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Why America keeps losing wars?

America has become an imperial power that aims to invade and dominate the weak countries. This tendency has created global insecurity and led America to lose wars. In terms of natural resources and firepower, America dominates like no other country. It has the largest and most flexible military, the most weapons, and the most devices […]
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F-35, les ailes de l'empire

Équipement-phare des armées de l'air américaine et israélienne, le chasseur F-35 développé aux États-Unis a été adopté par une vingtaine d'États, notamment en Europe, en dépit — ou à cause ? — de la dépendance qu'il impose à ses utilisateurs… En avance sur ses concurrents, ce chasseur furtif se distingue également par un prix prohibitif et des coûts d'exploitation faramineux.

Le 18 mars 2019, la ministre des armées française Florence Parly tançait un parterre d'experts de l'Atlantic Council, un cercle de réflexion américain, à propos des relations entre les membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). « La clause de solidarité de l'OTAN est l'article 5, pas l'article F-35 », lançait-elle, au moment où Washington incitait fortement un nombre croissant de pays européens à acheter cet avion dernier cri. Depuis, le F-35 Lightning II, chasseur furtif de cinquième génération produit par Lockheed Martin, principal groupe d'armement mondial, est « entré en premier » dans les espaces aériens syrien et iranien sous bannière israélienne, puis lors des guerres israélo-américaines contre l'Iran en 2025 et 2026.

Mis en service en 2015 pour remplacer le F-16 vieillissant, le F-35 se présente comme le chasseur « le plus létal, le plus résistant et le plus connecté du monde (1) ». Il s'agit du plus vaste programme de défense des États-Unis : 72 milliards de dollars par an — soit plus que la totalité du budget du ministère français des armées. À eux seuls, l'US Air Force, l'US Navy et les marines en ont commandé 2 456 exemplaires. Lockheed en construit chaque année entre 170 et 190, mobilisant 1 500 entreprises et 250 000 travailleurs.

En dépit des dérapages financiers, l'appareil dispose de quelques atouts : unique sur le marché, il allie furtivité (peu ou pas détecté par les radars), polyvalence tactique (missions air-air ou air-sol) et versions adaptées (air, marine, et même décollage vertical). Ses concepteurs l'ont pensé comme une « centrale de connectivité » aux fonctions vitales contrôlées en permanence : renouvellement des « bibliothèques de menaces », mise à jour des standards et programmation de la maintenance, en lien organique avec la base de l'US Air Force d'Eglin, en Floride.

Les déficiences de jeunesse de l'appareil — visibilité, surchauffe, etc. — ont été partiellement corrigées au fil des années même si, en 2023, 873 restaient « non résolues ». Un rapport de l'organisme d'audit du Congrès américain paru en juin dernier pointe que les F-35 de l'armée de l'air n'ont été disponibles pour des missions opérationnelles complètes que 28,5 % du temps durant l'année 2025 (au lieu des 65 % initialement programmés par l'US Air Force), en raison de pénuries de pièces détachées, de l'insuffisance des stocks de moteurs, de la lourdeur des opérations d'entretien, de la complexité de l'architecture logicielle (2). La « cannibalisation » (3) de certains appareils a permis de sauver des heures de vol, mais a aussi contribué à désorganiser les chaînes de maintenance. L'OTAN, qui tablait sur une disponibilité de 60 à 70 %, a dû revoir ses plans. Pour tenter de rattraper ce retard, le Pentagone a lancé un programme de remise à plat évalué à 8 milliards de dollars. À l'usage, le F-35 a paru insuffisamment motorisé, peu adapté au combat rapproché (dogfight), limité en capacités de carburant, et donc en rayon d'action, ce qui nécessite de coûteux ravitaillements en vol. Initialement prévue pour 2026, l'évolution vers le standard « Block 4 », qui devrait remédier à certains de ces plafonnements, vise désormais l'année 2031 — au mieux. Mais on pardonne beaucoup à une machine aussi furtive (plusieurs fois moins repérable, par exemple, que le Rafale), conçue pour frapper l'adversaire avant d'être vue.

L'architecture globale de production et de gestion des appareils, à des fins de réduction des coûts, se révèle sensible aux chocs géopolitiques et au manque de certaines matières premières : la construction d'un seul F-35 nécessite en effet quatre cents kilos de terres rares. Installée au début des années 2000, la chaîne d'approvisionnement, qui associe des centaines d'entreprises dans la vingtaine de pays clients, encaisse mal les soubresauts de la mondialisation (tensions géopolitiques sur les métaux rares, tarifs douaniers…). À l'ère des drones et des missiles triomphants, le joyau de l'US Air Force semble parfois issu d'une autre époque.

Et d'une autre économie : son prix de vente varie de 80 à 130 millions de dollars, selon les versions. S'ajoutent entre 9 et 12 millions de dollars par an de mise en œuvre, et l'heure de vol dépasse les 40 000 dollars. Prévoyant des « cauchemars budgétaires », la Suisse, le Canada, l'Australie, et même le Danemark et l'Allemagne — inquiets de ces surcoûts incontrôlables ou échaudés par la géopolitique trumpienne —, ont dû réduire leurs commandes (4). L'Espagne et le Portugal ont même quitté le programme. Au sein de l'administration américaine, on estime ce dernier too big to fail (« trop grand pour échouer »). Sans pour autant oublier son surnom — « l'avion qui a dévoré le Pentagone » —, avec une dépense totale estimée à plus de 2 000 milliards de dollars d'ici à 2088 — date de fin de vie de l'appareil. Le « pire rapport qualité-prix de l'histoire militaire », selon M. Elon Musk, le patron américain de SpaceX et de Tesla.

La vassalisation à son comble

Le succès du F-35 à l'international a eu pour effet de ponctionner les budgets des pays clients et d'ancrer une partie de leurs industries de défense dans la chaîne d'approvisionnement organisée par Lockheed Martin et le Pentagone, réduisant mécaniquement les possibilités de vente pour les appareils européens concurrents comme les Typhoon, Rafale ou Gripen. Quelques États, embarqués dans l'aventure dès le lancement du chasseur américain, en ont toutefois largement profité : le Royaume-Uni, seul « partenaire de premier niveau » ; les Pays-Bas et l'Italie, en second rang dans la chaîne de production ; ainsi que Singapour et Israël, en tant que membres de l'Agence américaine de coopération en matière de défense et de sécurité (DSCA). Israël jouit du privilège unique d'accéder à une partie des codes sources de l'appareil, afin d'intégrer ses propres armements et systèmes de guerre électronique, rebaptisant le F-35I « Adir » (puissant). L'armée de l'air israélienne avait été la première, dès 2018, à engager des F-35 — pour bombarder la Syrie et l'Iran.

Le centre névralgique d'Eglin a la main sur l'ensemble des capteurs du F-35. L'avion a ainsi acquis la réputation d'être désactivable à distance par un kill switch (« bouton d'arrêt ») dissimulé dans le maquis d'une dizaine de millions de lignes de codes. Démentie sans surprise par le Pentagone et Lookheed, cette possibilité d'un blocage sec — ou, à tout le moins, de pressions depuis les États-Unis (5) — ménage un espace d'incertitude chez des États clients : les F-35 danois se retrouveront-ils un jour neutralisés ou confrontés à ceux de l'exécutif américain, qui ne cesse de revendiquer sa souveraineté sur le Groenland ? Des pays d'Europe centrale ou de l'Est pourront-ils engager sans entrave leurs F-35 en défense ou attaque de forces russes si leur fournisseur et ex-protecteur américain privilégie une approche amicale avec Moscou ?

Grâce à son système de collecte centralisée de données, le F-35 fait figure de « facilitateur de l'implication stratégique américaine, dans une logique de protection et de dépendance consentie » de ses acquéreurs, estime le stratégiste Joseph Henrotin (6) : treize pays européens ayant lancé un renouvellement de leur flotte ont choisi le F-35, soit quelque six cents unités déjà en service ou livrables d'ici à 2035. La gestion américano-centrée assure un maximum d'interopérabilité pour cet appareil devenu de fait « l'avion de l'OTAN » ; mais elle corsète des pays qui croyaient s'assurer par ce coûteux investissement une protection américaine « automatique »… laquelle ne va plus de soi. Bien qu'échaudés, le Danemark, la Belgique, la Pologne ou l'Allemagne restent à bord du programme.

La vassalisation est à son comble lorsque, au titre de la « dissuasion nucléaire partagée » avec quatre armées de l'air ouest-européennes, Washington utilise cette coopération stratégique comme un vecteur de placement de son joyau volant. C'est en effet le seul appareil autorisé à emporter les bombes nucléaires américaines B61. Pour l'Allemagne ou la Belgique, les commandes de F-35 conditionnaient la continuité du lien organique au système de dissuasion américain, quelle que soit l'ampleur du découplage stratégique à l'œuvre entre Américains et Européens : la pleine mise en application de l'« article F-35 », dénoncée en son temps par Mme Parly…

Quel avenir pour la concurrence ?

D'autres acteurs, comme la Turquie, ont au contraire été écartés. Pour avoir osé se fournir en systèmes russes de défense antiaérienne S-400, cet État membre de l'OTAN, qui avait d'ailleurs participé à la conception du F-35 dès 2002, s'est vu interdit d'acquisition par M. Donald Trump en 2019. En marge du sommet de l'Alliance atlantique à Ankara en juillet dernier, le président américain a promis à son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan, dont le pays est jugé « bien plus loyal que d'autres pays », de faire sauter un jour cet interdit — au risque d'entamer l'avantage stratégique offert par le Pentagone à ses alliés israélien et grec face à ce grand rival régional.

Malgré sa furtivité avancée et son label « avion de l'OTAN », le F-35 n'a pas totalement écrasé la concurrence européenne. Si leur conception remonte aux années 1980-1990, le Gripen suédois, l'Eurofighter anglo-italo-hispano-allemand ou le Rafale français demeurent sur le marché. Après un développement laborieux, ce dernier a finalement été adopté par neuf pays ; plus de cinq cent cinquante machines ont été placées. Plus polyvalent que le F-35, il assure pour le même prix une disponibilité de 80 %, avec une heure de vol à 20 000 euros, et — comme Paris a une maîtrise souveraine de l'ensemble de la chaîne technologique — offre une plus large autonomie stratégique, et donc un certain « non-alignement » politique : cette dernière dimension a convaincu l'Inde et l'Égypte et, en Europe, la Grèce, la Serbie et la Croatie.

Pour les États européens, la perspective d'un futur appareil de sixième génération, franchement furtif, bardé d'intelligence artificielle (IA), voire dronisé, paraît lointaine au moment où pointent déjà des chasseurs turcs, coréens ou chinois prometteurs. D'autant que le projet franco-allemand et espagnol de système de combat aérien du futur (SCAF), qui comprenait un chasseur de cinquième/sixième génération associé à des drones, a été officiellement abandonné en juin dernier. Paris et Dassault comptent s'en tenir à un « Super Rafale », probablement en partenariat avec l'Inde. Et Berlin rêve d'échafauder un nouvel attelage multinational dont il prendrait la tête et assumerait l'essentiel du financement.

Autre pari sur les années 2035-2040 : le Global Combat Air Programme (GCAP), lancé en 2022 par le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon, et possiblement le Canada. Comme le défunt SCAF, il se veut un « système de systèmes » autour d'un chasseur de cinquième/sixième génération baptisé « Tempest », coordonnant sur un théâtre d'opérations des drones, radars, tirs, actions au sol et en mer, etc. Mais le projet souffre d'un retard de plusieurs années et déjà de surcoûts que les gouvernements hésitent à endosser… L'idée d'une fusion entre ces programmes-phares paraît peu partagée. Le chancelier allemand Friedrich Merz, occupé à construire l'armée « la plus puissante d'Europe (7) », a douché cet espoir : « Aurons-nous encore besoin dans vingt ans d'un avion de combat piloté ? »

Voir en ligne : /2026/10/LEYMARIE/70066

(1) « The most advanced fighter jet in the world », site de présentation du F-35.

(2) « F-35 sustainment : Actions needed to ensure updated strategy improves persistent readiness challenges », Government Accountability Office, Washington, DC, 11 juin 2026.

(3) Le terme désigne dans ce contexte le dépiautage d'un avion ou d'un char immobilisé pour réparer d'autres appareils.

(4) « F-35, du plomb dans l'aile ? », Défense en ligne, 21 mars 2025.

(5) Suspension ou retard de mises à jour, modification des règles et tarifs d'abonnement, interruption de l'accès à des pièces détachées, blocage de la communication avec le renseignement aérien…

(6) Joseph Henrotin, Un avion pour les gouverner tous. Le F-35, prisme de la dépendance stratégique européenne, Éditions du Rocher, Monaco, 2026. Voir la recension de cet ouvrage dans le numéro de juillet 2026.

