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Au cœur de l'État pénal. Les avocats de la défense sous contrainte

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Que signifie défendre lorsqu'on se situe au cœur de l'État pénal ? À partir d'une enquête dans le milieu judiciaire marseillais, le sociologue Julien Larrègue a recueilli une vingtaine de témoignages d'avocats de la défense, qui vont composer un ensemble bien éloigné de l'image héroïque de l'avocat défenseur des libertés. Larrègue analyse les conditions concrètes dans lesquelles exercent les pénalistes : quête de crédibilité, dépendance à l'aide juridictionnelle, hiérarchies internes, rapports de genre et distance sociale avec la clientèle. Il souligne que le droit pénal ne s'applique pas de manière neutre mais cible prioritairement les classes populaires, les hommes racisés et les personnes précaires, et que les comparutions immédiates relèvent d'une « justice d'abattage ». Un paradoxe central : les défenseurs des justiciables les plus dominés contribuent à légitimer l'institution qui les juge. En éclairant les mécanismes ordinaires de la justice pénale, l'ouvrage montre comment elle contribue à reproduire les inégalités sociales tout en affirmant les principes de l'État de droit.

Voir en ligne : /2026/11/GARCIA/70192

Raisons d'agir, Paris, 2026, 208 pages, 24 euros.

Le droit en armes. Lawfare et sécurité nationale aux États-Unis

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À rebours des lectures qui opposent mécaniquement État de droit et raison d'État, cette enquête montre comment les autorités américaines font du droit un outil de puissance. À partir d'une recherche fouillée portant sur le ministère de la justice, le politiste Mark Corcoral analyse comment l'exécutif s'affranchit parfois des principes fondamentaux : dignité humaine, respect de la vie privée, présomption d'innocence… La démonstration met en lumière le rôle singulier de l'attorney general, à la fois ministre, avocat-conseil de l'État fédéral et procureur général. Cette position lui permet d'imposer des pratiques controversées (quand elles ne sont pas illégales), de l'extension de la surveillance après le 11-Septembre à la torture de personnes suspectées de terrorisme. Le livre éclaire aussi comment les procureurs font de la justice un instrument de sécurité nationale, notamment en facilitant l'inculpation de cyberattaquants supposés servir des États adverses. Une contribution stimulante à l'étude des rapports entre droit, sécurité et puissance.

Voir en ligne : /2026/11/BONZON/70163

PUF, Paris, 2026, 224 pages, 25 euros.

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