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Quelles sont les actions françaises les plus prometteuses à acheter en octobre ?

24 September 2026 at 15:30

Par Vincent Clairmont

Le CAC 40 a clôturé mercredi à 8 123 points, plus de 7 % sous son record d'août à 8 742. L'écart de taux entre la dette française et la dette allemande à dix ans, le spread, atteignait 102 points de base la veille. Le budget 2027 sera déposé mercredi prochain. Et la question qui remplit ma boîte depuis dix jours est toujours la même : la baisse est-elle une occasion, et sur quels titres ? Ma réponse tient en trois temps : pas l'indice, deux dossiers, et un calendrier. Je détaille.

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POURQUOI PAS « LE CAC » ?

Parce qu'acheter l'indice parce que les prix ont baissé, c'est acheter exactement ce que ma doctrine exclut : des actions européennes de grande capitalisation à valorisation moyenne, sans marge de sécurité particulière. C'est le centre du portefeuille, là où le Barbell ne met rien. Une baisse de 7 % ne transforme pas un indice moyen en affaire. Elle le rend moins cher, ce n'est pas la même chose.

Il y a une seconde raison. Si la séquence budgétaire tourne mal et que le spread file vers 150 points, tout baissera ensemble, bons et mauvais dossiers confondus. Dans ce scénario, l'indice n'offre aucune protection. Ce qui en offre, c'est un titre dont le prix intègre déjà le pire, ou une entreprise dont le carnet de commandes ne dépend pas de Bercy. J'ai trouvé un dossier de chaque espèce.

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PREMIER DOSSIER : GECINA, OU LE BUREAU PARISIEN SOLDÉ À MOITIÉ PRIX

Gecina est la grande foncière des bureaux parisiens. Le titre cote autour de 66 euros, soit une décote d'environ 50 % sur l'actif net réévalué, c'est-à-dire la valeur des immeubles une fois la dette déduite. Autrement dit, la Bourse vous vend un euro d'immobilier parisien pour cinquante centimes.

Comment réformer la sécurité sociale sans mettre les Français dans la rue

24 September 2026 at 10:16

Signé Eric V.

Les Français défendent « la Sécu » dans les sondages et la contournent dans les faits. De ce paradoxe, la technocratie a tiré un tabou : le monopole serait intouchable. C'est l'inverse qui est vrai : il peut disparaître sans drame — à condition de ne jamais l'abattre, et de le laisser s'éteindre.

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Il existe une loi que personne ne commémore, et qui mériterait pourtant sa plaque : la loi du 8 août 1994 relative à la protection sociale complémentaire des salariés. Ce texte obscur, voté un lundi d'été, a consacré le caractère « légalement obligatoire » de l'affiliation à l'AGIRC et à l'ARRCO — dans le but, parfaitement documenté, de soustraire ces régimes aux directives européennes sur l'assurance, qui allaient ouvrir le marché. Au même moment, très exactement, l'Allemagne achevait le chemin inverse : le compromis de Lahnstein, voté fin 1992 par les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates ensemble, donnait à chaque assuré allemand, à compter de 1996, le libre choix de sa caisse d'assurance maladie. Deux pays, la même échéance européenne, la même décennie : l'un a déverrouillé, l'autre a cadenassé. Trente ans plus tard, personne ne manifeste à Cologne pour rétablir l'affiliation obligatoire — et personne ne peut, à Paris, prononcer les mots « libre choix » sans déclencher l'alerte aérienne.

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Un pays girondin qui s'ignore

Le dogme veut que les Français soient viscéralement attachés au monopole de 1945. Leur histoire dit le contraire, avec une constance qui devrait faire réfléchir. En 1946, quand la loi prétend généraliser la sécurité sociale à toute la population, artisans, commerçants et professions libérales se soulèvent — premier grand mouvement social de la IVe République, dirigé non contre le patronat mais contre la caisse unique — et obtiennent dès 1948 leurs régimes autonomes. En 1947, les cadres refusent de voir leur retraite nivelée et créent l'AGIRC par simple convention collective : le deuxième pilier de la retraite des Français est né d'un contrat, pas d'une loi. En 1995, le pays s'arrête trois semaines contre l'alignement des régimes spéciaux ; en 2019, le « système universel » de retraites — l'aboutissement conceptuel de 1945, enfin réalisé — déclenche la plus longue grève de l'histoire de la SNCF et meurt sans avoir été voté. La série est têtue : les Français acceptent l'obligation de s'assurer, ils refusent le monopole de l'assureur. Ils sont girondins — attachés à la profession, à la mutuelle, au territoire — et non jacobins.