(7) Lire Pierre Rimbert, « Le retour du refoulé », dossier « Une Allemagne “prête à la guerre” ? », Le Monde diplomatique, septembre 2026.

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Three of the four Afghans who left the country to play the Chess Olympiad are detained in Kabul and face uncertain fate

Habibullah Guldoost, Khaibar Farazi and Habibullah Amini, Afghan chess players.

Three of the four Afghans who left their country to compete last week in the Chess Olympiad in Samarkand, Uzbekistan, were detained at the border on Monday when they returned to Afghanistan, where chess is banned by the Taliban government. The players are under house arrest in Kabul and face penalties that could include corporal punishment. The fourth player has been able to return home without reprisals.

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The four Afghan female players at the Olympiad, last week in Samarkand. Standing, left to right: Gouham, Azizi and Belqis; sitting: Farahman
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Movement for the release of former PM Imran Khan heats up in Pakistan

Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), the country’s main opposition party, announced a long march to the capital, Islamabad, on Sunday, October 4, as part of its ongoing nationwide movement to demand the release of its leader and former Prime Minister Imran Khan.

The march, which was originally scheduled to be held on Sunday, September 27, starting from Peshawar, was postponed on Friday after the party’s top leadership decided it needed more time to mobilize to face the state’s preparations to block it.

Thousands of people have been taking to the streets in different parts of the country demanding the immediate release of Khan, his wife Bushra Bibi, and other party leaders.

Khan’s party and supporters have also accused the Shehbaz Sharif-led coalition government in the country of deliberately ignoring Khan’s bad health condition and trying to “slowly kill him in prison” by keeping him in solitary confinement.

They have also alleged that Khan has been denied access to his family members and party colleagues in Rawalpindi’s Adiala Jail for almost six months now and demanded that he be transferred out of the jail to a private hospital.

State repression

Meanwhile, the security forces have fortified the capital, blocking all the ways leading to the capital with shipping containers and large deployments after the government called the protests illegal and threatened consequences for the PTI leadership.

Pakistan’s Interior Minister Mohsin Naqvi had earlier called the march a failure and “a drama” and warned that if the PTI does not abandon its plan to go to Islamabad the state will find a “permanent solution” to stop them.

The security forces had arrested a large number of PTI leaders and workers in order to derail the protests. The PTI last week said that even its elected members of the National Assembly were arrested.

Three of Khan’s sisters Aleema, Uzma, and Noreen Khan were also arrested by the Pakistani authorities last week and jailed for 30 days on charges of being an alleged “threat to public order.”

The PTI released a statement on Monday, September 28, claiming Khan’s sisters have not been allowed to meet their family members or lawyers at Kot Lakhpat Jail in Lahore. Calling the situation of their incarceration “alarming” and a violation of their fundamental rights.

The previous mobilization to Islamabad in November 2024 had also witnessed large-scale state repression leading to clashes between the security forces and the PTI workers. Over a dozen people, including four security officials, were killed in those clashes.

Three years of incarceration 

Khan, largely considered the most popular political leader in Pakistan’s politics today, was first arrested almost a year after he was ousted from his Prime Minister’s post in May 2023. He led the Pakistan government from August 2018 to April 2022.

The interim government that assumed power after his removal filed over a hundred cases against Khan, accusing him of the misuse of power, corruption, and violence against the security forces during the May 9, 2023 protests.

However, he was released after a court ruled his arrest was illegal only to be arrested again on August 5, this time after a district court sentenced him to three years in prison in the Toshakhana case, related to the state department that stores valuable gifts given to Pakistani officials by foreign dignitaries. Later his wife Bushra Bibi was also arrested.

Though a higher court later overturned his conviction, he and his wife have remained in Adiala Jail facing charges and even convictions in several other cases. 

Many leaders in Khan’s party, PTI, were either arrested or forced to denounce the party and politics in public altogether. 

Despite the fact that the PTI was blocked from contesting national elections in February 2024, it emerged as the largest opposition group in the country’s National Assembly after it decided to field its candidates as independents. 

PTI and Khan’s supporters maintain that the cases against Khan and his wife were politically motivated and fake.  

Ammar Ali Jan, leader of the Left wing Haqooq-e-Khalq Party (HKP) and a member of the Tehreek-i-Tahaffuz Ayeen-i-Pakistan (Movement to Save Pakistan’s Constitution or TTAP) formed as a broader alliance to fight for Khan’s release has condemned the continued incarceration of Khan and the repression of movements for his release. 

He also questioned the state’s narrative about the failure of the movement, pointing out how it has made every effort to oppress it, including the arrests and fortification of the capital.

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Raffinerie, l’Italia decida di essere un Paese

Raffinerie, l’Italia decida di essere un Paese
di Margherita Furlan
19 settembre 2026

