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Trappes, ou pourquoi un seul mort met le feu

Par Thibault de Varenne

Vendredi 23 octobre, vers dix heures, un homme de trente-neuf ans a tiré depuis sa voiture dans les rues de Trappes, puis de La Verrière. Il a tué Pengo Bossio Wangi, vingt-six ans. Il a blessé plusieurs personnes, dont une fillette de douze ans. Arrêté aussitôt, il a dit aux policiers qu'il visait « les Noirs et les Arabes », pour « venger les commerçants » pillés le 17 octobre. On a trouvé chez lui Mein Kampf, une Bible, un Coran, des bonbonnes de gaz reliées à un minuteur, et dans son sang du cannabis et de la cocaïne.

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Un homme seul, instable, armé, qui tire dans la rue : la France connaît ce genre de drame, hélas, et l'oublie d'ordinaire en quelques jours. Celui-ci ne s'oublie pas. Il a fait sortir une partie de la gauche de l'hémicycle mardi, opposé le Premier ministre à la gauche, le maire de Trappes au Premier ministre, et les réseaux à eux-mêmes. La question n'est pas de savoir qui a raison. Elle est de comprendre pourquoi un crime, si atroce soit-il, devient en France un champ de bataille.

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La guerre des mots

Le premier combat porte sur le nom de la chose. Fait divers ou attentat ? Le parquet national antiterroriste, juridiction spécialisée créée en 2019, a retenu la qualification terroriste, en raison de l'appartenance, réelle ou supposée, des victimes à une race ou à une religion. Le président de la République a parlé d'attentat raciste. D'autres y voient l'acte d'un déséquilibré drogué, qui ne mérite pas le vocabulaire de la guerre.

On reconnaît le débat. Il a eu lieu cent fois, mais les rôles étaient inversés. Après chaque attaque commise au nom de l'islam par un homme isolé, une partie de la classe politique parlait de « déséquilibré » et de « fait divers », pendant qu'une autre exigeait qu'on dise le mot terrorisme. Les arguments n'ont pas changé. Ce sont les avocats qui ont changé de banc.

Voilà le premier ressort de l'inflammabilité. En France, la qualification d'un crime n'est plus une opération juridique, c'est une déclaration d'appartenance. Dire « attentat », c'est se ranger d'un côté ; dire « fait divers », c'est se ranger de l'autre. Chacun juge le mot selon le tireur, et non selon l'acte. Le droit, qui devrait trancher, est soupçonné par les deux camps : trop prompt ici, trop lent là.

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Le tableau des scores

Le deuxième ressort est plus trivial, et plus profond. Depuis dix ans, une partie des Français tient une comptabilité. Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice, le père Hamel, Samuel Paty, Dominique Bernard : la liste est connue, et elle est lourde. Pour beaucoup, elle a nourri le sentiment d'un camp qui encaisse sans jamais pouvoir répondre, et dont on soupçonnait la colère avant même qu'elle s'exprime.

Dans cette comptabilité, Trappes arrive comme une pièce de l'autre colonne. Les

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Psychiatric Evaluation Does Not Change Terrorist Classification of Trappes Shooting

The suspect acted out of racial hatred as French authorities investigate possible warning signs.

On Monday, French Interior Minister Laurent Nuñez said that the psychiatric evaluation of the suspect in Friday’s shooting, which left one person dead and five injured in Trappes, on the outskirts of Paris, does not change its classification as a “racist terrorist attack.”

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Nuñez stressed that the 39-year-old man “acted to kill people who, in his eyes, should not integrate into French society because they were simply of foreign origin.”

The suspect’s police custody was temporarily suspended over the weekend so he could undergo a psychiatric evaluation. The decision raised questions from Yassine Bouzrou, the lawyer representing the family of the person killed, about the judicial handling of cases involving far-right terrorist violence.

“The seriousness of the act, the fact that it is a racist terrorist attack, does not change. There is no attempt to downplay it” because the alleged perpetrator of the shooting is undergoing psychiatric observation, Nuñez said.

The Interior Minister insisted that “he is an individual driven by hatred and racism, and that is why he killed.” Nuñez said he understood the family’s questions about a possible failure to prevent the attack and monitor the suspect, but noted that the man was not known to intelligence services.

#France 🇫🇷: A gunman carried out a racially motivated shooting attack in Trappes, Yvelines on October 23. As a result 1 person killed and 5 injured.

The perpetrator seemingly used a customized British 9x19mm “STEN” Mk II submachine gun fitted with a grip and foregrip. pic.twitter.com/M1DYz0N9uY

— War Noir (@war_noir) October 26, 2026

In this regard, Nuñez explained that some perpetrators carry out attacks suddenly, without authorities having detected any prior warning signs.

“They are somewhat isolated individuals, steeped in racist ideology, who feed on the prevailing discourse and suddenly take action,” Nuñez said, stressing that such cases are particularly difficult to detect in advance.

In any case, he promised that “everything will be brought to light in this matter to determine whether there were warning signs or not,” adding that the judicial authorities would have to answer the questions raised by the family.

Nuñez emphasized that part of the radicalization process can take place through social media and that platforms have an obligation to report content when they detect illegal material, particularly content related to terrorism.

Meanwhile, the National Anti-Terrorism Prosecutor’s Office reported that several members of the shooter’s family and circle of friends, who had been arrested as part of the investigation, were released on Sunday.

teleSUR/ JF

Source: EFE

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