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Les coulisses sordides de l'aquaculture

29 October 2026 at 17:13

Les produits de la mer consommés en France, dont environ les trois quarts sont importés, proviennent d'élevages où ils sont nourris avec des farines de poisson. Partout, la fabrication de ces aliments est synonyme de pollution, de surpêche, d'insécurité alimentaire dans les régions pauvres et de maltraitance des travailleurs. Cachés ou transférés, ces coûts sociaux apparaissent rarement au bilan des producteurs.

À entendre M. Pascal Goumain, les cages à saumons de son entreprise, Saumon de France, installées en mer dans la rade de Cherbourg, sont un maillon essentiel de l'avenir alimentaire hexagonal. Interviewé en mars 2024 par The Fish Site, le patron français détaille ses projets d'adaptation au changement climatique, soulignant que les directives officielles vont dans son sens : « Le ministère français de l'agriculture a fixé un objectif de 20 000 tonnes de saumons d'élevage en France d'ici à 2030. » Fin 2025, il déplore : « On devrait être un grand pays d'aquaculture, on est minables » (1).

Du côté des industriels comme de celui des pouvoirs publics, l'argumentaire en faveur de l'aquaculture en France est on ne peut plus clair : elle permettrait de satisfaire la demande croissante de produits marins tout en épargnant les océans. En novembre 2023, le Haut-Commissariat au plan notait que, dans un contexte de dérèglement climatique et de surpêche, le développement « responsable » de l'aquaculture pouvait accroître l'offre « sans fragiliser la filière pêche » (2). La France est, en volume, le deuxième producteur de l'Union européenne (UE) de produits de la mer d'élevage, derrière l'Espagne.

Cette mise en avant de la protection des océans (« élever plus pour capturer moins ») explique en bonne part l'expansion mondiale — la plus rapide de toutes les industries alimentaires — de ce secteur qui pèse aujourd'hui 313 milliards de dollars (278 milliards d'euros). La moitié des poissons et crustacés consommés sur la planète sont désormais issus de l'élevage plutôt que pêchés.

Au-delà des belles déclarations se pose toutefois un problème de taille : deux tiers des exploitations aquacoles du monde recourent à la farine de poisson, une poudre riche en protéines fabriquée, précisément, à partir des espèces sauvages que l'aquaculture prétend protéger, contribuant donc à l'épuisement des océans. C'est ainsi que sont nourris les produits d'élevage les plus prisés des consommateurs français — saumons, crevettes, truites, bars et daurades.

« Pour évaluer l'impact véritable de l'aquaculture, il ne faut pas partir des fermes, mais des aliments que l'on donne aux poissons, explique M. Daniel Pauly, directeur du projet Sea Around Us à l'université de Colombie-Britannique. Un tableau bien différent de celui dépeint par l'industrie se dessine alors. »

La situation s'apparente de fait à une forme de colonialisme alimentaire. Environ 90 % des prises qui servent à fabriquer les farines de poisson sont comestibles pour les humains. Autrement dit, l'aquaculture mondiale prive des régions pauvres d'espèces dont elles dépendent pour leur apport en protéines afin d'offrir des produits haut de gamme aux consommateurs riches.

Le tribut payé par les océans est particulièrement lourd et largement invisible. La plupart des bateaux liés à la production de farines de poisson ne respectent pas pleinement les dix principes de la « Charte mondiale pour la transparence des pêches », un guide élaboré par une coalition d'organisations de la société civile afin de promouvoir des pratiques de pêche industrielle plus responsables (3). Ainsi, moins de 30 % d'entre eux rendent publiques leurs données de localisation, et moins de 25 % disposent d'un numéro d'identification unique (leur « plaque d'immatriculation »). Une telle opacité complique les opérations de contrôle. Par ailleurs, d'après les scientifiques mobilisés par notre enquête, au moins 50 % de leurs prises appartiennent à des espèces classées, a minima, comme « surexploitées ». Ces navires sont en majorité des senneurs et des chalutiers, à l'origine d'importants volumes de « captures accessoires » (des espèces non visées au départ). Au moins 165 des bateaux étudiés étaient des chalutiers de fond qui, avec leurs filets lestés, raclent le sol et détruisent tout ou presque sur leur passage.