Aramco compra gasolio nel Mediterraneo dopo gli attacchi alle sue raffinerie. In quella stessa finestra di mercato si forma il prezzo che paghiamo alla pompa. L’Italia ci arriva senza impianti e senza bandiera
La fila di Aramco
Da alcune settimane Saudi Aramco presenta offerte d’acquisto nella finestra di contrattazione gestita da Platts per carichi di gasolio nel Mediterraneo. Secondo gli intermediari che seguono quella piattaforma, la società statale saudita cerca migliaia di tonnellate di prodotto raffinato; altri operatori riferiscono che sta sondando anche il mercato della benzina in Europa. L’azienda ha rifiutato di commentare.1
Conviene soffermarsi su cosa significhi. Aramco estrae, raffina e vende: è strutturalmente venditrice di distillati, non compratrice. Nel luglio 2025 l’Arabia Saudita aveva toccato il massimo storico delle esportazioni di gasolio, con una media mensile di 611mila barili al giorno, e Aramco si presentava come fornitore quasi solitario nelle finestre di valutazione del Nord Europa e del Mediterraneo, spesso a prezzi inferiori a quelli degli altri.2 Quattordici mesi dopo si mette in fila dall’altra parte del banco.
Il motivo non è un capriccio commerciale, sono gli impianti. Gli Houthi hanno rivendicato l’attacco alla raffineria di Yanbu, sul Mar Rosso, e nel corso dell’estate hanno colpito ripetutamente il centro di trattamento di Jazan, più a sud. Poi, il 10 settembre, droni partiti dall’Iraq hanno incendiato le stazioni di pompaggio dell’oleodotto Est-Ovest nelle aree di Riad e Medina: il ministero dell’Energia saudita ha confermato l’attacco e la chiusura «precauzionale» della conduttura, mentre le immagini satellitari mostravano il pennacchio di fumo sopra la linea e i danni estesi a una stazione vicino ad Al Mesba’ah.
Quella conduttura non è un’infrastruttura qualunque. Con lo Stretto di Hormuz sostanzialmente sbarrato dallo scoppio della guerra tra Stati Uniti, Israele e Iran nel febbraio 2026, l’oleodotto Est-Ovest è diventato la via di fuga del petrolio saudita: milleduecento chilometri dai giacimenti orientali al porto di Yanbu, con circa cinque milioni di barili al giorno dirottati su quella direttrice. Lo aveva detto l’amministratore delegato di Aramco, Amin Nasser: nel contenere la crisi di approvvigionamento il tubo aveva pesato più del rilascio delle riserve strategiche.3 Gli attacchi dell’aprile precedente avevano già sottratto al regno circa 600mila barili al giorno di capacità produttiva. Ad agosto l’estrazione saudita era scesa a 6,24 milioni di barili quotidiani, un livello che nessuno si aspettava di vedere dal principale produttore dell’OPEC.4
Nel frattempo si chiudeva anche l’altra uscita. Gli Houthi hanno proclamato a luglio un blocco marittimo contro le navi saudite, hanno preso il porto yemenita di Mokha e si sono avvicinati alle isole Hanish, cioè alla soglia di Bab el-Mandeb; il traffico attraverso quello stretto è calato di circa il sessanta per cento. Hormuz da una parte, Bab el-Mandeb dall’altra, l’oleodotto in mezzo è fermo: il regno che ha costruito la propria centralità mondiale sulla capacità di consegnare greggio ovunque si è ritrovato con tre porte socchiuse e un ordine d’acquisto da firmare nel Mediterraneo.
Il resto è politica. Nei giorni dell’avanzata su Mokha il principe ereditario Mohammed bin Salman avrebbe telefonato due volte a Donald Trump per chiedere raid contro il movimento yemenita, secondo funzionari statunitensi citati dalla stampa americana.5 Riad, per ora, ha evitato la rappresaglia diretta contro l’Iraq e Baghdad ha condannato l’attacco e apprezzato la scelta di non reagire.6 Il petroliere più potente del pianeta ha scoperto che la sua potenza dipendeva da cose fragili: una stazione di pompaggio, una colonna di distillazione, una rotta.
Il bersaglio non è più il pozzo
C’è una regolarità, in questi mesi, che i comunicati non dicono e le mappe sì. Nessuno bombarda i giacimenti. Si colpiscono le stazioni di pompaggio, le raffinerie, i terminali, i tubi. Il giacimento è profondo, disperso, difficile da distruggere e costoso da presidiare; l’impianto che trasforma il greggio in qualcosa di utilizzabile è invece un oggetto concentrato, visibile dal satellite, vulnerabile a un drone che costa quanto un’utilitaria. La stessa grammatica si legge sul fronte opposto dell’Eurasia, dove da due anni le raffinerie russe sono bersaglio sistematico dei droni ucraini, con fermate di impianti e contrazioni della produzione di carburante. Non è una coincidenza tecnica: è una dottrina che si è diffusa perché funziona.
Clausewitz aveva chiamato centro di gravità il punto da cui dipende la coesione dell’intera forza avversaria, quello contro cui vanno concentrate tutte le energie.7 Per un secolo si è creduto che nel settore energetico quel centro fosse la risorsa: chi possiede il sottosuolo comanda. La stagione che stiamo attraversando dice il contrario. Il centro di gravità è la catena di trasformazione e di trasporto e chi la colpisce ottiene con mezzi minuscoli effetti che nessun esercito convenzionale potrebbe produrre a quel costo. Un movimento armato yemenita, senza marina né aviazione, ha ridotto le esportazioni del primo produttore mondiale e ne ha fatto un compratore di gasolio sul mercato libero.
Ne discendono due conseguenze che riguardano direttamente l’Europa. La prima è che il vantaggio difensivo è scomparso: proteggere una rete di impianti e di condutture costa incomparabilmente più che attaccarla e nessuna quantità di navi in scorta può cambiare questa aritmetica. La seconda è che la sicurezza energetica ha smesso di essere un problema di contratti di fornitura per diventare un problema d’infrastrutture fisiche. Si può avere il barile e non avere il litro. Si può avere il litro e non avere il modo di farlo arrivare. Chi ha smontato pezzi della propria capacità di trasformazione pensando che il mercato avrebbe sempre provveduto ha fatto una scommessa sulla stabilità permanente delle rotte altrui. Quella scommessa, nell’anno in cui il re del greggio si mette in fila per comprare carburante, si sta rivelando per quello che era.
Il prezzo non nasce alla pompa
Qui il ragionamento smette di essere mediorientale e diventa italiano perché il collegamento fra Yanbu e il distributore sotto casa non è una metafora, ma un meccanismo documentato e pubblico.
Il prezzo industriale dei carburanti in Italia, cioè quel che resta una volta tolte accisa e imposta sul valore aggiunto, non segue il costo di produzione delle raffinerie nazionali. Segue la quotazione internazionale dei prodotti raffinati nel bacino mediterraneo, il cosiddetto Platts CIF Med, rilevato dall’agenzia che pubblica le valutazioni giornaliere sulla base delle contrattazioni fisiche. Lo scrive senza giri di parole l’associazione delle aziende petrolifere italiane nella propria nota metodologica sui prezzi: la materia prima del prezzo alla pompa è la quotazione Platts, e il margine lordo è la differenza fra il prezzo di vendita al netto delle tasse e quel valore. Lo ripete la stessa associazione quando deve spiegare perché il greggio scende e i carburanti no: il riferimento non è il Brent, sono le valutazioni dei raffinati.8
Vale la pena fermarsi su cosa sia quella finestra. Non è una borsa regolamentata con un’autorità di vigilanza pubblica: è un processo di valutazione gestito da una società privata di informazione sui mercati, alimentato dalle offerte che gli operatori presentano in un intervallo di tempo definito. L’Autorità garante della concorrenza e del mercato, in un’indagine del 2023 sui prezzi dei carburanti, ha osservato che i riferimenti internazionali dei prodotti petroliferi, Platts compreso, sono esposti a rischi di opacità, e lo ha argomentato richiamando da un lato procedimenti per sospette manipolazioni conclusi in giurisdizioni extraeuropee, dall’altro l’adozione di apposite linee guida da parte delle autorità internazionali di regolamentazione.9 È un’istituzione italiana che dice, in punta di diritto, che il termometro del nostro prezzo alla pompa non è un oggetto neutro.
In quella finestra, da alcune settimane, compra Saudi Aramco.
Il risultato lo hanno letto tutti sui cartelloni. Il 16 settembre 2026 il gasolio in modalità self service ha toccato il massimo storico italiano a 2,246 euro al litro, quasi due centesimi sopra il precedente primato del 17 marzo 2022, con 2,326 euro sulla rete autostradale e la quotazione all’ingrosso oltre i milleduecento euro per mille litri; il giorno seguente il servito viaggiava a 2,376.10 Senza il taglio dell’accisa il prezzo medio nazionale sarebbe stato di 2,416 euro.11
Nessuno impone a Roma cosa pagare. Semplicemente, il quadro dentro cui quel prezzo si forma è stato costruito da altri, si aggiorna ogni giorno in una finestra di mercato dove lo Stato italiano non siede, e il nostro margine di azione si è ridotto a decidere se restituire ai cittadini qualche centesimo di accisa. Non è dipendenza dal barile: è dipendenza dalla struttura.
Il mercato si era già ristretto
C’è un antefatto che rende il gesto di Aramco molto più pesante di quanto appaia e che riguarda l’Europa da vicino: la riserva di gasolio del Mediterraneo si era assottigliata per decisione politica mesi prima che i droni arrivassero su Yanbu.
Fino al 2022 circa il quaranta per cento del gasolio importato dall’Unione europea veniva dalla Russia. L’embargo ha chiuso quel canale ma non ha ridotto la domanda: l’ha deviata. Si è aperta così la scappatoia della raffinazione, il cosiddetto refining loophole, per cui India, Turchia e in parte Cina compravano greggio russo a prezzi scontati proprio grazie alle sanzioni occidentali, lo lavoravano nei propri impianti e rivendevano all’Europa prodotti formalmente non russi, perché la nazionalità di un carburante, nel diritto commerciale, è quella del Paese in cui avviene la trasformazione, non quella del pozzo. Non era un traffico clandestino: era legale, pubblico e quantificato. Nel giugno 2025 l’Europa ha ricevuto 124mila barili al giorno di gasolio dall’India e 94mila dalla Turchia, pari rispettivamente al sette e al cinque per cento delle importazioni totali; secondo le stime di Kpler, che includono anche il carburante per aerei, l’India, fino a pochi anni prima inesistente come esportatore verso il nostro continente, ha coperto nel 2024 il sedici per cento dell’import europeo, in un anno in cui il greggio russo rappresentava il trentotto per cento degli acquisti indiani.12
Per tre anni, insomma, l’Europa ha continuato a bruciare molecole di origine russa passate per Jamnagar o per İzmir, dichiarando di non comprare più dalla Russia. Poi, nel luglio 2025, il diciottesimo pacchetto di sanzioni ha chiuso anche quella porta: dal 21 gennaio 2026 è vietato importare nell’Unione prodotti petroliferi ottenuti in Paesi terzi a partire da greggio di origine russa, con esenzione per alcuni partner e per i Paesi esportatori netti di greggio.13 La misura ha due caratteristiche che meritano di essere dette. La prima è che nessuna analisi di laboratorio può stabilire l’origine di una molecola dopo la raffinazione, tanto più che si lavorano miscele di greggi diversi: l’applicazione dipende quindi da autocertificazioni e da tracciamenti documentali, e già al momento dell’annuncio gli operatori prevedevano un carosello di trasbordi destinato a confondere le carte. La seconda è che quel divieto ha ristretto l’offerta disponibile nel bacino mediterraneo in un momento in cui l’Europa non aveva ricostruito un grammo della capacità di raffinazione che aveva dismesso.
Ora si guardi la sequenza per intero, perché è la cosa più istruttiva di tutta questa vicenda. Il 21 gennaio 2026 l’Unione europea restringe per via normativa il proprio accesso al gasolio. A febbraio la guerra tra Stati Uniti, Israele e Iran sbarra lo Stretto di Hormuz. Durante l’estate gli attacchi degli Houthi mettono fuori uso a intermittenza gli impianti sauditi sul Mar Rosso. Il 10 settembre saltano le stazioni di pompaggio dell’oleodotto Est-Ovest. E in quel bacino ristretto, dove l’Europa deve comprare per forza, entra come acquirente anche il maggiore produttore mondiale. Nessuno di questi eventi, preso da solo, era imprevedibile; il loro sovrapporsi era un rischio di sistema che qualcuno avrebbe dovuto valutare prima di firmare i provvedimenti e prima di autorizzare le conversioni di impianti. Il differenziale fra il prezzo del gasolio e quello del greggio, che è la misura esatta della scarsità di capacità di raffinazione, aveva già superato i ventisei dollari al barile nell’estate 2025, il massimo dal febbraio 2024. Era un segnale, ed era leggibile da chiunque.
Va detto con chiarezza quel che l’Unione ha deciso senza dotarsi degli strumenti per reggerne le conseguenze non lo pagano le cancellerie, bensì chi mette il gasolio nel furgone alle sei del mattino.
La deindustrializzazione ha un indirizzo
A questo punto la domanda giusta non è perché il gasolio costi tanto, ma perché l’Italia sia arrivata a questo appuntamento in queste condizioni. E la risposta ha una data d’inizio, una sequenza e dei documenti.
Fra il 2000 e il 2024 il Paese ha perso il 12,7 per cento della propria capacità di raffinazione.14 Non è stata un’emorragia improvvisa: è stata una successione di decisioni aziendali, ciascuna ragionevole dal punto di vista di chi la prendeva, che sommate hanno prodotto un risultato che nessuno ha mai deliberato in Parlamento.
La raffineria di Cremona della Tamoil ha chiuso nel 2011 ed è stata convertita in deposito: l’amministratore delegato della società lo raccontò ai deputati della Commissione Attività produttive, spiegando che un impianto nella pianura padana, senza sbocco al mare, non riusciva più a collocare l’eccesso di olio combustibile e di benzina.15 La Raffineria di Roma, a Pantano di Grano, comunicò nel giugno 2012 l’intenzione di trasformare, a decorrere dal 30 settembre di quell’anno, lo stabilimento di lavorazione e stoccaggio in mero deposito di oli minerali: la dismissione dell’attività di raffinazione è scritta negli atti autorizzativi.16 La IES di Mantova, comprata quattro anni prima dal gruppo ungherese MOL, annunciò nell’ottobre 2013 la trasformazione graduale in deposito a partire dal gennaio successivo, con 350 esuberi su 390 dipendenti. Nel frattempo Eni fermava per sei mesi Porto Marghera e metteva in cassa integrazione a zero ore cinquecento persone a Gela.
Il Parlamento lo sapeva. Nel 2012 la Camera svolse una indagine conoscitiva specifica sulla crisi della raffinazione, con audizioni di aziende e sindacati, e il documento conclusivo registrava il rischio di chiusura di almeno quattro o cinque siti e la necessità di interventi a tutela del settore.17 Gli interventi non sono arrivati. È arrivata, invece, una narrazione più comoda.
Perché la seconda ondata è stata raccontata in tutt’altro modo. Porto Marghera è diventata bioraffineria nel 2014, Gela nel 2019, Livorno è in conversione con completamento previsto fra la fine del 2026 e l’inizio del 2027. Ogni annuncio è stato presentato come transizione ecologica e sul piano delle emissioni ha una sua logica difendibile. Sul piano della sicurezza degli approvvigionamenti, però, i numeri raccontano un’altra storia, perché le scale non sono paragonabili: Livorno, che sta completando il passaggio alla bioraffinazione, trattava quattro milioni di tonnellate di greggio l’anno e nessun impianto a scarti e oli vegetali lavora volumi simili. Un litro di gasolio idrogenato da scarti alimentari non è un litro di gasolio fossile in meno da importare: è un’altra filiera, con materie prime diverse, volumi diversi e limiti propri. La colonna di distillazione che smetti di far girare non torna.
Pasolini aveva coniato, per descrivere l’Italia che si trasformava sotto i suoi occhi, la formula dello «sviluppo senza progresso»: un Paese che si modernizza nelle forme e si impoverisce nella sostanza, perché il criterio della trasformazione non è il bene comune ma la convenienza di chi la guida.18 Non è un’analogia forzata. La dismissione della raffinazione italiana è stata razionale per ogni singolo azionista e distruttiva per l’interesse nazionale e nessuno, in vent’anni, si è preso la responsabilità politica di dire che quelle due razionalità non coincidevano.
Oggi restano poco più di dieci impianti attivi, di cui tre convertiti o in conversione alla bioraffinazione. È il patrimonio con cui l’Italia si presenta al mercato in cui, da alcune settimane, compra anche Saudi Aramco.
Il cambio di bandiera
Gli impianti sopravvissuti hanno cambiato proprietario, e la geografia di quei passaggi dice più di qualsiasi dichiarazione programmatica.
La ISAB di Priolo Gargallo, il complesso di raffinazione più grande del Paese, è passata in dieci anni dalla genovese Erg alla russa Lukoil, da questa al fondo cipriota G.O.I. Energy nel 2023, sotto la pressione delle sanzioni e con accordi decennali di fornitura e di ritiro affidati alla società di intermediazione Trafigura, e infine, nella primavera del 2026, a un gruppo italiano. È la vicenda più istruttiva dell’intero dossier e merita un capitolo a sé.
Sarroch, in Sardegna, è la seconda gamba del sistema: trecentomila barili al giorno, oltre un quinto dei carburanti italiani, in gran parte gasolio, cioè esattamente il prodotto di cui l’Europa non è autosufficiente. Era la Saras della famiglia Moratti; dal 2024 è di Vitol, il maggiore operatore mondiale indipendente nel commercio di petrolio. Augusta, centosettantamila barili al giorno, è della algerina Sonatrach, che l’ha rilevata nel 2018 da Esso Italia. Milazzo è per metà kuwaitiana, joint venture paritaria fra Eni e Kuwait Petroleum. Già nel febbraio 2024, facendo i conti con l’ingresso di Vitol in Saras, Il Sole 24 Ore osservava che circa metà della capacità di raffinazione italiana passava sotto controllo straniero.19
Poi è arrivato il passaggio più grande, e quasi nessuno se n’è accorto. Nel settembre 2025 la famiglia Brachetti Peretti ha firmato l’accordo vincolante per cedere il 99,82 per cento di Italiana Petroli, il gruppo Api, alla SOCAR, la compagnia petrolifera di Stato dell’Azerbaigian. Nel pacchetto, valutato attorno ai tre miliardi di euro, ci sono la raffineria di Falconara Marittima, quella di Trecate e oltre quattromilacinquecento stazioni di servizio a marchio IP. Il perfezionamento è arrivato nella primavera del 2026, dopo le autorizzazioni in materia di concorrenza, sovvenzioni estere e poteri speciali dello Stato. Non è più solo la raffinazione: è la rete capillare attraverso cui gli italiani fanno il pieno.