Alors pourquoi les sondages disent-ils l'inverse ? Parce que toute réforme sociale se joue sur deux scènes. Sur la scène des intérêts, chacun défend sa caisse, son régime, sa complémentaire contre toute absorption. Sur la scène des symboles, « la Sécu » est un totem, un marqueur d'appartenance, presque une piété — et quiconque paraît y porter la main devient l'ennemi public. Le lecteur qui hausse ici les épaules est prié de faire le test sur lui-même : qui d'entre nous n'a jamais défendu « la Sécu » en général, tout en défendant, en particulier, sa mutuelle contre l'absorption qu'on lui promettait ? Ce sondé paradoxal n'est pas un autre. C'est nous.

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Le syndrome de la hache

Le camp de la liberté porte sa part dans ce blocage, et il faut la nommer : la Refondation sociale. En 1999, le MEDEF confie à Denis Kessler un programme de transformation sociale d'une ambition inédite — assurance chômage, santé au travail, retraites complémentaires. L'édifice intellectuel était cohérent ; la méthode fut frontale : ultimatums, menaces de retrait des institutions paritaires, calendrier imposé. Et en 2007, dans Challenges, Kessler écrivit la phrase qui ressert depuis à chaque réforme : il s'agissait de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». Arrachée à son contexte, la formule est devenue l'épouvantail le plus rentable du débat social français, la preuve brandie depuis vingt ans d'un complot permanent contre la Sécurité sociale. Depuis, chaque annonce de réforme lève le même vent d'avant-grêle, avant même qu'on ait lu le texte. L'épisode a soudé, pour une génération entière, l'équation « réforme libérale = démolition sociale ». Une équation ne se réfute pas. Elle se déjoue.

La leçon n'est pas de renoncer. Elle est double, et elle engage. Ne rien détruire — et que ce soit vrai : aucune institution supprimée par décision politique, seule la contrainte doit tomber. Et bannir la hache : pas d'ultimatum, pas de grand soir, pas de trophée sémantique. La sérénité de la méthode n'est pas une ruse ; c'est la condition pour que le pays entende, sur la scène des symboles, ce qu'il désire déjà sur la scène des intérêts.

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Ce que Lahnstein a compris

Nos voisins l'ont démontré dans les années qui ont suivi Maastricht. L'Allemagne, donc : caisses préservées, clientèles captives abolies, libre choix pour tous dès 1996, péréquation des risques pour interdire l'écrémage — et les caisses ont fondu par fusions volontaires, sans qu'aucune ait été supprimée par décret. La République tchèque, dès 1992 : une caisse générale, la VZP, entourée de caisses professionnelles entre lesquelles chaque assuré choisit. Les Pays-Bas enfin, la variante la plus patiente : ouvert par le rapport Dekker en 1987, le chantier aboutit en 2006 — obligation universelle de s'assurer, opérateurs en concurrence, interdiction de sélectionner les risques. Vingt ans de gradualisme, zéro grève générale.

Le droit européen a balisé l'architecture commune de ces réformes. L'arrêt Poucet et Pistre de 1993 protège les régimes fondés sur la solidarité pure : ils ne sont pas des entreprises, la concurrence ne s'y applique pas. Mais l'arrêt Albany de 1999 fixe la borne : dès qu'une activité est assurantielle, les droits exclusifs ne se justifient que dans la mesure strictement nécessaire à la mission de solidarité.

Trump : ni mondialiste, ni isolationniste, simplement impérialiste

23 September 2026 at 10:03

par Thibault de Varenne

Le 22 septembre, à la tribune des Nations Unies, le président des États-Unis a annoncé qu'il lui restait « une grande décision à prendre » : conclure un accord avec l'Iran, ou « anéantir la République islamique ». Il a précisé que l'accord viendrait sans doute après les élections de mi-mandat. Le mot qui manque au débat français n'est ni mondialiste ni isolationniste.

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Il a dit : j'ai une grande décision à prendre. Le verbe est au singulier et le sujet est un homme.

Sept mois après avoir engagé son pays dans une guerre contre l'Iran, Donald Trump est venu la défendre devant l'Assemblée générale des Nations Unies. Il a posé une alternative en deux branches : un accord qui permettrait à l'Iran de se reconstruire et de devenir, a-t-il dit, l'un des plus grands pays du Moyen-Orient, ou l'anéantissement de la République islamique, et rapidement. Il a ajouté qu'il croyait l'accord probable juste après les élections de mi-mandat de novembre. Il a appelé les nations à isoler Téhéran, répété qu'il ne laisserait jamais l'Iran disposer de l'arme nucléaire, présenté son plan en vingt points pour Gaza et le conseil de paix qui doit l'appliquer, et refusé toute régulation internationale de l'intelligence artificielle, qu'il préfère appeler superintelligence, comparant les inquiétudes qu'elle suscite à celles du climat.

