❌

Reading view

Coups de feu à la frontière

Le 9 février 2026, des soldats algériens ont tiré en l'air autour du ksar d'Ich, près de la grande oasis de Figuig, à quatre cents kilomètres au sud d'Oujda. Ils venaient d'installer de nouvelles bornes frontières, grignotant quelques hectares de terrains cultivés jusqu'alors par les habitants de ce village fortifié marocain situé en plein désert, sur la ligne de séparation entre les deux pays. En mars 2021, des militaires étaient intervenus au lieu-dit El-Arja, en bordure de Figuig, privant du jour au lendemain les Figuiguis de l'accès à une partie de leurs palmiers. « Cela fait cinquante ans que les Algériens nous prennent nos palmeraies, morceau par morceau », se lamente M. Tijini Jilali, un vieil homme dont les premiers « jardins », comme il les appelle, ont été « volés » en 1975, lorsque le Maroc a mis la main sur le Sahara occidental. « Et pourtant, je me suis battu à leurs côtés contre l'armée française pour les aider à libérer leur pays ! » Sur le continent africain, les colonisateurs européens ont dessiné la plupart des frontières. Or « la région du Sahara possède sa logique propre, avec des populations dont le sentiment d'appartenance n'a rien à voir avec le tracé colonial », rappelle le géographe franco-algérien Ali Bensaâd, qui souligne que « le tracé était très avantageux pour l'Algérie ». Conscient de cet avantage, le gouvernement provisoire algérien avait promis qu'une fois son pays libéré de l'occupation française il accepterait de rediscuter du tracé. Une promesse non tenue, qui provoque la « guerre des sables » en octobre 1963. Celle-ci prend fin rapidement grâce à la médiation de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), qui impose sa doctrine : l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. La convention signée par les deux gouvernements en 1972 reconnaît cette inviolabilité. S'agissant d'Ich et de Figuig, les autorités algériennes tolèrent, dans un premier temps, que les habitants continuent de cultiver leurs palmeraies situées en territoire algérien. « Mais, à chaque fois que les tensions se ravivent entre nos gouvernements, les Algériens ressortent la convention de 1972 et nous prennent des terres, poursuit M. Jilali. Le gouvernement marocain nous promet des compensations, mais ne tient pas ses promesses. »

C'est là que le conflit des frontières rencontre une résistance tenace menée par les Figuiguis contre leurs autorités. Depuis octobre 2023, un important rassemblement est organisé tous les vendredis contre la privatisation de l'eau, gérée jusqu'à présent de façon très démocratique par les habitants eux-mêmes. Dans ce combat, les femmes figurent aux avant-postes. « À travers l'eau, c'est notre vie qu'ils essaient de nous prendre, dénonce Nadja, drapée de son asemmired (1), un grand drap blanc qui couvre corps et visage. Sous prétexte que les soldats algériens pourraient nous tirer dessus, nos militaires nous interdisent l'accès à l'oued Zouzfana. Or c'est là qu'on vient chercher le sable pour construire nos maisons ! » Malgré pressions et harcèlements — en 2024, le principal leader du mouvement, M. Mohamed Brahimi, dit « Movo », a passé huit mois derrière les barreaux —, le hirak de Figuig ne fléchit pas, et les femmes continuent chaque vendredi de défier les autorités. Dès sa sortie de prison, Movo a repris sa place à leurs côtés : « Ici, à Figuig, l'État se sent plus faible par rapport aux manifestants parce qu'il sait que nous sommes soudés, et qu'il a peur que nous prenions le parti des Algériens. Pour nous, Figuig et Béni Ounif [la ville algérienne située juste de l'autre côté de la frontière], c'est la même chose, ce sont les mêmes familles, nous parlons la même langue [le zénète], nous mangeons les mêmes plats. Soit c'est eux qui sont marocains, soit c'est nous qui sommes algériens ! »

Voir en ligne : /2026/11/DAUM/70199

(1) Mot zénète, déclinaison locale du tamazight (berbère), traduit par haïk en arabe maghrébin.