Sia chiaro cosa si sta dicendo e cosa no. Non c’è nulla di illegittimo in queste operazioni e nulla da eccepire sui compratori: un trader olandese, un fondo cipriota, una compagnia di Stato algerina e una azera hanno fatto quello che è nel loro mandato, cioè comprare beni che rendono. Il punto è l’altro lato del tavolo. Una raffineria per un operatore di mercato è un margine fra il costo del greggio e il valore dei prodotti e se quel margine si assottiglia la si spegne; per uno Stato è la differenza tra avere il petrolio e il carburante. Sono due criteri diversi e l’Italia ha lasciato che prevalesse il primo senza mai dichiarare di averlo scelto. La normativa sui poteri speciali è stata applicata come procedura di controllo su singole operazioni, non come strumento di una politica industriale: ha accompagnato i passaggi di proprietà, non li ha orientati.
È un mutamento reale dei rapporti di potere travestito da ordinaria amministrazione. La cessione dell’apparato di raffinazione italiano ne è un caso quasi scolastico. Nessun voto parlamentare ha mai stabilito che il Paese rinunciasse al controllo della propria capacità di trasformazione. È accaduto in quindici anni, un atto societario alla volta, e ogni singolo atto era legittimo.
Priolo, quattro proprietari in dieci anni
Se si vuole capire che cosa accade a un’infrastruttura strategica quando la si affida integralmente al mercato dei capitali conviene guardare da vicino Priolo Gargallo, provincia di Siracusa: le due raffinerie riunite sotto la sigla ISAB valgono circa un quinto della capacità di raffinazione nazionale, coprono una quota consistente della domanda elettrica siciliana, occupano attorno a mille persone in via diretta e ne sostengono diverse migliaia nell’indotto. Non è uno stabilimento, è un pezzo dell’ossatura del Paese.
La sequenza dei proprietari, in poco più di dieci anni, è questa: il gruppo genovese Erg esce dalla raffinazione, l’impianto passa alla russa Lukoil attraverso la controllata Litasco e nel 2023, quando le sanzioni rendono impossibile sia importare greggio russo che ottenere credito bancario per comprarne altrove, viene ceduto al fondo cipriota G.O.I. Energy. La cessione, secondo il Financial Times, fu agevolata dal gruppo di intermediazione Trafigura e da un investitore privato, e fu approvata dal governo italiano con l’esercizio dei poteri speciali; i dettagli delle condizioni imposte non sono stati resi pubblici. Lo Stato, in altre parole, ha scelto e autorizzato il compratore, e lo ha fatto in forza di un decreto legge concepito proprio per proteggere l’impianto durante l’uscita dei russi.
L’assetto era questo: la proprietà al fondo, il capitale circolante a Trafigura, che avrebbe fornito il greggio e ritirato i prodotti raffinati per dieci anni. Poi è arrivato il conto. Nel gennaio 2025 la società apre una procedura di composizione negoziata della crisi per gestire tensioni finanziarie; secondo il Financial Times l’azionista di controllo indiretto avrebbe cercato di usare quella procedura per rinegoziare o risolvere il contratto decennale con il trader, giudicato penalizzante per l’impianto, e l’esistenza di quel vincolo avrebbe ostacolato le trattative con possibili acquirenti. Nell’autunno 2025 emerge in sede giudiziaria che il prezzo di acquisto non sarebbe stato integralmente saldato al venditore russo, con un debito indicato fra i 150 e i 190 milioni di euro, e il tribunale apre alla possibilità di pignoramento delle quote. Nel febbraio 2026 la procedura di crisi si chiude con esito positivo; nella primavera il fondo firma la cessione a un gruppo italiano, con un’operazione articolata in due fasi, la prima relativa al 51 per cento. Il via libera dell’Autorità garante della concorrenza è arrivato; il vaglio dei poteri speciali, mentre scriviamo, è ancora davanti al governo, e i sindacati territoriali chiedono di essere coinvolti in quel passaggio.
Bilancio di dieci anni: quattro assetti proprietari, due procedure straordinarie, un contenzioso internazionale, perdite per centinaia di milioni nel 2023 e nel 2024 e un ritorno all’utile nel 2025 grazie a condizioni di mercato favorevoli. I lavoratori hanno attraversato l’intero percorso senza mai sapere chi fosse davvero il loro datore di lavoro l’anno successivo, e il sindacato, al primo tavolo con la nuova proprietà, ha dovuto porre come condizioni non negoziabili cose che in un Paese con una politica industriale sarebbero ovvie: salvaguardia dei livelli occupazionali, tutela dell’indotto, un cronoprogramma certo d’investimenti a partire dalla manutenzione di un impianto che tratta idrocarburi in un sito di interesse nazionale per le bonifiche.
David Harvey ha chiamato accumulazione per spoliazione quel meccanismo per cui il capitale, quando il profitto ordinario si comprime, torna a guadagnare non producendo di più ma appropriandosi di beni già esistenti, spesso pubblici o socialmente costruiti, e rimettendoli in circolo come attività finanziarie. La vicenda di Priolo non è la sua illustrazione perfetta, e sarebbe scorretto presentarla come tale: qui il rischio industriale c’è stato davvero e le perdite pure. Ma il nucleo del ragionamento tiene. Un impianto che vale un quinto della capacità nazionale è stato trattato per un decennio come una partecipazione da acquistare, da rifinanziare e da rivendere, mentre la sua funzione, per il Paese, era un’altra: garantire che ci fosse carburante. Quando il criterio finanziario e quello della sicurezza divergono, non è il primo a cedere.
Il ritorno dell’impianto sotto controllo italiano è una buona notizia e va detto. Ma è avvenuto per iniziativa di un gruppo privato al termine di una crisi, non per effetto di una strategia nazionale ed è ancora una volta lo Stato a doversi limitare a dire sì o no a un’operazione decisa da altri. Il golden power è solo un semaforo: regola il traffico, non decide dove si va.
Il fornitore diventa concorrente
L’Italia è un Paese che produce gasolio. Secondo i dati del ministero dell’Ambiente e della Sicurezza energetica relativi al 2025, il fabbisogno nazionale di gasolio si aggira sui 23,3 milioni di tonnellate e la produzione delle raffinerie italiane sfiora i 25 milioni: siamo esportatori netti, con circa 7,9 milioni di tonnellate vendute all’estero contro 5,2 importate. Chi racconta un Paese incapace di raffinare dice una cosa falsa.
E allora perché il prezzo alla pompa tocca il massimo storico proprio mentre a migliaia di chilometri saltano le stazioni di pompaggio saudite? Perché l’esposizione italiana non è fisica, è di posizione. Due numeri lo spiegano meglio di un saggio. Il 60 per cento del gasolio che importiamo proviene dall’area del Golfo, e il 47 per cento arriva dalla sola Arabia Saudita. Il nostro primo fornitore di gasolio è esattamente il soggetto che da alcune settimane presenta offerte d’acquisto nella finestra mediterranea dove si forma il nostro prezzo industriale. Non ha smesso di venderci: ha cominciato a comprare dove compriamo noi. Il fornitore è diventato concorrente, e ci è arrivato nel giro di un trimestre, senza che nessuno decidesse nulla.
Immanuel Wallerstein descriveva l’economia mondiale come un sistema unico articolato in centro, periferia e semiperiferia, dove la posizione di ciascuno non dipende dalla ricchezza assoluta ma dal punto che occupa nella divisione del lavoro e nella catena del valore.20 L’Italia energetica sta esattamente lì, nel mezzo: trasforma molto, decide poco, non controlla né la risorsa a monte né le regole di formazione del prezzo a valle. È una posizione che funziona benissimo quando il sistema è stabile e diventa una trappola nel momento in cui qualcuno, in Yemen o in Iraq, scopre che una stazione di pompaggio si buca con un drone.
L’accisa come anestetico
Lo Stato italiano f l’unica cosa che gli è rimasta da fare, e la fa in entrambe le direzioni nello stesso anno.
Il primo movimento è strutturale. Il decreto legislativo 43 del 2025 avvia il riavvicinamento graduale fra l’accisa sulla benzina e quella sul gasolio, e il decreto ministeriale del 14 maggio 2025 lo mette in pratica: un centesimo e mezzo in meno al litro sulla benzina, un centesimo e mezzo in più sul gasolio.21 Poi la legge di bilancio per il 2026 accelera bruscamente: dal primo gennaio le due aliquote sono parificate a 672,90 euro per mille litri, il che significa 4,05 centesimi in meno sulla benzina e 4,05 in più sul gasolio, senza gradualità, con la motivazione esplicita di superare un sussidio ambientalmente dannoso censito nel catalogo del ministero dell’Ambiente.22 La logica ambientale è comprensibile. L’effetto sociale, in un Paese dove il gasolio muove l’autotrasporto, l’agricoltura e la quota maggioritaria del parco veicoli, è una tassa che colpisce chi lavora. E c’è un precedente che nessuno ha chiarito: dopo il riequilibrio del maggio 2025 il rincaro sul gasolio si è trasferito ai prezzi quasi integralmente, mentre lo sconto sulla benzina, almeno sulla rete autostradale, si è visto in misura ridicola, tanto che un’associazione di consumatori ha depositato un esposto all’Antitrust.23 La partita di giro, sulla carta a somma zero, è diventata un aumento netto per il cittadino.
Il secondo movimento è d’emergenza, e va nella direzione opposta. Da quando il prezzo internazionale del gasolio ha cominciato a correre, il governo taglia la stessa accisa che ha appena aumentato: l’aliquota viene ridotta in via temporanea a 532,90 euro per mille litri, cioè quattordici centesimi al litro, più tre centesimi di minore imposta sul valore aggiunto, per uno sconto complessivo di diciassette centesimi.24 E lo fa per periodi brevissimi, rinnovati di decreto in decreto: dal 28 luglio al 6 agosto, dal 27 agosto al 5 settembre, poi fino al 10, poi fino al 17 con una copertura di circa 85 milioni di euro, poi con uno sconto dimezzato e infine ridotto a poco più di sei centesimi. Sedici proroghe, circa due miliardi di euro in sette mesi, e un prezzo che nel frattempo ha toccato comunque il massimo storico.
Messi in fila, i due movimenti raccontano meglio di qualunque analisi lo stato della politica energetica italiana. A gennaio lo Stato alza l’accisa sul gasolio di quattro centesimi per ragioni ambientali; da luglio la taglia di quattordici per ragioni sociali; a settembre torna a ridurre lo sconto perché non ci sono più coperture. È l’unica leva rimasta a un Paese che ha perso il controllo di tutto il resto della catena, e viene azionata avanti e indietro come il volante di un’automobile che ha i freni altrove. Ogni proroga dura una settimana o dieci giorni, esattamente la durata dell’attenzione mediatica che la accompagna.
Due miliardi sono una cifra seria. Sono circa quanto il Paese avrebbe speso per costituire una riserva strategica di prodotti finiti di dimensioni significative, o per finanziare la quota pubblica di un piano di ammodernamento della capacità di raffinazione residua. Sono stati spesi, invece, per ridurre di qualche centesimo e per qualche giorno un prezzo che si forma in una finestra di contrattazione privata nel Mediterraneo, dove nel frattempo è entrata a comprare Saudi Aramco. Un Paese senza controllo sulla catena può soltanto anestetizzare il dolore, mai curarlo.
Riprendersi la catena: i tre anelli
Mattei non aveva pozzi. Aveva capito che il potere non stava nel giacimento ma nella catena che porta il greggio dal sottosuolo al serbatoio e che quella catena si poteva costruire anche partendo da un Paese sconfitto e privo di risorse. A Tunisi, il 10 giugno 1960, nel giorno in cui firmava con il governo tunisino l’intesa per costruire una raffineria, spiegò che quelle intese nulla avevano a che vedere con «il modello obsoleto del capitalismo coloniale del XIX secolo», perché prevedevano compartecipazione finanziaria e cogestione fra Paesi produttori e Paesi consumatori, in condizioni di eguaglianza.25 Negli appunti preparati per quel viaggio, rimasti inutilizzati e conservati nell’archivio storico dell’Eni, la formulazione era ancora più tagliente: la condizione coloniale, annotava, esiste quando il gioco della domanda e dell’offerta di una materia prima vitale è «alterato da una potenza egemonica: anche privata, di monopolio o di oligopolio», e nel settore petrolifero quella potenza aveva un nome, il cartello.26 Sessantasei anni dopo, l’incontro fra domanda e offerta del nostro gasolio si decide in una finestra di contrattazione privata che l’Autorità garante della concorrenza definisce esposta a rischi di opacità. La definizione di Mattei non è invecchiata: si è solo spostata di soggetto.
Che cosa vuol dire, in concreto, riprendersi la catena nel 2026? Tre anelli, e per ciascuno una cosa che si può firmare.
La raffinazione. Dichiarare gli impianti infrastrutture strategiche a tutti gli effetti, sottoporne ogni passaggio di proprietà e ogni riconversione a un vaglio che non sia solo di legittimità ma di merito, e vincolare le conversioni a bioraffineria a un piano nazionale che stabilisca prima quanta capacità fossile il Paese deve conservare e per quanti anni. Non si tratta di fermare la transizione: il punto è smettere di affidarne il calendario ai margini industriali di operatori privati esteri. Sul fronte delle scorte l’architettura esiste già e va usata: il decreto legislativo 249 del 2012, che recepisce la direttiva europea sull’obbligo di mantenere una riserva minima, ha istituito l’Organismo centrale di stoccaggio italiano, le cui funzioni sono affidate ad Acquirente Unico sotto vigilanza ministeriale, e ha stabilito che le scorte specifiche siano di proprietà pubblica e conservate sul territorio nazionale.27 Il punto è la composizione: in una crisi come quella di questo settembre a mancare non è il barile, è il litro raffinato. Servono scorte di prodotti finiti, in quantità dichiarate e verificabili.
La logistica. Abbiamo i rigassificatori, il terminale di Trieste con l’oleodotto transalpino che rifornisce anche Austria, Germania e Repubblica Ceca, il gasdotto adriatico che porta in Puglia il gas del Caspio, le condutture dall’Algeria e dalla Libia. Quello che manca non è l’infrastruttura, è la regia: un soggetto pubblico che tratti direttamente con i produttori, come faceva l’Eni delle origini, invece di comprare da intermediari che lucrano sulla differenza. Il Piano Mattei del governo ha preso il nome; il metodo era un altro, e consisteva in contratti diretti, condizioni migliori per il Paese produttore e controllo italiano dell’infrastruttura di trasporto.
La rotta. Il 17 settembre, al forum Risorsa Mare della Spezia, il ministro della Difesa ha annunciato di avere deciso con il capo di Stato maggiore di attivare la Marina per garantire il transito delle navi di interesse nazionale attraverso Bab el-Mandeb, aggiungendo di non voler aspettare che sia la missione europea Aspides a stabilire se le navi possano passare. L’Italia è il primo contributore navale di quella missione, e questo rende la frase più interessante di quanto sembri: non è un atto di forza verso lo Yemen, è la constatazione che la cornice europea non decide. Una scorta, però, è una toppa. Una rotta si tiene aperta prima di tutto con la diplomazia: con l’Egitto, che vive di Suez ed è il primo interessato alla riapertura del traffico, con i Paesi rivieraschi del Mar Rosso e del Golfo, e con chi controlla militarmente la costa yemenita, perché la storia dei passaggi obbligati insegna che si negoziano prima di essere scortati. È la lezione mediterranea di Moro, che cercò nel dialogo con il mondo arabo una posizione autonoma per l’Italia, e di Craxi, che a Sigonella dimostrò che rivendicare la giurisdizione nazionale di fronte all’alleato non significa uscire dall’alleanza.
Chi esegue e chi decide
I fatti di questi giorni, non le opinioni, dicono dove siamo. Dal 31 luglio 2026 l’Italia guida la missione di sorveglianza aerea della NATO nei cieli baltici, con quattro Eurofighter e un centinaio di uomini a Šiauliai: primo decollo su allarme il 3 agosto, drone non identificato abbattuto il 15 settembre dopo essere entrato dalla Bielorussia. Il 17 settembre la Marina viene attivata per Bab el-Mandeb. Sul fronte finanziario, il Paese ha chiesto accesso ai prestiti europei del programma per l’industria della difesa, con una dotazione indicativa di 14,9 miliardi notificata dalla Commissione, da restituire in quarantacinque anni. Alla pompa, il gasolio sta a 2,25 euro al litro.
È un profilo riconoscibile: un Paese che presidia i cieli di altri, scorta le proprie navi in un mare che non controlla, s’indebita per armamenti decisi altrove e resta fuori dai tavoli dove si tratta di ciò che paga. Ma questo profilo non è un destino, è una serie di scelte, e chi lo definisce inevitabile sta spacciando per realismo una scelta. L’Italia una politica estera l’ha avuta, quando ha deciso di averla, e non l’ha mai avuta contro l’America: l’ha avuta accanto all’America, con la schiena dritta.
Un governo che volesse cominciare a riprendersi la catena non avrebbe bisogno di una legge di bilancio. Avrebbe bisogno di tre firme. Un provvedimento che dichiari le raffinerie infrastrutture strategiche e subordini conversioni e cessioni a un piano nazionale della raffinazione. Una richiesta formale, a Bruxelles e a Washington, perché l’Italia sieda al tavolo in cui si discute dell’energia che arriva nelle case degli italiani. Una convocazione dei Paesi rivieraschi del Mediterraneo e del Mar Rosso, con l’Egitto in testa, per una rotta negoziata invece che soltanto pattugliata.
Nessuna delle tre costa un euro. Costano una cosa sola, ed è la sola che in questi anni è mancata: decidere di essere un Paese.
Perché la fila in cui si è messa Aramco dice esattamente questo. Chi controlla la trasformazione e il trasporto detta le condizioni a chi possiede la materia prima, e non il contrario. Il regno che ha il più grande giacimento del mondo lo ha imparato in una settimana, con tre stazioni di pompaggio in fiamme. Noi abbiamo avuto quindici anni per impararlo e abbiamo usato quel tempo per vendere gli impianti, chiamare transizione le chiusure e ridurre le accise di sei centesimi.
La guerra è il prodotto. Il caos è la materia prima. E la sovranità, quando non la si difende, è la merce.