Outre le sort des océans, cette industrie s'accompagne de quantité d'autres coûts cachés. En Gambie et en Mauritanie, elle contribue à une aggravation de l'insécurité alimentaire, les poissons dont se nourrissent les populations locales étant de plus en plus détournés vers l'export pour servir à la fabrication de farines. Dans l'Extrême-Orient russe, l'enquête a mis au jour de nombreux cas de travail forcé, avec des ouvriers captifs dans des îles isolées, des villes-usines coupées du monde, ou coincés sur des navires en pleine mer. Au moins quatre-vingts épisodes de troubles civils, parfois violents, ont ainsi été recensés en lien avec cette filière, notamment en Inde, au Pérou et au Sénégal. Ils prennent la forme de mouvements de grève, souvent en réaction à la fragilisation de la pêche artisanale, ou de manifestations populaires pour dénoncer la pollution des eaux ou encore l'épouvantable odeur qui flotte autour des usines de transformation, dans lesquelles mijotent des milliers de tonnes de poissons en décomposition.

La fabrication de ces aliments contribue enfin à aggraver les tensions géopolitiques. En août 2021, une douzaine de chalutiers de fond turcs qui pêchaient illégalement en mer Égée ont tenté de percuter un navire grec à bord duquel des chercheurs filmaient leurs agissements. En novembre 2020, un cessez-le-feu de vingt-neuf ans entre le Maroc et le Front Polisario a volé en éclats à la suite de violents affrontements entre l'armée marocaine et des manifestants sahraouis. Ces derniers tentaient de bloquer le passage de quelque deux cents camions transportant de la farine de poisson obtenue à partir de prises marocaines illicites dans les eaux du Sahara occidental — un territoire occupé par le Maroc depuis le milieu des années 1970 en violation du droit international.

L'historienne Kristin A. Wintersteen rappelle que la farine de poisson est devenue un ingrédient capital de la nourriture animale au lendemain de la seconde guerre mondiale et, à ce titre, un facteur décisif dans l'explosion de l'élevage industriel de poulets et de porcs, puis de l'aquaculture, notamment en Europe du Nord et aux États-Unis (4). Identifié comme une mine de protéines, le courant de Humboldt ‒— un courant de surface froid et riche en plancton qui longe la côte pacifique de l'Amérique du Sud — a transformé le Pérou en superpuissance de la farine de poisson, avec environ un quart de la production mondiale. Depuis lors, ce modèle s'est étendu à d'autres contrées, jusqu'en Afrique de l'Ouest et en Asie du Sud-Est.

Les bénéfices de l'aquaculture sont réels. En Inde, elle représente un vivier d'emplois, en particulier pour les femmes. Au Bangladesh, son développement a rendu les produits de la mer plus abordables pour les ménages pauvres. Et elle émet beaucoup moins de gaz carbonique que les élevages bovins ou porcins. De plus, toutes ses formes ne sont pas problématiques. Les mollusques bivalves tels que les palourdes, les huîtres, les coquilles Saint-Jacques et les moules sont des organismes filtreurs — au sens où ils filtrent l'eau pour y prélever leur nourriture (plancton, détritus organiques) — qui ne nécessitent pas d'alimentation artificielle, d'où une empreinte écologique minimale. En France, près de 80 % des fermes aquacoles les cultivent. Au niveau mondial, on estimait en 2022 qu'environ un tiers des exploitations d'aquaculture ne recouraient à aucune nourriture extérieure.

Selon les industriels de l'alimentation animale, la dépendance à l'égard de la farine de poisson tendrait à se réduire. Pourtant, la demande progresse au même rythme que l'aquaculture elle-même. Les scientifiques explorent d'autres sources de protéines : algues, déchets du manioc, larves de la mouche soldat noire et même protéines unicellulaires extraites de champignons ou de bactéries. Pour l'heure, leur exploitation à grande échelle demeure trop coûteuse, si bien que le modèle perdure : les entreprises capturent des poissons sauvages, les transforment en aliments et transfèrent ailleurs les coûts engendrés par cette activité.