  •  

Paix improbable

Qui veut la paix dans le monde arabe ? Alors que la guerre fait rage à Gaza, au Liban et en Iran, mais aussi, sur le plan intérieur, en Libye, au Soudan et au Yémen, aucune initiative majeure ne se dessine pour mettre fin au fracas des armes ou pour prévenir des conflits qui menacent d'éclater, comme celui qui pourrait opposer l'Égypte et l'Éthiopie à propos des eaux du Nil, ou encore l'Algérie et le Maroc, entre lesquels la tension ne cesse de croître depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en août 2021. L'Union du Maghreb arabe (UMA) est en mort clinique, et la Ligue arabe, aux abonnés absents, se contente de communiqués lénifiants destinés à n'indisposer aucune des capitales concernées. Quant à l'Organisation de la coopération islamique (OCI), la deuxième plus grande organisation intergouvernementale après les Nations unies avec cinquante-sept États membres, elle s'est réunie à Bagdad à la fin du mois d'octobre pour explorer les voies d'une meilleure coopération en son sein… L'Union européenne est tout aussi prudente, certains de ses membres cherchant avant tout à sécuriser leurs approvisionnements en hydrocarbures ou à vendre des armes, notamment aux pétromonarchies du Golfe. Dans cet immobilisme général, sur fond de montée des périls, seule l'administration américaine s'est engagée en lançant le très controversé « Conseil de la paix » voulu par le président Donald Trump afin de chapeauter, entre autres, la sortie de guerre à Gaza.

Voir en ligne : /2026/11/BELKAID/70148
  •  

Responsabilités

« Vous aviez raison. » Le 28 septembre dernier, lors de la conférence travailliste à Liverpool, le nouveau ministre des affaires étrangères bat sa coulpe auprès « des millions de personnes émues et indignées par le sort du peuple palestinien ». Interrogé le soir même par LBC, M. Edward (« Ed ») Miliband élude néanmoins sur les exportations d'armes vers Israël ou l'interdiction du réseau de désobéissance civile Palestine Action (1). Les travaillistes refusent toujours de prendre leurs responsabilités. Déjà, en juin 2025, quand le député indépendant Jeremy Corbyn avait proposé une enquête parlementaire sur l'implication du Royaume-Uni dans les massacres à Gaza, le gouvernement avait estimé que ce serait « inutile ». Pour établir la vérité sur les livraisons d'équipements britanniques à l'armée israélienne, ou l'appui que lui aurait apporté la Royal Air Force (RAF) basée à Chypre, l'élu a donc lancé une autre initiative : la convocation du tribunal citoyen pour Gaza, sur le modèle du tribunal Russell, présidé par Jean-Paul Sartre (2).

Avec ses deux coprésidents, les juristes Neve Gordon et Shahd Hammouri, M. Corbyn a récapitulé les deux jours d'audience à Londres, en septembre 2025, dans The Gaza Tribunal, publié en juillet dernier. Ils rapportent la parole des témoins, du journaliste palestinien Abubaker Abed, chassé de Gaza en 2025, à la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese. Les éléments recueillis confirment la production britannique de composants d'avions F-35 destinés à Tel-Aviv — malgré la suspension partielle des exportations d'armes en septembre 2024 —, comme la transmission à l'armée israélienne de renseignements recueillis par la RAF lors de vols au-dessus de Gaza, depuis la base chypriote d'Akrotiri (plus de six cents entre décembre 2023 et octobre 2025).