 

L'articolo Raffinerie, l’Italia decida di essere un Paese proviene da Casa del Sole TV.

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Au Kosovo, la « sale guerre » de l'UCK

Douze ans après le conflit qui devait conduire la province serbe à majorité albanaise sur la voie de l'indépendance, enquêtes et témoignages révèlent l'ampleur des exactions commises par des membres de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Les victimes se comptent aussi bien parmi les civils serbes que dans les rangs des rivaux politiques de l'UCK.

Le 27 octobre 1999, plusieurs mois après l'entrée des troupes de la Force de maintien de la paix au Kosovo (KFOR), la mission de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) dans ce territoire placé depuis juin sous administration provisoire des Nations unies, M. Budimir Baljosevic, un enseignant de 50 ans, a tenté, en compagnie de quatre amis, de s'enfuir du « ghetto » où étaient parqués les Serbes d'Orahovac/Rahovec (1). Un Rom de la ville, M. Agron N., s'était proposé de les conduire à Rozaje, au Monténégro, contre 1 200 marks allemands (600 euros) par personne. N. avait de bons arguments pour justifier une somme aussi élevée : il travaillait auprès du Corps de protection du Kosovo (TMK), la structure supervisée par l'OTAN pour assurer la « réinsertion sociale » des anciens guérilleros de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). N. avait déjà réussi quatre exfiltrations de Serbes d'Orahovac. Ce maçon construisait la nouvelle base du TMK dans la ville voisine de Djakovica/Gjakovë, et c'est justement là que se perd la trace des cinq Serbes.

« Je me suis arrêté pour chercher mon beau-frère, qui devait partir en convoi avec nous. J'avais laissé les Serbes dans la voiture. Quand je suis sorti de la maison de mon beau-frère, on m'a crié de me cacher, et des inconnus ont enlevé les Serbes, dont on n'a plus jamais eu de nouvelles », explique N., qui a lui-même préféré s'exiler durant plusieurs mois à Novi Pazar, en Serbie, « par sécurité ». Le frère de M. Baljosevic a tenté à maintes reprises d'obtenir des renseignements sur les disparus, sans succès. « Des militaires italiens de la KFOR sont venus me voir, ainsi que des policiers des Nations unies, mais je n'ai jamais eu de nouvelles. »

Le sort de ces disparus est tragiquement banal. M. Negovan Mavric tient un petit café à Velika Hoca, une enclave serbe située à quelques kilomètres d'Orahovac/Rahovec, et dirige la branche locale de l'Association des familles de personnes disparues. Il présente la liste des morts et disparus de la commune : les restes des dix-neuf Serbes enlevés en 1998 et 1999 ont été retrouvés, mais soixante-quatre autres personnes sont toujours manquantes, cinquante-cinq Serbes et neuf Roms. Le premier meurtre d'un civil serbe remonte au 12 mai 1998, quand ont commencé les affrontements entre la police serbe et la guérilla de l'UCK pour le contrôle de la petite région d'Orahovac, où vivaient alors de nombreux Serbes. Le dernier enlèvement a eu lieu le 28 juillet 2000, plus d'un an après l'établissement du protectorat international (lire « Des conclusions explosives »).

Les coteaux qui entourent Velika Hoca sont recouverts de vignes. Le paysage est clos par des sommets impressionnants qui marquent les frontières du Kosovo et de l'Albanie : le massif du Shar, celui de Pashtrik, les montagnes du Has et, plus au nord, vers le Monténégro, la Prokletijë, les « Cimes maudites ». Autrefois, Albanais et Serbes cohabitaient sans heurts dans la commune d'Orahovac/Rahovec, dont dépend le village. Depuis juin 1999, la présence serbe dans la région se réduit aux sept cents habitants de Velika Hoca et à trois cents autres terrés dans le ghetto de la ville haute d'Orahovac. Ils étaient près de dix mille jusqu'en 1999. Les Serbes ont été chassés des villages mixtes de Zociste, Opterusa ou Retimlije.

La majorité des « disparus » d'Orahovac ont été enlevés dès juillet 1998, quand l'UCK a brièvement investi la ville. Un groupe important de civils serbes du village de Retimlje a été conduit dans une base de cette organisation située dans le village voisin de Semetiste. Les femmes ont été libérées quatre jours plus tard par l'intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge, tandis que les hommes, dont un adolescent de 16 ans, n'ont jamais été revus vivants. Certains corps ont été identifiés parmi les restes, découverts en avril 2005, de vingt et une personnes jetées dans une fosse commune située dans le village de Volujak/Valljakë, près de Klina, à plusieurs dizaines de kilomètres de là.

Mme Olgica Bozanic, originaire d'Orahovac, réfugiée à Belgrade, milite au sein de l'Association des familles de personnes disparues. Elle a perdu ses deux frères, des oncles et des cousins, en tout près de dix parents. Elle affirme avoir eu des nouvelles de l'un d'eux par l'intermédiaire d'anciens voisins albanais, eux-mêmes détenus durant plusieurs mois par la guérilla pour collaboration supposée avec le régime serbe. Selon le témoignage de ces derniers, des Serbes de la région d'Orahovac auraient d'abord été détenus près de la principale base de l'UCK dans la région, dans le village de Drenovac/ Drenovcë. Après la fin de la guerre, ils auraient été transférés à Deva, un village des montagnes du Has jouxtant la frontière albanaise. Il semble que l'UCK y ait investi et transformé en centre de détention un ancien poste militaire après le retrait de l'armée yougoslave, en juin 1999. Les survivants d'Orahovac auraient ensuite été conduits à Kukës, en Albanie, puis à Durrës, sur la côte, où ces témoins albanais les auraient vus vivants, dans une prison de l'UCK, en 2001.

Toutefois, on peut supposer que la grande majorité des Serbes enlevés avant la fin de la guerre ont été assassinés à l'intérieur des frontières du Kosovo. En revanche, la piste de ceux qui ont été enlevés après le déploiement des troupes de l'OTAN se perd, même si l'hypothèse de déportations vers l'Albanie est avancée depuis longtemps. A l'automne 1999, M. Sefko Alomerovic, président du Comité Helsinki du Sandjak de Novi Pazar — une structure régionale indépendante du Comité Helsinki de Serbie —, avait longuement enquêté à ce sujet. Son rapport est aujourd'hui introuvable, et M. Alomerovic est décédé en 2003. Dans les entretiens qu'il avait accordés en 2000, il affirmait avoir pu visiter cinq centres de détention situés à l'intérieur du Kosovo. Il s'agissait de petites structures, souvent des garages ou des bâtiments industriels à la périphérie des villes, abritant de dix à cinquante détenus. L'ensemble de ce réseau de camps aurait été dirigé par un certain commandant Mala, de son vrai nom Alush Agushi, un proche de M. Ramush Haradinaj (2). Des familles de disparus auraient essayé de « racheter » leurs parents ; cependant, malgré des sommes d'argent importantes effectivement versées à des intermédiaires, aucune libération n'est jamais intervenue. De même, certains Serbes auraient été retenus en vue d'un échange contre des prisonniers albanais détenus en Serbie — dont le nombre était encore évalué à huit cents à la fin de l'année 2000.

Là encore, il est impossible de confirmer le moindre échange. Selon certaines sources, beaucoup de détenus serbes auraient été exécutés en 2001, quand Belgrade a adopté une loi d'amnistie et libéré les Albanais suspectés d'avoir appartenu à l'UCK. Certains centres de détention situés au Kosovo auraient servi de « camps d'étape » avant un transfert des prisonniers vers l'Albanie. M. Alomerovic avait, le premier, évoqué un trafic d'organes, en supposant l'implication de réseaux criminels internationaux qui auraient acheté les organes fournis par les séides de l'UCK.

Le long isolement des premiers investigateurs

Aucune enquête n'a fait suite aux révélations de M. Alomerovic, qui ont été rejetées par les organisations internationales présentes au Kosovo, notamment par la Mission des Nations unies (Minuk), alors dirigée par M. Bernard Kouchner. M. Alomerovic, militant connu de la défense des droits humains et opposant de longue date au régime de Milosevic, parlait d'un véritable « mur du silence » (3), la KFOR ayant, contre l'évidence, démenti l'existence du moindre centre de détention au Kosovo… Dans ses Mémoires, Mme Carla Del Ponte, ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY), évoque elle aussi ce mur du silence auquel elle s'est heurtée quand elle a voulu enquêter sur les disparitions de civils serbes et sur l'hypothèse d'un trafic d'organes (4).

