'un vidangeur
« Ce travail impose des cadences et des contraintes physiques dignes des première et deuxième révolutions industrielles » : chaque jour au Québec, un helper peut passer jusqu'à quinze heures à l'arrière du camion poubelle, courir plusieurs dizaines de kilomètres et jeter à la benne 50 tonnes de déchets. Formé à la sociologie, l'auteur décrit son métier de vidangeur (d'éboueur, en français) : les conditions de travail en pleine canicule ou dans la neige montréalaise ; l'atmosphère particulière des runs de nuit ; le regard, entre indifférence et mépris, du « payeur de taxes », cet habitant qui jette près de 463 kilos de déchets chaque année. En brossant le portrait de ses collègues déviants ou drogués, rencontrés au gré du turn-over permanent dans les entreprises auxquelles les municipalités sous-traitent la collecte des déchets, il raconte l'usure des corps, mais aussi la fierté du dépassement de soi et de l'utilité sociale. Un moyen de rendre hommage à ceux qui se confrontent aux détritus de la société de consommation : « Le vidangeur fait disparaître le papier et le plastique, et avec eux la mauvaise conscience du bourgeois. »
Lux Éditeur, Québec, 2026, 144 pages, 14 euros.