Verdict ? Le Royaume-Uni a bien pris part au génocide, en plus d'avoir réprimé ceux qui le dénonçaient. Notamment Sally Rooney, qui signe la postface de l'ouvrage (lire « Gaza, juger les complices »). Auteure de romans vendus à des millions d'exemplaires — dont Normal People (L'Olivier, 2021) —, l'Irlandaise avait annoncé en 2025 le reversement d'une partie de ses droits à Palestine Action, juste après que ce groupe avait été classé terroriste par Londres. Le 14 octobre dernier, son éditeur britannique Faber a suspendu la distribution de ses livres au Royaume-Uni par crainte d'une loi qui punit d'emprisonnement la fourniture d'argent ou d'autres biens « en sachant ou en ayant des raisons raisonnables de soupçonner qu'ils seront ou pourraient être utilisés à des fins terroristes ». Anne Carson, John Maxwell Coetzee, Arundathi Roy ou encore Colm Tóibín ont apporté leur soutien à la romancière. Pour sa part, Sally Rooney a déclaré qu'elle était entièrement prête à assumer les conséquences de ses choix politiques. Contrairement au gouvernement britannique.

Voir en ligne : /2026/11/RZEPSKI/70141

(1) Rayan Freschi et Mathieu Rigouste, « Ces “terroristes” britanniques qui soutiennent la Palestine », Le Monde diplomatique, janvier 2026.

(2) Lire Serge Halimi, « Et Sartre définit le génocide », Le Monde diplomatique, mars 2024. De son côté, le juriste Richard Falk a présidé une instance similaire destinée à déterminer la nature des crimes commis à Gaza.

  •  

Peines pour pauvres, humanisme

JPEG - 178 kio
Jérôme Lagarrigue. – Sans titre, 2016
© Jérôme Lagarrigue - www.jeromelagarrigue.com

Peines pour pauvres

Le 20 octobre dernier, M. Jean-Luc Mélenchon proteste contre les réquisitions du procureur — dix mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité — à l'encontre de l'eurodéputée Rima Hassan, poursuivie pour apologie du terrorisme en raison d'un tweet de soutien à la cause palestinienne. Deux heures plus tard, le garde des sceaux Gérald Darmanin s'indigne sur X : « Une preuve supplémentaire que M. Mélenchon et LFI ont un grave problème avec l'État de droit. S'attaquer à l'indépendance et à l'intégrité des magistrats est extrêmement préoccupant. Inadmissible. »

Or les magistrats du parquet — procureurs notamment — ne sont pas « indépendants » du pouvoir exécutif puisque le ministre de la justice a autorité sur eux. Et quand bien même, théoriquement, ce dernier ne peut pas s'immiscer dans une affaire individuelle, il oriente plus ou moins chaque cas par le biais de ses instructions générales.

Si, par exemple, la chancellerie avait en 2017-2018 exigé des procureurs une extrême sévérité contre les personnes accusées de viol, harcèlement sexuel ou abus de confiance, M. Darmanin, contre qui plusieurs plaintes de ce type avaient été déposées, aurait peut-être connu les éviers en inox de Fleury-Mérogis plutôt que les dorures de la place Vendôme.

Au demeurant, quelques heures avant la protestation de M. Mélenchon, le ministre s'était lui-même vanté de son interventionnisme judiciaire pour châtier les personnes interpellées lors de la journée du 17 octobre : « Mes instructions aux parquets sont claires : une réponse de la justice extrêmement ferme contre ceux qui pillent les commerces, qui attaquent les bâtiments publics ou qui s'en prennent aux forces de l'ordre ou aux sapeurs-pompiers. » Deux jours plus tard (22 octobre), M. Darmanin demandait aux parquets de « requérir en particulier : l'interdiction de manifester ; la privation des droits civiques, dont le droit de vote ; le bannissement numérique, c'est-à-dire la fermeture des comptes sur les réseaux sociaux et l'interdiction d'en créer de nouveaux », préparant ainsi le terrain de la répression au Rassemblement national.

Puis il précisait sur LCI les contours d'un nouveau type de partenariat public-privé pour le licenciement des indociles : « J'ai demandé à tous les procureurs de la République d'informer les employeurs, parce qu'il y a beaucoup de gens qui ont un métier, un travail, parfois un emploi public, parfois un emploi privé, de prévenir effectivement que leur salarié, leur agent, a été dans un pillage, a été dans une émeute. » Médusé par cette dérive « illibérale », le bâtonnier de Paris a averti (X, 23 octobre) : « Nous ne ramènerons pas la concorde et la paix civile dans le pays en dérogeant aux principes de l'État de droit, aux droits de la défense et ici particulièrement au principe intangible de la présomption d'innocence. » C'est pourtant le chemin pris par la présidence finissante de M. Emmanuel Macron.