Comme le souligne M. Dick Marty dans les nombreuses interviews qu'il a données depuis la publication du rapport dont il a été chargé par le Conseil de l'Europe (lire« Des conclusions explosives »), « tout le monde au Kosovo » était pourtant au courant des disparitions de civils serbes, mais aussi de la détention, durant la guerre, de nombreux « collaborateurs » albanais supposés du régime serbe. Un quotidien de Pristina, Bota Sot, n'a cessé, depuis 1999, de dénoncer les éliminations physiques de sympathisants de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), la formation de feu Ibrahim Rugova, durant et après la guerre. Bajrush Morina, son rédacteur en chef, résume la situation : « Depuis 1999, trois mille personnes ont été abattues au Kosovo, et seuls six cents de ces meurtres ont été élucidés. On a beaucoup parlé de vengeances familiales, mais, dans la grande majorité des cas, il s'agissait de meurtres politiques. » Le journal a lui-même payé son tribut de sang : deux de ses journalistes ont été abattus, et M. Morina a longtemps dû se déplacer sous la protection de gardes armés fournis par une compagnie privée de sécurité. Les informations publiées par le journal ont pourtant toujours été frappées de suspicion, en raison des liens que Bota Sot entretient avec la LDK.

Ce journal a aussi régulièrement évoqué l'existence de centres de détention au Kosovo et en Albanie, où étaient emprisonnés des Albanais accusés de « collaboration ». Le 28 février 2011 s'est ouvert devant le tribunal de Mitrovica le procès de deux anciens commandants de l'UCK, MM. Sabit Geci et Riza Alijaj, accusés d'avoir commis des crimes graves dans le camp de Cahan, situé dans les montagnes du nord de l'Albanie, à quelques kilomètres des frontières du Kosovo.

Petit village de montagne, Cahan a servi durant la guerre de centre logistique à l'UCK et de base arrière pour les volontaires qui partaient se battre au Kosovo. M. Bedri Cahani, l'homme fort du lieu, reconnaît volontiers que les habitants de Cahan se livraient à la contrebande de cigarettes avec le Kosovo et qu'il a été recruté dès l'automne 1997 par la guérilla, notamment pour faire passer, de nuit, les combattants par la montagne. L'UCK utilisait comme base une ancienne caserne de l'armée albanaise, abandonnée en 1992, dont les bâtiments se dressent toujours à l'entrée du village. Pour rejoindre Cahan depuis la bourgade de Kruma, il faut suivre sur près de dix kilomètres une mauvaise piste de montagne. L'endroit est discret, et l'ancienne caserne a aussi abrité un centre de détention, évoqué par M. Marty.

M. Z. Z. a séjourné deux mois et demi dans « l'enfer » de Cahan, et il sera l'un des principaux témoins protégés du procès de MM. Geci et Alijaj. Il évoque des mauvais traitements systématiques et des actes graves de torture. Certains détenus étaient forcés à avoir entre eux des relations sexuelles, d'autres ont subi des simulacres d'exécution. « Je suis probablement le prisonnier resté le plus longtemps à Cahan, et je n'ai rencontré que des détenus albanais », assure-t-il cependant. M. Z. Z. précise y avoir vu passer les chefs les plus importants de l'UCK, notamment M. Hashim Thaçi, l'actuel premier ministre du Kosovo.

Toutes les personnes détenues à Cahan durant les mois de guerre du printemps 1999 auraient été, comme M. Z. Z., des cadres de la LDK, généralement arrêtés dans les villes de Kukës et de Kruma, où se pressaient les réfugiés chassés du Kosovo par les forces serbes. Certains étaient engagés dans les Forces armées de la République de Kosovo (FARK), le mouvement de guérilla concurrent de l'UCK créé, sans grand succès sur le terrain, par les partisans d'Ibrahim Rugova.

Dans son rapport, M. Marty pointe la responsabilité particulière d'une faction interne au sein de l'UCK, qu'il nomme « groupe de la Drenica », citant les noms de MM. Hashim Thaçi, Azem Syla, Xhevat Haliti, Kadri Veseli, Fatmir Limaj, Sabit Geci ou Riza Alijaj. Ces anciens commandants de la guérilla sont effectivement originaires de la Drenica, mais ils ont un autre point commun : ils appartenaient tous au Mouvement populaire du Kosovo (LPK), un groupe clandestin d'inspiration marxiste-léniniste « envériste », c'est-à-dire favorable au régime stalinien albanais d'Enver Hodja.

Ce mouvement, né dans la diaspora albanaise de Suisse, disposait d'un assez large réseau de militants clandestins au Kosovo. C'est également le LPK qui prit l'initiative, en 1996, de créer l'UCK, fédérant les quelques groupes de francs-tireurs qui opéraient déjà dans le pays, principalement dans la région de la Drenica. Le plus célèbre de ces francs-tireurs, le « commandant légendaire » Adem Jashari, objet d'une véritable dévotion au Kosovo, a été tué par la police serbe le 6 mars 1999. Son cousin, M. Gani Geci, autre franc-tireur de la première heure, est resté en vie, échappant de peu à un attentat en 2001. Il n'a jamais rejoint le Parti démocratique du Kosovo (PDK), héritier direct du LPK. Issu de la famille des bajraktar — les « chevaliers de village » de l'Empire ottoman — du village de Llausha, au cœur de la Drenica, il a toujours milité dans les rangs de la LDK, puis d'une petite scission de ce parti, dont il fut député au Parlement du Kosovo lors de la précédente mandature.

« Nous étions fidèles à Ibrahim Rugova, nous n'avions jamais entendu parler du LPK, ni d'ailleurs des FARK : pour nous, le sigle UCK fédérait tous les combattants. Quand les gens du LPK sont venus de Suisse, nous les avons accueillis. Ils avaient de l'argent, promettaient des armes, mais nous avons vite compris que seul le pouvoir les intéressait. » M. Geci réfléchit un instant, dans le somptueux oda, la pièce de réception traditionnelle de son immense demeure reconstruite après la guerre, avant de lancer : « De toute façon, ils n'ont jamais combattu les Serbes. Pour cela, ils comptaient sur l'OTAN. Ils se sont uniquement battus contre d'autres Albanais pour établir leur pouvoir absolu et, depuis la fin de la guerre, ils ont mis le Kosovo en coupe réglée. »

Ces assertions sont largement confirmées par un rapport de l'OTAN datant de 2003 et récemment déclassifié, qui désigne M. Haliti comme le « parrain » du Kosovo, contrôlant l'essentiel des activités illégales, de la contrebande au trafic de drogue et à la prostitution. Cadre majeur du LPK, il était aussi notoirement connu comme un agent de la Sigurimi, les services secrets de l'Albanie stalinienne. Il est l'un des principaux chefs du « groupe de la Drenica » qui, en réalité, est identifiable aux structures dirigeantes du LPK et de l'actuel PDK.

Pour parvenir à ses fins, le PDK pouvait compter sur un puissant instrument : le Shërbimi informativ i Kosovës (SHIK), un service de renseignement dirigé par MM. Veseli et Syla. A la fin de 2009, le Kosovo a été secoué par les révélations d'un ancien agent du SHIK, M. Nazim Bllaca, qui a publiquement reconnu le meurtre d'un collaborateur albanais de la police serbe. Placé en résidence surveillée dans l'attente de son procès, M. Bllaca peut à nouveau s'exprimer dans la presse. Dans une interview accordée en janvier 2011 au quotidien Koha Ditore, il affirme que le SHIK a abattu « six cents personnes dans les mois qui ont suivi l'instauration du protectorat international, un millier en une année ».

Les langues commencent à se délier au Kosovo, du moins sur les violences commises par l'UCK contre des Albanais accusés de collaboration ou défendant une autre option politique que celle de la guérilla. En revanche, nul ne veut encore parler du sort des Serbes disparus. M. Z. Z. explique ainsi qu'à la fin de la guerre, il a été transféré du camp de Cahan vers la ville de Prizren, au Kosovo. « Je suis resté détenu plusieurs jours dans la cave d'une maison, en compagnie de sept Serbes âgés et d'un Rom. Nous étions deux prisonniers albanais du camp de Cahan, et nos geôliers nous forçaient à frapper les vieux Serbes. J'ai finalement été libéré par les soldats allemands de la KFOR, mais les Serbes avaient précédemment été emmenés vers une destination que j'ignore. »

Nous n'avons pu trouver confirmation du fait que le camp de Cahan a aussi accueilli, après la fin de la guerre, des prisonniers serbes qui auraient été destinés à alimenter un trafic d'organes. En revanche, quand Cahan abritait un centre de torture destiné aux « dissidents » de l'UCK, au printemps 1999, cette base de la guérilla était régulièrement fréquentée par les hommes des unités spéciales de l'armée américaine (5).

Voir en ligne : /2011/03/DERENS/20228

(1) La première forme est celle du nom serbe de la ville, la seconde, celle de son nom albanais.

(2) M. Haradinaj, ancien commandant de l'UCK dans l'ouest du Kosovo, a été premier ministre du Kosovo de décembre 2004 à mars 2005. Dirigeant toujours sa formation, l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK), il est actuellement détenu à la prison internationale de Scheveningen (Pays-Bas), en attente de son procès en appel devant le TPIY. En première instance, il avait été acquitté, plusieurs témoins à charge ayant été assassinés ou s'étant rétractés à l'audience.

(3) Cf. Vanja Mekterovic et Vladimir Radomirovic, « Kosovo : l'archipel des camps de l'UCK », 17 avril 2000.

(4) Carla Del Ponte, La Traque, les criminels de guerre et moi, Héloïse d'Ormesson, Paris, 2009.

(5) Ce que confirme notamment le témoignage d'un médecin australien : Craig Jurisevic, Blood on my Hands : A Surgeon at War, Wild Dingo Press, Melbourne, 2010.

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Du Kosovo à la Crimée

Vingt ans après, la guerre du Kosovo continue de susciter des polémiques entre les grandes puissances, notamment la Russie et les États-Unis. Moscou invoque régulièrement l'intervention de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) au printemps 1999 pour justifier les siennes, par exemple en Géorgie ou en Crimée. Dans un discours devant le Parlement, le 18 mars 2014, le président Vladimir Poutine affirmait ainsi : « Les autorités de Crimée se sont référées au précédent bien connu du Kosovo, un précédent que nos collègues occidentaux ont eux-mêmes créé dans une situation très semblable, quand ils ont convenu que la séparation unilatérale du Kosovo d'avec la Serbie — exactement ce que la Crimée est en train de faire en ce moment — était légitime et n'avait pas besoin d'une quelconque autorisation des autorités centrales du pays. »

Ce parallèle a fait l'objet d'une réfutation en règle par M. Barack Obama lui-même. Le président américain a justifié l'intervention de l'OTAN, qui n'a eu lieu « qu'après les violences et les meurtres systématiques subis par les populations du Kosovo. Le Kosovo n'a quitté la Serbie qu'au terme d'un référendum conforme au droit international, et dans le cadre d'une coopération scrupuleuse avec les Nations unies et les pays voisins du Kosovo » (Bruxelles, 26 mars 2014).

Cet échange pourrait susciter des débats juridiques sans fin, dans la mesure où le droit international consacre deux principes qui peuvent entrer en contradiction : l'intégrité des États et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est pourquoi les déclarations d'indépendance formulées par certaines composantes d'un pays (région, province), comme celle de la Catalogne en octobre 2017, suscitent des batailles judiciaires, mais aussi politiques : il s'agit d'obtenir que l'indépendance soit reconnue par un nombre d'États suffisamment important, en qualité et en quantité, pour rendre effectif le changement de statut du territoire concerné. C'est le problème rencontré aujourd'hui encore par le Kosovo, qui n'est pas reconnu par tous les membres de l'Union européenne.

Le statut des États étant la pierre angulaire de l'ordre international, les mouvements autonomistes font toujours l'objet d'une attention particulière de la part de leurs pays voisins et des instances internationales, compte tenu de leur potentiel perturbateur (tensions diplomatiques, conflit armé). Les référendums d'autodétermination, lorsqu'ils font suite à des interventions militaires extérieures, ne suffisent pas à lever les doutes sur la légitimité d'une partition. En outre, les conséquences des déclarations d'indépendance, dont le statut n'est pas réglé par le droit international, peuvent se révéler très graves. La reconnaissance unilatérale de l'indépendance de la Croatie et de la Slovénie par l'Allemagne, en décembre 1991, avait ainsi entraîné une réaction en chaîne meurtrière, contribuant au démantèlement désordonné de la Yougoslavie. Sans aller jusqu'à ce cas extrême, les pays membres des Nations unies seraient sans doute avisés de se concerter sur les grandes règles qui doivent gouverner les relations internationales en tenant compte de l'expérience acquise depuis 1990.