En France, ces problèmes concernent moins le saumon élevé sur le territoire national que les produits de la mer importés (pour plus de 6 milliards d'euros chaque année). L'outil interactif Bait to Plate — conçu par The Outlaw Ocean Project pour cartographier les chaînes d'approvisionnement du secteur (5) — a par exemple révélé que les crevettes vendues par de grandes enseignes comme Leclerc ou Carrefour, cultivées dans des fermes équatoriennes, sont nourries avec des farines provenant d'usines latino-américaines où l'on déplore des décès d'ouvriers, des pratiques de pêche illégales et des nuisances olfactives faisant l'objet de dénonciations populaires. Le groupe Carrefour, qui possède également les magasins Cora, a déclaré ouvrir immédiatement une enquête et promis de prendre « toutes les mesures nécessaires dans le cas où ces manquements seraient confirmés ». Le groupe Leclerc, lui, n'a pas répondu à nos questions.

En 2025, la France a importé pour plus de 124 millions de dollars (110 millions d'euros) de poissons et crustacés de Chine, où les volumes élevés représentent désormais quatre fois ceux pêchés en mer. Le Tibet et le Xinjiang sont deux des régions où l'aquaculture connaît la plus forte croissance, à grand renfort de répression politique. Notre enquête a identifié plus de mille exploitations dont l'essentiel de la production, estimée à 0,5 milliard de dollars (0,4 milliard d'euros) par an, est exporté vers deux douzaines de pays.

Épuiser les écosystèmes

L'Union européenne interdit la vente sur son sol de produits issus du travail forcé, y compris lorsqu'il s'agit d'importations. Toutefois, avec la mondialisation du secteur et l'allongement des chaînes d'approvisionnement, il devient de plus en plus difficile de s'assurer du respect des règles éthiques et environnementales. Et cela vaut autant pour les consommateurs que pour les revendeurs au détail, qui s'approvisionnent chez des grossistes. Selon M. Robert K. Stumberg, professeur au Law Center de l'université Georgetown à Washington, il n'est pas rare non plus que les entreprises choisissent volontairement de rester dans l'ignorance pour ne pas subir l'opprobre public ni payer le prix des réparations.

Cette relative impunité vit peut-être pourtant ses derniers instants. Aux États-Unis, depuis 2020, au moins neuf procès pour publicité mensongère ont été intentés contre six producteurs dans six juridictions différentes. Les plaignants dénonçaient l'usage de termes comme « durable », « écologique », « 100 % naturel », « sauvage », ainsi que la mise en avant des conditions de sécurité exemplaires offertes aux travailleurs, alors même que l'examen des chaînes logistiques suggérait tout le contraire. Dans au moins quatre de ces affaires, l'utilisation de farines ou d'huiles de poisson et leur lien avec la pêche industrielle et l'épuisement des écosystèmes étaient en cause. Au cours de la même période, les producteurs de fruits de mer ont déboursé plus de 2 millions de dollars (1,8 million d'euros) en dommages et intérêts pour mettre fin à de telles poursuites.

L'enquête « Food for feed : The price paid beyond the plate » (« Nourriture destinée à l'alimentation animale : le prix à payer au-delà de l'assiette ») (6) , conduite pendant cinq années par l'équipe de The Outlaw Ocean Project, a mobilisé plusieurs dizaines de journalistes. Elle a porté sur plus de 1 400 usines de farine de poisson à travers 64 pays et sur plus de 2 400 bateaux liés à cette activité dans au moins 30 pays. En remontant les chaînes d'approvisionnement depuis les navires de pêche jusqu'aux sites de transformation, aux fermes d'aquaculture et aux enseignes de distribution, les reporters ont établi une cartographie détaillée de cette industrie mondiale.

(Traduit de l'anglais [États-Unis] par Élise Roy.)

Voir en ligne : /2026/11/URBINA/70185

(1) Cité respectivement par Amélie Di Bella, « How France's flagship salmon farm plans to adapt to climate change », 6 mars 2024, et par Christophe Blondel, « Le seul saumon d'élevage français grandit à Chartres… dans un hangar ! », Le Parisien, 18 décembre 2025.