Pierre Rimbert

Humanisme, enfin

Il aura fallu les journées des 17 et 18 octobre pour que Bernard-Henri Lévy s'attaque, après cinquante ans d'essayisme, à la question des éboueurs dans une chronique titrée « Chagrin français » (Le Point, 22 octobre) : « Je pense aux éboueurs auxquels les émeutiers, au petit matin, quand ils ont été fatigués de casser et sont rentrés cuver leur nuit, repus de vacarme et de destruction, ont laissé le soin de déblayer les débris de leur saccage et de nettoyer les rues qu'ils avaient salopées. (…) Mais je pense aussi aux esprits faibles que les salauds articulés de La France insoumise ont convaincus, écharpe tricolore en bandoulière, que la violence est “légitime”. »

Voir en ligne : /2026/11/A/70142
  •  

Vents contraires sur la Cour pénale internationale

La Cour pénale internationale (CPI) traverse une grave crise existentielle. Entre juin et août derniers, la juridiction a dû affronter l'annonce des retraits du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad et du Venezuela, révoquer son procureur, le Britannique Karim Khan, accusé d'agression sexuelle, et subir de nouvelles sanctions de la part des États-Unis contre plusieurs de ses membres, dont la présidente japonaise Tomoko Akane. Et le 9 octobre, tout à sa croisade, la Maison Blanche a décidé d'inscrire la CPI elle-même sur la liste noire du Trésor américain.

C'est à l'évidence pour contrer ces vents mauvais que le Parlement européen a décerné à la Cour son prix Sakharov pour la liberté de l'esprit le 22 octobre, quelques jours après que le Comité Nobel norvégien a décidé, lui, d'attribuer son prix de la paix à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, ancienne juge à la CPI.

Signataires du statut de Rome en 2000, les États-Unis ne l'ont jamais ratifié, craignant notamment de voir leurs soldats déployés à l'étranger jugés pour génocide, crimes de guerre ou crimes contre l'humanité. Ils ont même contraint plusieurs gouvernements à s'engager à ne jamais livrer d'Américains aux juges de La Haye. En effet, le fait de ne pas adhérer à la CPI ne prémunit pas un État de procédures contre ses ressortissants si les faits incriminés ont lieu sur un territoire tombant sous la juridiction de la Cour. C'est pourquoi des mandats d'arrêt ont pu être émis, en novembre 2024, contre les Israéliens Benyamin Netanyahou et Yoav Galant pour des crimes commis à Gaza, la Palestine ayant ratifié le statut de Rome (1).

Ce sont d'ailleurs ces poursuites qui ont provoqué la colère du président Donald Trump, tout juste réélu : l'executive order du 6 février 2025 inaugure une salve de sanctions (blocage des comptes bancaires, interdiction de voyager) contre plusieurs juges de la CPI, dont le Français Nicolas Guillou, et des procureurs, dont M. Khan. Face à ces attaques sans précédent, les Européens multiplient les déclarations de soutien de pure forme. Paris n'a même pas convoqué l'ambassadeur américain pour protester contre le sort réservé au magistrat Guillou. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen, d'ordinaire si volontariste pour défendre l'État de droit, n'a pas proposé d'activer l'instrument anticoercition (règlement no 2675 du 22 novembre 2023). « Il faudrait, relève le juriste Daniel Mainguy, (…) un acte de courage exceptionnel pour que l'Union européenne réagisse, dans un contexte de très forte pression, où les intérêts d'un juge français pèsent peu (2). »

La foi internationaliste des capitales du Vieux Continent semble bien chétive : seuls l'Espagne, l'Irlande, les Pays-Bas et la Suède se sont publiquement engagés à appliquer le mandat d'arrêt contre M. Netanyahou dont l'avion a, à plusieurs reprises, traversé sans entrave le ciel européen.