Dans la journée, il a signé avec le Danemark et le Groenland un accord élargissant les pouvoirs américains de défense sur le territoire arctique.

Voilà les faits. Reste à trouver le mot.

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Ce que les deux mots disponibles ne recouvrent pas

Le débat français dispose de deux étiquettes et les use jusqu'à la corde.

La première est l'isolationnisme, c'est-à-dire la doctrine qui veut qu'une puissance se tienne hors des affaires du monde et s'en remette à ses propres frontières. On l'attribue à Trump depuis dix ans. Elle ne résiste pas à l'énoncé de sa semaine. Un homme qui conduit une guerre depuis sept mois sur un autre continent, qui somme les autres nations de rompre avec un État tiers, qui rédige un plan de paix pour un territoire qui n'est pas le sien et institue un conseil chargé de l'administrer, qui étend enfin ses droits militaires sur une dépendance danoise, n'est pas en train de se retirer du monde. Il en occupe davantage qu'il n'en occupait.

La seconde est le mondialisme, mot plus flou, qui désigne dans l'usage courant

Rwanda : la Cour de Cassation clôt le mythe de la complicité française...

23 September 2026 at 09:41

par Elise Rochefort

La chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté, le 9 septembre 2026, les pourvois formés par des parties civiles contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris du 11 décembre 2024. Cet arrêt avait confirmé deux ordonnances du 17 octobre 2023 : un refus de mesure d'instruction complémentaire et un non-lieu. L'information judiciaire portait sur des faits de complicité de génocide et de complicité de crimes contre l'humanité susceptibles d'être reprochés à des membres des forces françaises déployées au Rwanda dans le cadre de l'opération « Turquoise ».

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La décision clôt une procédure ouverte il y a vingt et un ans.

La procédure

Le 16 février 2005, six ressortissants rwandais — Mme Auréa Mukakalisa, MM. Innocent Gisanura, François Bagirubwira, Eric Nzabihimana, Bernard Kayumba et Aaron Nshymiryayo — ont porté plainte et se sont constitués partie civile auprès du doyen des juges d'instruction au tribunal aux armées de Paris, contre personne non dénommée. Ils relataient les massacres commis au Rwanda du 6 avril à la fin juin 1994, notamment dans les collines de Bisesero, et soutenaient que des militaires français n'étaient pas intervenus à Bisesero entre le 27 et le 30 juin 1994. Ils faisaient également état d'exactions commises dans le camp de réfugiés de Murambi.

Le procureur de la République a requis l'ouverture d'une information judiciaire le 23 décembre 2005. Plusieurs associations — la Ligue française des droits de l'homme, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, Survie et Ibuka — se sont constituées partie civile par voie d'intervention.

Cinq officiers ont été placés sous le statut de témoin assisté : MM. Jean-Rémi Duval, Marin Gillier, Jacques Rosier, Jean-Claude Lafourcade et Etienne Joubert. Le statut de témoin assisté, en procédure pénale française, est intermédiaire : il concerne une personne contre laquelle existent des indices rendant vraisemblable sa participation, sans que les charges soient suffisantes pour une mise en examen.

L'opération « Turquoise » avait été autorisée par la résolution 929 du Conseil de sécurité des Nations unies du 22 juin 1994.

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Le premier moyen : le refus d'actes complémentaires

Les parties civiles demandaient deux auditions. Celle de M. Vincent Duclert, président de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, dont le rapport a été remis le 26 mars 2021, afin qu'il s'explique sur les conditions d'accès aux documents classés secret défense. Celle de M. Hubert Védrine, à l'époque des faits secrétaire général de la présidence de la République, afin d'établir les responsabilités dans la chaîne de commandement politique. Elles invoquaient le droit à un procès équitable et l'obligation d'enquête approfondie, sur le fondement des articles 3 et 6 de la Convention européenne des droits de l'homme.

La chambre de l'instruction a répondu par le constat du caractère approfondi de l'enquête déjà menée : un dossier de trente et un tomes, des réquisitions adressées à la direction de la surveillance du territoire, à la direction générale de la sécurité extérieure, à l'état-major des armées, à l'Assemblée nationale, au service historique de la défense, aux ministères des affaires étrangères et de la défense, à la présidence de la République et aux services du Premier ministre, plusieurs commissions rogatoires internationales, et l'audition de nombreux responsables militaires.

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