(2) « Le développement de l'aquaculture : un enjeu de souveraineté alimentaire », Stratégie, n° 16, Haut-Commissariat au plan, Paris, 30 novembre 2023.

(3) « Charte mondiale pour la transparence des pêches », (PDF), Coalition for Fisheries Transparency.

(4) Kristin A. Wintersteen, The Fishmeal Revolution : The Industrialization of the Humboldt Current Ecosystem, University of California Press, Berkeley, 2021.

Même en Pologne, le soutien à l'Ukraine se délite

Le débat géopolitique semble clos. L'Ukraine doit entrer dans l'Union européenne dès la guerre terminée. En réalité, cette promesse inquiète toute la région et comporte des risques pour la cohésion du Vieux Continent. En Pologne, alors que les élites soutiennent une telle adhésion de longue date, de plus en plus de citoyens renâclent devant ses conséquences économiques et sociales à court terme, comme face à l'arrogance de Kiev sur les questions mémorielles.

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Michal Dyjuk. – Manifestation d'agriculteurs et de chasseurs réclamant l'arrêt des importations agricoles depuis l'Ukraine décidées par l'Union européenne, Varsovie, 2024
© Michal Dyjuk - AP-SIPA

« J'espère ne pas voir l'adhésion de l'Ukraine de mon vivant, et j'espère vivre longtemps. » Agriculteur à Pińczów, dans la voïvodie de Sainte-Croix, à quatre-vingts kilomètres au nord de Cracovie, M. Jerzy Płachta se tracasse. Sa femme, Renata, qui gère leur exploitation de céréales et de légumineuses, tempère : « Nous n'avons rien contre les Ukrainiens, qui s'adaptent bien. En 2022, nous avons proposé d'accueillir des réfugiés et nous avons donné de l'argent aux associations caritatives ou pour l'achat de drones. Nous les soutenons, mais leur pays est dangereux pour l'agriculture polonaise. »

Les blés sont déjà hauts et les premiers haricots rouges commencent à germer en cette fin mai dans les champs ouverts parsemés de petits bois de pins et de chênes noirs. Depuis l'entrée de leur pays dans l'Union européenne, en 2004, les Płachta vendent leurs produits à des groupes français implantés en Pologne : Auchan, Casino, Carrefour et surtout Leclerc, qui en importe également en France. M. Płachta raconte son parcours du combattant pour en arriver là : « Les entreprises françaises réclament un certificat IFS Food, une norme de sécurité et de qualité dont nous devons respecter toutes les exigences. Pour avoir les subventions européennes, il faut expliquer combien de fois on retourne la terre, nous conformer au type de semence, au rythme des semis, etc. Nous avons de plus en plus de choses à consigner dans des registres que les contrôleurs vérifient sur place chaque année. »

Jusqu'ici, le jeu en valait la chandelle, « mais, depuis la guerre en Ukraine, tous les prix ont baissé de moitié, souligne M. Płachta. Avec l'arrivée des produits ukrainiens, on a dû réduire nos coûts et le nombre de nos employés. Nous en avions dix en 2014… et plus que deux aujourd'hui. Dans le tiers des exploitations de notre région de Sainte-Croix, il y a des problèmes financiers. Beaucoup abandonnent. » En revenant vers son village, le paysan s'arrête devant le chantier de la maison que le couple fait construire pour l'un de ses enfants. Le confort de la bâtisse projetée démontre leur réussite. Il se lamente pourtant, car leur fils ne veut pas de cette vie à la campagne, préférant la ville, Cracovie.