Voir en ligne : /2026/11/ROBERT/70143

(1) Lire « La justice internationale dans le chaudron de Gaza », Le Monde diplomatique, juillet 2024.

(2) Daniel Mainguy, « La guerre américaine contre le juge Nicolas Guillou », Le Club des juristes, 12 décembre 2025.

  •  

Chronique d'une « démocratie libérale »

JPEG - 123.5 kio
Jérôme Lagarrigue. – « The Colossus », 2016
© Jérôme Lagarrigue - www.jeromelagarrigue.com

Suffrage des marchés

Interrogé dans Le Monde (8 octobre 2026) sur l'inclination politique des marchés, M. Emmanuel Roman, directeur général du fonds Pimco, explique : « Très malheureusement, si vous me demandez entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, je pense que les marchés préféreront l'option Le Pen. »

La propriété ou la mort

Directeur du Figaro Magazine, Guillaume Roquette s'adressant à l'ancien ministre Thierry Breton, qui venait de se réjouir que les pillages en France ne se soient pas soldés par des morts, comme en Chine, en Iran, aux États-Unis, en Amérique latine (LCI, 20 octobre) : « M. Breton, je ne sais pas si je suis d'accord avec vous. J'entends beaucoup de Français qui disent : s'il y a des blessés graves, s'il y a des morts, eh bien c'est un prix qu'on est prêts à payer. »

Le modèle Bukele

Le président de la République du Salvador, M. Nayib Bukele, décrié pour sa dérive dictatoriale, a subitement accédé au rang de modèle politique pour la France. Sur CNews, le 19 octobre, le président du Rassemblement national Jordan Bardella fulmine : « En dix ans, le président de la République a été incapable de mettre en place les sept mille places de prison promises, et en dix mois le Salvador a construit quarante mille places de prison. » M. Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres (Essonne), lui emboîte le pas : « Pourquoi les tribunaux ne condamnent pas en France ? C'est pas qu'il y a des mauvais magistrats. C'est qu'il n'y a pas de places de prison. On peut le faire, tous les pays le font. Pourquoi le Salvador de Bukele, un petit pays, a été capable de rétablir l'ordre et la France n'en est pas capable ! » (BFM TV-RMC, 23 octobre).

Woke et Hamas

Réagissant le 20 octobre sur Channel 14, une chaîne israélienne, aux scènes de pillage en France, le premier ministre Benyamin Netanyahou a expliqué : « L'Europe est un continent épuisé. Ils n'ont aucune volonté de se battre. Ils cèdent à ces électeurs islamistes et à la gauche “woke”. (…) Si nous n'arrêtons pas le Hamas ici, vous les verrez dans les rues de Paris, et c'est exactement ce qui se passe en ce moment » (cité par Le Monde, 22 octobre).

Djihadistes et communistes

Lors d'un meeting électoral au Kansas, le 19 octobre 2026, M. Donald Trump a expliqué : « Si vous voulez comprendre ce qui est en jeu dans cette élection, vous n'avez qu'à regarder ce qui se passe en France, un pays qui fut grand et qui est en train d'être conquis, pillé et brûlé par des migrants, des djihadistes et des communistes. »

« Ahurissant »

« La recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir » (Emmanuel Macron, 22 octobre 2026).

« C'est ahurissant de pouvoir dire des choses pareilles quand on est chef de l'État. C'est oublier que le droit de manifester est une liberté fondamentale pour tous. Ce n'est pas au président de la République de fixer de telles règles, car c'est une rupture incroyable d'égalité entre les citoyens » (Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l'homme, citée dans Le Monde, 23 octobre).

« C'est dangereux, cette banalisation risque demain d'être reprise par l'extrême droite » (Patrice Spinosi, dans le même article du Monde, 23 octobre).