Sans cette concertation et la clarification des principes, le débat demeurera le simple jouet des rapports de forces et des appréciations plus ou moins subjectives des uns et des autres, comme l'illustre cette déclaration du ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov : « On nous répète sans cesse que “le Kosovo, c'était un cas à part, car des milliers de personnes ont péri là-bas”. Faut-il en conclure que, pour que les habitants de la Crimée obtiennent la reconnaissance de leur droit imprescriptible, il faut que coule autant de sang en Crimée qu'au Kosovo ? Pardonnez-moi, ce sont des parallèles et des analogies parfaitement impropres (1). » De son côté, M. Obama, qui s'était opposé en 2003, alors qu'il était sénateur, à l'agression américaine contre l'Irak, dont l'illégalité ne faisait aucun doute, estime finalement que les États-Unis ont « cherché à travailler dans le cadre du système international » (Bruxelles, 26 mars 2014). Ce qui est vrai, mais… après la guerre. La référence récurrente à l'intervention au Kosovo confirme qu'elle a fracturé un élément essentiel de l'ordre international : la confiance autour du tapis vert des négociations.

Voir en ligne : /2018/02/ROBERT/58363

(1) Le Courrier de Russie, Moscou, 16 avril 2014.

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Pakistan’s Saudi Commitment Must Not Become a Gateway to War

Pakistan should honor its defense commitments to Saudi Arabia through strictly defensive cooperation and protection of maritime commerce, while avoiding offensive military action against the Houthis that could drag Islamabad into a wider Middle Eastern conflict, alienate Iran, and deepen its domestic and strategic vulnerabilities. The Makkah Joint Defense Agreement between Turkey, Pakistan, and Saudi […]
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EBRD supports Alatau Zharyk’s grid modernization programme

The European Bank for Reconstruction and Development (EBRD) will provide a long-term loan of up to 102 billion tenge (US$224.2 million) to Alatau Zharyk Company (AZhC) to modernize its electricity distribution infrastructure and expand digitalization, writes Dana Omirgazy.

The financing will help AZhC, a regional electricity distribution company supplying around 4 million people and around 50,000 commercial consumers in Almaty and the region, procure automated metering and telemechanic equipment and upgrade its low- and medium-voltage electricity transmission and distribution infrastructure, the bank’s press service reported on Sept. 7.  The project is part of Kazakhstan’s National Project for the Modernization of Energy and Utility Sectors (MEKS), a government-led program to modernize heat, electricity, water supply and sewerage networks and facilities.

The EBRD-supported investment will further digitize AZhC by installing smart meters at substations and piloting smart grid technologies. It will also strengthen the company’s cybersecurity and support related efforts at Samruk-Energy, AZhC’s parent company. The modernization is expected to generate annual electricity savings of approximately 22 gigawatt-hours (GWh) and reduce annual CO2 emissions by around 12,000 tons. It is also expected to support renewable energy growth in the Almaty Region.

As part of the five-year enhanced partnership framework between Kazakhstan and the EBRD, the project will also support Alatau city’s development by reconstructing the Zhetygen electricity substation and an associated 110-kilovolt (kV) transmission line. The EBRD has invested almost $13.6 billion in Kazakhstan through 358 projects, making the country the largest and longest-running recipient of EBRD investment in Central Asia.

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The Makkah alliance faces its first test: Will Pakistan fight for Saudi Arabia?

“What stands in the way becomes the way,” Marcus Aurelius writes in Meditations. Nearly two millennia later, the idea captures Pakistan’s strategic dilemma with remarkable precision. Islamabad must convince Saudi Arabia that its defence commitment carries real weight without being drawn into another Middle Eastern war or rupturing its relationship with Tehran. That obstacle may itself have become Pakistan’s most useful instrument: strategic ambiguity, writes Dimitra Staikou.

On 10 September 2026, following Houthi attacks against Saudi targets, Pakistani Foreign Ministry spokesman Sajjad Haider Khan said there was no discussion of an immediate military response under the new defence agreement. Yet only a day earlier, Defence Minister Khawaja Asif had warned that continued aggression against Saudi Arabia could make the pact operational.

The contradiction may be more calculated than accidental. On 13 September, Prime Minister Shehbaz Sharif expressed Pakistan’s complete solidarity with Mohammed bin Salman. Two days later, fresh missile and drone attacks against Saudi targets brought the question of collective defence closer to reality. Pakistan is trying to reassure Riyadh that it will not stand alone while avoiding any clear definition of when political solidarity becomes military involvement. At the same time, Islamabad is keeping channels with Tehran open and leaving Saudi Arabia’s adversaries uncertain about where Pakistan’s real red line lies. But September’s events suggest that the space for such ambiguity is narrowing. The central question is no longer whether Pakistan and Saudi Arabia are security partners, but how far Islamabad is actually prepared to go when deterrence is tested.

That question has become more urgent because the relationship has changed institutionally. On 7 August 2026, Saudi Arabia, Pakistan and Türkiye signed the Makkah Joint Defence Agreement, declaring that an armed attack against any one of the three would be regarded as an attack against all. On 31 August, their foreign and defence ministers and military chiefs met in Istanbul to begin institutionalising the arrangement, agreeing to establish a permanent secretariat in Saudi Arabia and deepen joint defence-industry cooperation, technology development and production. This is therefore more than another declaration of political solidarity. The Makkah Alliance is beginning to acquire the machinery designed to make collective deterrence credible.

The military relationship between Pakistan and Saudi Arabia itself stretches back decades. Pakistani officers have trained Saudi forces, Pakistani troops have periodically been deployed in the Kingdom, and Riyadh has reciprocated with economic and political support. Yet the most important episode for understanding the limits of this relationship came in 2015. When Saudi Arabia assembled its coalition for the intervention in Yemen, Riyadh sought Pakistani military support. On 10 April, Pakistan’s parliament unanimously backed neutrality, effectively rejecting direct participation while pledging to defend Saudi Arabia if its territorial integrity were threatened. The distinction was crucial: Islamabad was prepared to defend the Kingdom, but not automatically to participate in its wars. In 2026, that very red line is being tested.

The Riyadh-Islamabad rapprochement does not mean that Saudi Arabia is abandoning the United States. It does, however, demonstrate that the Kingdom no longer wants its security to depend exclusively on Washington. The limited US response following the attacks on the Abqaiq and Khurais oil facilities in 2019, followed by Washington’s 2021 decision to end support for offensive operations in Yemen, had already exposed the limits of American protection. That uncertainty resurfaced this September. Mohammed bin Salman sought military assistance from Donald Trump against the Houthis, but the US president declined to authorise direct American strikes, with Washington instead offering intelligence-sharing and targeting support. On 12 September, Trump said Iran was probably responsible for the attack on Saudi Arabia’s East-West Pipeline and described Mohammed bin Salman as a “good friend”. The United States remains an indispensable Saudi partner, but not always a willing combatant. Pakistan gains importance in precisely this space: not as a replacement for America, but as an additional regional pillar of Saudi security.

If the American position explains why Riyadh is seeking more strategic options, China points towards the direction in which the wider security system may be moving. Beijing is one of Islamabad’s most important strategic and military partners, while simultaneously developing an increasingly close relationship with Saudi Arabia. In April 2026, Xi Jinping told Mohammed bin Salman that China wanted to deepen “mutual strategic trust” with the Kingdom. On 2 September, Xi argued that regional states should work towards “a new security architecture for the Middle East” and hold their future in their own hands. His remarks were not about the Makkah Agreement and should not be interpreted as Chinese endorsement of it. They do, however, reflect a broader shift: a Riyadh seeking greater strategic autonomy, an Islamabad deeply connected to Beijing, and a China seeking a greater role in shaping the regional order. The issue is not a secret trilateral alliance, but the potential convergence of Saudi capital, Pakistani military power and Chinese technological and strategic support.

There is also an unavoidable nuclear dimension. Pakistan is a nuclear-armed state outside the Nuclear Non-Proliferation Treaty; Saudi Arabia is not a nuclear weapons state. Nothing publicly released about the Makkah Agreement establishes a Pakistani nuclear guarantee to Riyadh, and there is no evidence that Islamabad intends to deploy nuclear weapons on Saudi territory. Yet that absence of clarity is itself strategically significant. Pakistan’s nuclear capability sits behind a collective-defence commitment whose public language does not specify where conventional deterrence ends and strategic deterrence begins. For Iran, Israel, Washington and European capitals, the question is therefore not whether Saudi Arabia has suddenly acquired a Pakistani nuclear umbrella — it has not — but whether potential adversaries may now have to calculate against that possibility in an extreme crisis. Deterrence often depends as much on uncertainty as on declared doctrine.

For Europe, this shift is anything but distant. On 9 September, France expressed full solidarity with Riyadh following the Houthi attacks. In Berlin, Foreign Minister Johann Wadephul assured his Saudi counterpart Faisal bin Farhan of Germany’s solidarity, while on 11 September the German Foreign Office warned that growing Houthi pressure around Bab al-Mandab could restrict oil and LNG supplies, with consequences for global markets. In Brussels, Kaja Kallas had already put “freedom of navigation” in the Red Sea on the European agenda, asking publicly what more Europe could do. These concerns are tangible: energy security, maritime trade routes and regional stability are becoming intertwined in the same crisis. The attacks of 15 September have made the danger even clearer, with renewed strikes against Saudi targets adding to pressure on energy markets and further threatening the routes connecting the Gulf, the Red Sea and Europe.

There is another reason Europe cannot treat the Makkah Alliance as a distant development: Türkiye. Ankara is simultaneously a party to the new collective-defence architecture and a member of NATO. That does not mean the Makkah Agreement automatically engages NATO obligations, nor that the two systems are inherently incompatible. But it does create questions that European allies should address before, rather than during, a major crisis. What happens if Türkiye is asked to participate in collective action under the Makkah Agreement? How would Ankara manage parallel commitments if escalation involved Iran or another regional actor? And how much strategic consultation should occur within NATO before such a scenario materialises?

Brussels cannot afford to wait for the agreement to be activated for the first time before deciding how to respond. Europe needs deeper dialogue with Riyadh and Islamabad on non-proliferation and missile technologies, stronger protection for navigation in the Red Sea and a clear discussion within NATO about Ankara’s new defence commitments. It does not need to treat the emerging security architecture as hostile. But it does need to understand what happens when that architecture moves from declarations to action.

The real test of the Makkah Alliance will come when Riyadh asks Islamabad to demonstrate what it means for an attack on one to be treated as an attack on all. At that moment, the strategic ambiguity that today gives Pakistan room to manoeuvre may become the problem itself. And the question — whether Pakistan is genuinely prepared to fight for Saudi Arabia — will no longer concern Riyadh and Islamabad alone. The answer could reshape the security balance from the Persian Gulf and the Red Sea all the way to Europe.

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Alatau city targets role as new regional economic hub

Kazakhstan is developing Alatau City near Almaty as a new regional centre for manufacturing, logistics, technology and finance. Its investment pipeline has expanded to 67 projects worth nearly $6.9 billion, with the potential to create around 55,000 jobs. Projects involving PepsiCo, Sunny Paper, Mars Petcare KZ and several logistics companies are already at different stages of implementation. The project is supported by a special legal regime, but experts say its long-term success will depend on sustained investment, effective governance and the development of a competitive economic ecosystem.

https://astanatimes.com/2026/09/alatau-city-can-kazakhstan-build-regional-economic-hub-from-scratch

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An altar of fire and a 2,300-year-old chest found in Uzbekistan reopen the mystery of how the ancestors of the Zoroastrians buried their dead

The site is provisionally dated to a six-century stretch, from the 3rd century BC to the 3rd century AD, offering a window into funerary rites practiced by a population that neither buried nor cremated its dead — long before that same principle produced the famous Towers of Silence. The find comes from Odirmon, a site […]

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Un altar de fuego y un cofre de hace 2.300 años encontrados en Uzbekistán reabren el misterio de cómo enterraban a sus muertos los antepasados de los zoroastristas

El conjunto, datado provisionalmente entre el siglo III a.C. y el III d.C., ofrece una ventana a los ritos funerarios de una población que, siglos antes de que se levantaran las célebres Torres del Silencio, ya trataba a sus muertos de un modo muy particular: ni los enterraba ni los incineraba. El hallazgo se ha […]

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Kazakhstan is upgrading its oil export strategy: Here’s how

Astana is looking for more ways to move its oil. Russia, its principal export outlet, is rife with disruptions. Damage to the Caspian Pipeline Consortium’s (CPC) Black Sea terminal in November 2025 suppressed exports into early 2026, while the recent July attacks on tankers threatened roughly 1.5 million barrels per day, writes Joseph Shumunov.

