Vers une disparition de la gauche en Europe centrale ?
Rejetés dans les limbes électoraux ou tentés par les démons du nationalisme, les partis de gauche vont mal en Europe centrale et orientale. Issus des anciens appareils communistes, certains ont porté beau jusque dans les années 2000 (Bulgarie, Pologne). Mais l'effondrement, surprenant, touche désormais tous les pays concernés : Hongrie, République tchèque… En cause, le ralliement de ces partis aux politiques néolibérales, au nom de leur orientation proeuropéenne. Certaines formations ont, comme en Bulgarie ou en Slovaquie, cru trouver le salut (électoral) en se ralliant au conservatisme prorusse, antiféministe et anti-LGBT. Le Parti social-démocrate roumain a ainsi rejeté l'« idéologie progressiste » pour défendre les « valeurs traditionnelles ». Une évolution qui « produit des effets systémiques sur l'Union européenne », en renforçant les forces conservatrices, voire l'extrême droite. L'alternative viendra peut-être d'une nouvelle gauche, écologiste et proche des mouvements sociaux, comme Levica en Slovénie, Možemo ! en Croatie ou Razem en Pologne.
Le Bord de l'eau, Carignan-de-Bordeaux, 2026, 106 pages, 15 euros.