Vers le parti unique

En France, le président du Sénat, deuxième personnage de l'État, réfléchit à dissoudre le premier parti d'opposition.

— Le Figaro (20 octobre) : « Faut-il interdire le parti de Jean-Luc Mélenchon ? »

— M. Gérard Larcher : « Nous avons pu dissoudre Génération identitaire et la Jeune Garde. LFI est un parti politique qui concourt à l'expression de la nation. Je l'entends. Mais il tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine. Je pense que la question peut être posée. »

Palme du bla-bla

Christophe Rouillon, socialiste, maire de Coulaines : « Aujourd'hui, on a effectivement une stratégie du bazar de l'extrême gauche trotskiste néo-léniniste et marxiste alliée aux fréristes musulmans et puis aux réseaux mafieux qui sont là pour détruire la République et qui poussent au chaos » (France Info, 19 octobre).

De l'argent, il y en a

Candidat de droite libérale, M. David Lisnard propose, face à un « État régalien en déliquescence », de consacrer 8 milliards d'euros à la construction de vingt mille places de prison (RTL, 20 octobre). En somme, de l'argent, il y en a.

Peuple et foule

Pour accoucher du bon peuple, il faut écraser la foule. ce principe qui guide la bourgeoisie française depuis le XIXe siècle a été réaffirmé par Dominique Reynié, professeur de science politique et militant de droite, dans Le Figaro Magazine (23 octobre) : « Une partie des manifestants, les casseurs et finalement les pilleurs ont donné le jour à une foule d'émeutiers déterminés, aguerris, entraînés, y compris au tir, par le maniement des mortiers d'artifice. (…) Le peuple est une étrange puissance ; il ne peut être souverain qu'à la condition d'être conduit par les représentants qu'il se donne. Il n'y a pas d'autre possibilité. Livré à lui-même, inorganisé, il redevient multitude et foule. La foule, c'est le peuple redevenu incapable de liberté et qui ne peut que s'adonner au chaos et, pour y mettre fin, s'abandonner à la tyrannie. »

Maire de Nice ou barbarie

« Si nous renonçons à employer la force contre les barbares, c'est la République qui s'effondrera » (titre d'un entretien d'Éric Ciotti au Figaro, 20 octobre).

« Tuer trente émeutiers »

Avocat spécialisé dans la défense des policiers, M. Thibault de Montbrial a commenté sur BFM TV le 19 octobre les manifestations et les pillages survenus la veille et l'avant-veille : « Et s'il faut tuer trente émeutiers dans le cadre prévu par la loi (…), si la situation de proportionnalité exige que pour protéger nos concitoyens il faille utiliser la force létale, eh bien il faut l'assumer. »

Voir en ligne : /2026/11/A/70134
  •  

Une offensive éclair

Début septembre 2026, les houthistes ont lancé une offensive éclair sur la côte ouest, prenant le contrôle pendant un mois du détroit de Bab Al-Mandeb. Les forces loyalistes stationnées sur ce versant de la mer Rouge étaient pourtant les mieux équipées. La Résistance de Tihama et les Gardiens de la République sous le commandement de Tareq Saleh ont massivement fui lors de l'offensive houthie, permettant aux rebelles de prendre Mocha et le détroit, faisant peser une menace sur Taïz et Aden, les deux plus grandes villes encore sous contrôle du gouvernement. Les Saoudiens sont restés étrangement passifs, ne bombardant pas les colonnes de renforts houthistes acheminés depuis le nord vers les plaines côtières. Les raisons d'une telle déroute sont nombreuses. L'une d'entre elles est la grande défiance saoudienne envers M. Saleh, ce dernier ayant, un an auparavant, approuvé la tentative de sécession des sudistes soutenue par les Émirats arabes unis. Après sa débâcle, l'homme s'est toutefois installé à Riyad où il semble vouloir se retirer du jeu politico-militaire.

Voir en ligne : /2026/11/MULLER/70136
  •  
❌