The vulnerability would not be so enormous if 80% of Kazakh oil exports did not move through the CPC terminal near Novorossiysk.  But is Kazakhstan merely searching for emergency alternatives amid instability? Or is this a transformation it has been preparing for? The answer is consequential: Kazakhstan is attempting a wholesale upgrade of its oil-export strategy, one befitting a rising regional power. It is moving from rational efficiency toward strategic resilience, from accepting routes toward shaping them, and from concentrated dependence toward managed interdependence.

Although the CPC will remain dominant through 2030, Astana is seeking greater control over the risks, partnerships and infrastructure connecting its oil to international markets. From rational efficiency to strategic resilience The CPC transports Kazakh oil, particularly from Tengiz, to global markets, making it the most commercially attractive route. When it was created in 1992, a fledgling independent Kazakhstan was looking to enter international energy markets. The CPC was the rational choice. It, for instance, transported up to 1.3 million barrels per day back in 2021; avoided the additional loading, shipping and crossing costs of a Trans-Caspian route; and its 1,510-kilometer pipeline, according to area studies analyst Ilya Roubanis, would be extremely difficult to replicate. Astana selected efficiency while adjusting to a new geopolitical environment. Contrast this with Azerbaijan. According to Ken Moriyasu, a senior fellow at the Hudson Institute, Azerbaijan chose the expensive option.

The Baku–Tbilisi–Ceyhan (BTC) pipeline through Georgia and Türkiye required what he called an “insurance premium for strategic autonomy” to avoid dependence on competing producers. Kazakhstan captured the CPC’s immediate savings but accepted greater concentration risk. The stakes will rise alongside production. The KazEnergy 2023 National Energy Report anticipated high output from Tengiz, Kashagan and Karachaganak, with national production potentially reaching 105 million tons. Higher output requires dependable market access; otherwise, its advantage can be undermined by one constrained route.

The lesson is simple: the cheapest route is not necessarily the least costly once the consequences of interruption are included. President Kassym-Jomart Tokayev affirmed as much in 2024: “With unprecedented international turbulence, the priority is to further diversify export routes.” Diversification, however, requires more than identifying alternatives. It requires Kazakhstan to help shape the infrastructure and partnerships behind them.

From route-taker to route-shaper
As a landlocked, post-Soviet producer, Kazakhstan has historically been constrained by existing pipelines and neighboring states. Its role was simple: produce oil and insert it into available routes. But Kazakhstan does not have to remain a route-taker. Although it cannot independently control its export geography, it can shape the terms on which that geography operates. It can negotiate access to multiple corridors, invest in tankers, coordinate with transit states and treat infrastructure as an instrument of foreign policy. Nowhere is Kazakhstan assuming this route-shaper role more clearly than in the Caspian. Tokayev identified the Trans-Caspian route as a “priority” in 2022.

KazMunayGas and Azerbaijan’s SOCAR subsequently agreed to transport approximately 1.5 million tons annually through BTC, while Kazakhstan added the Caspian’s Taraz and Liwa tankers to its fleet, each with an 8,000-tonne capacity. This gradual Caspianization continues. KazTransOil supplied 155,000 tons of Kazakh oil to BTC through Aktau in July, an 11.5% increase over the previous year. Energy Minister Yerlan Akkenzhenov said Kazakhstan plans to transport 2.2 million tons through BTC in 2026. Kazakhstan and Azerbaijan have also discussed using the idle Baku–Supsa pipeline for between three million and five million tons of Kazakh crude. But this role has limits. According to Andy Kuchins, a senior fellow at the Center for the National Interest, major expansion would require high capital expenditure, long-term purchase commitments and several years of construction.

Oil majors like ExxonMobil and BP are “more reluctant now as compared to the 1990s” to finance large projects in remote markets. The direction is nevertheless clear: Kazakhstan is moving from accepting the routes geography provides toward assembling the infrastructure and partnerships it needs. It is not yet a fully fledged route-shaper, but it is steadily behaving like one—using new routes not to eliminate dependence, but to distribute it more strategically. From concentrated dependence to managed interdependence Every export option depends on another state, infrastructure operator, or external market.

Self-reliance is not realistic. Kuchins nevertheless argues that Astana can “reduce concentration of its dependence on Russia.” Kazakhstan’s Ministry of Energy reported 73.4 million tons of oil exports during the first eleven months of 2025. Separately reported full-year route data show 64.8 million tons transported through the CPC, 9.3 million through Atyrau–Samara, 3.5 million through Aktau, 1.1 million through Atasu–Alashankou toward China, and approximately 100,000 by rail. Of the 78.8 million tons accounted for in this route-level data, approximately 94% moved through the two Russian corridors. Kazakhstan therefore possesses several export routes, but its portfolio remains highly asymmetrical. Herein lies its greatest oil-policy shift: managed interdependence.

This means distributing export relationships so that no transit state possesses overwhelming influence over Kazakhstan’s market access. Each direction performs a different function. And at the moment, Kazakhstan is assessing four directions—some mainstay, some new.  The Russian route The CPC will remain dominant because it offers unmatched capacity, established infrastructure and lower costs. Kuchins and Roubanis expect structural dependence to persist through 2030. Following the Tengiz expansion, Kazakhstan may become more dependent on the CPC in the short term even as its long-term strategy diversifies.

Diversification does not require abandoning the CPC; it requires making an interruption less damaging. The Trans-Caspian route BTC could absorb Kazakh crude as Azerbaijani production declines, while Baku–Supsa could provide another outlet. Neither would match CPC volumes, but together they would widen access to global buyers. Europe also has a stake in this. The European Union imported 52.4 million tons of Kazakh crude just in 2024, making Kazakhstan its third-largest external supplier. If Europe wants westward diversification, it must help make projects bankable through financing and long-term commitments. Brussels and its partners are therefore  mobilizing 10 billion euros to improve transport connections with Central Asia. According to Roubanis, “building ties with the region in the short run is necessary for the EU’s long-term positioning.”

The push indicates that Trans-Caspian connectivity is not just a Kazakh interest, but one shared by the whole region. The Chinese route China may offer the easiest immediately available opportunity to reduce dependence on Russia. The Kazakhstan–China pipeline transported 19.5 million tons in 2025, but that included domestic deliveries and Russian transit. Direct Kazakh crude exports through Atasu–Alashankou were planned to be 1 million tons in 2025, compared to the more than 11 million tons per year flowing with non-Kazakh suppliers. China remains a credible expansion market and willing financier. Yet the fastest way to reduce Russian dependence could deepen dependence on China. Moriyasu similarly argues that Kazakhstan does not want to exchange one concentrated dependency for another.

Unlike the Trans-Caspian route, China provides access to one principal market rather than multiple global buyers. The Southern route A corridor through Iran—possibly toward Pakistan and India—could be compelling but faces formidable political and economic obstacles. But it should not be dismissed altogether. Moriyasu suggests that “Iran offers Central Asia one of its shortest routes to warm-water ports.” Although current geopolitical conditions severely constrain this option, he argues that “infrastructure Kazakhstan builds today will still be operating decades from now. Astana should therefore avoid making long-term infrastructure decisions on the assumption that today’s geopolitical map is permanent.”

The southern route’s present value lies in preserving a long-term option, not in providing a realistic alternative before 2030. From east to west and north to south, Kazakhstan is not moving from dependence to independence. It is moving from one dominant dependency toward a deliberately balanced portfolio of interdependence. A more advanced role, but not autonomy Kazakhstan’s transformation should not be measured by whether the CPC ceases to dominate. By 2030, it will likely remain the principal corridor as Trans-Caspian volumes rise incrementally and eastbound capacity becomes more important amid regional instability and escalation.

The resulting portfolio will be broader, though still asymmetrical. The strategy is itself an upgrade—a threefold one. Resilience is becoming the objective, route-shaping the emerging function, and managed interdependence the organizing principle. Looking forward, Kazakhstan’s strategic upgrade lies not in escaping geography, but in developing the infrastructure, partnerships and political leverage needed to manage geography more effectively.

The author is Joseph Shumunov, a Non-Resident Research Fellow at the Topchubashov Center in Baku, Azerbaijan, and a Fellow at Nightingale Intelligence. 

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A divided Kurdistan region: A strategic risk for Europe

The Kurdistan Region of Iraq is steadily—and increasingly in a semi-official manner—sliding toward a formal division into two separate administrations. Occurring amid a prolonged political deadlock, parliamentary paralysis, and the breakdown of unified state institutions, this constitutional vacuum has created the conditions for a complete paralysis of national governance, writes Halo Hassan Saeed.

The Kurdistan Regional Government (KRG), headed by Prime Minister Masrour Barzani, has operated in a caretaker capacity since 2023 following the expiration of its constitutional mandate. This comes after the failure of the winning Kurdish parties from the October 2024 parliamentary elections—principally the Patriotic Union of Kurdistan (PUK) and the Kurdistan Democratic Party (KDP)—to form a new government.

De Facto territorial division

The KRG no longer exercises governing authority uniformly across the region. Amid escalating disputes, institution building has stalled, and the Kurdistan Parliament has been unable to perform its legislative or oversight functions for the past three years.

Consequently, two distinct de facto administrations have emerged, each backed by separate financial institutions and security structures:

• KDP Administration: Security, executive, and financial authority concentrated in Erbil and Duhok governorates.

• PUK Administration: Independent administrative and security control over Sulaymaniyah and Halabja governorates.

More than 30 rounds of negotiations between the two major parties have failed to yield a power-sharing compromise. The KDP remains determined to retain both the regional presidency and premiership, alongside the key Ministries of Interior and Natural Resources, and the Kurdistan Region Security Council. The PUK demands an equal power-sharing formula—either the presidency or premiership, alongside the Interior Ministry—or a full 50–50 executive split.

The PUK–New Generation coalition

The political dynamic shifted significantly with the formation of an alliance between the PUK and the New Generation Movement. Combined, the bloc commands 38 out of 100 parliamentary seats, directly challenging the KDP’s 39 seats. With remaining political factions holding 23 seats and refusing to join either bloc, the KDP's attempt to form a majority government has been effectively blocked.

Following the failure of recent domestic mediation led by Salahaddin Bahaaddin, Secretary-General of the Kurdistan Islamic Union, the PUK and New Generation leadership—represented by Bafel Talabani and Shaswar Abdulwahid—agreed during a meeting in Sulaymaniyah to move forward with unilateral administration. Under this arrangement, Sulaymaniyah and Halabja will be managed independently of Erbil, utilizing monthly internal revenues to fund stalled public services and investment projects while strengthening political coordination directly in Baghdad.

Socioeconomic fallout

With Western international attention reduced and a lack of active external mediation, ordinary citizens are bearing the brunt of this administrative fracture:

• Economic stagnation: Record-high inflation, sharp fuel price increases, and elevated local taxes and fees.

• Public infrastructure: Severe electricity shortages and deteriorating basic services.

• Commercial contraction: Declining business activity and shrinking employment opportunities for youth.

Strategic implications for European security and policy recommendations

The institutional breakdown in Iraqi Kurdistan is no longer merely an internal political feud; it carries direct implications for European foreign policy and regional stability:

1. Migration risks: Economic paralysis and political hopelessness are creating fresh push factors for young Kurds to seek irregular migration routes toward Western Europe.

2. Energy security: Intra-Kurdish friction jeopardizes energy infrastructure and gas development projects that could otherwise contribute to European supply diversification.

3. Regional stability: A fragmented Kurdistan weakens federal stability in Iraq, creating security vacuums that hostile actors or extremist remnants could exploit.

Why this matters to Europe

The future of the Kurdistan Region is not solely a Kurdish or Iraqi domestic matter. Its institutional stability has direct implications for European interests in Iraq and the wider Middle East.The Kurdistan Region has long served as a relatively stable political and economic partner for European countries, while also playing an important role in regional security, counterterrorism, energy cooperation, trade, and humanitarian affairs. A prolonged division between competing administrations could gradually weaken these functions and create greater uncertainty for European engagement.For Europe, the concern is therefore not simply whether Kurdish political parties can resolve their differences. It is whether the institutional fragmentation of the Kurdistan Region could produce a less predictable partner, weaker governance, and greater instability along one of the Middle East's strategically important corridors.Preventing that outcome is in Europe's own interest. A stable, unified, and institutionally coherent Kurdistan Region provides European governments with a more reliable partner in Iraq and strengthens the broader framework of regional stability.

Halo Hassan Saeed is a Kurdish-Iraqi writer, journalist, and researcher.

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