Des coûts de production bien moins élevés

À quelques kilomètres de là, M. Marcin Biesaga a hérité de l'exploitation de ses parents, qui cultivaient tabac et tomates. En une vingtaine d'années, il est passé de 10 hectares à 200, ajoutant blé, céleri et pomme de terre à sa production. Son propos est plus radical : « La Pologne a trop donné pour l'Ukraine, aux dépens de notre économie. On importe beaucoup d'aliments ukrainiens non contrôlés, du colza ou du miel par exemple. » Lui aussi déplore l'effondrement des prix qui a suivi les exemptions de droits de douane pour les produits agricoles ukrainiens en 2022. En s'arrêtant devant un tas de tubercules, il nous explique que les intermédiaires lui achètent 0,75 euro le sac de quinze kilos… qu'il retrouve à 6 euros dans le commerce. Pour lui, « une adhésion rapide de l'Ukraine provoquerait une crise totale ».

Comme les Płachta, M. Biesaga a participé en mars 2023 au blocage du terminal de Złote Ziarno, où passe la seule voie de chemin de fer à écartement large du pays (1,52 mètre dans l'ex-URSS contre 1,435 dans le reste de l'Europe, hors Espagne, Finlande et Irlande). Cette ligne a permis d'acheminer les céréales ukrainiennes dans le cadre des « corridors de solidarité » improvisés par l'Union européenne au début de la guerre et des combats en mer Noire (1). Les grains devaient en théorie seulement « transiter » par l'Europe centrale, mais ils ont submergé les marchés régionaux. En urgence, la Pologne a interdit ces importations, suivie par la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie. Ancien président du Parti paysan, passé au parti Droit et justice (PiS, conservateur), M. Janusz Wojciechowski était à l'époque commissaire européen à l'agriculture. Il a géré la crise depuis Bruxelles. « C'était très difficile, nous confie-t-il. Mais la Commission a de facto légalisé l'embargo que la Pologne avait imposé en avril 2023 et qui était illégal, en autorisant cinq pays à interdire les produits ukrainiens sur leurs marchés. Il faut noter que Varsovie n'a jamais levé son embargo unilatéral, et la Commission n'a rien entrepris contre… »

À cinq kilomètres de la frontière ukrainienne, on sent l'air de la guerre. Cultivateur à Żniatyn, M. Mieczysław Sroda a perdu deux amis en 2022, tués par la chute d'un missile de défense aérienne dans le village voisin de Przewodów. Lui aussi a hérité de l'exploitation de son père, qu'il a agrandie en rachetant un sovkhoze (ferme d'État) pour produire blé, betteraves à sucre, colza et haricots. « La base serait que les Ukrainiens respectent les normes européennes ; ce n'est pas le cas aujourd'hui, assure M. Sroda en évoquant notamment l'usage de pesticides interdits. Mais, même s'ils se conformaient aux normes, ils sont trop concurrentiels, grâce à leurs sols de grande qualité [les fameuses terres noires ou tchernoziom] et à des conglomérats géants contrôlés par des étrangers. C'est d'ailleurs parce que des sociétés européennes y ont des intérêts qu'il a été difficile de lutter contre les importations déloyales. »

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Maciek Nabrdalik. – Le dirigeant de l'Association des terres frontalières, qui fait un travail mémoriel sur les massacres perpétrés par les nationalistes ukrainiens dans les années 1940, 2023
© Maciek Nabrdalik - The New York Times - REDUX-REA

« Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'agriculture ukrainienne est plus mécanisée qu'à l'Ouest. La taille des exploitations fait la différence et permet d'amortir le coût des machines ultra—modernes », complète M. Krzysztof Nykiel, président de l'Union nationale des cultivateurs de betteraves à sucre. « Si les prix restent à ce niveau, il y aura énormément de casse en Europe, s'alarme-t-il. Lorsque nous en parlons à Bruxelles avec les Français et d'autres, on s'inquiète d'être pris en étau par les accords passés également avec le Mercosur, l'Australie ou l'Inde, autant de pays qui cultivent une canne à sucre très bon marché. »

L'Ukraine est le premier pays agricole du continent après la Russie, avec 32,9 millions d'hectares de terres arables particulièrement riches en humus, soit le double de la France (16,9) et le triple de la Pologne (11,2) (2). Elle pourrait prétendre à une portion considérable du budget de la politique agricole commune (PAC). En 2021, l'Ukraine a produit 85 millions de tonnes de céréales ; la France, 53 ; et la Pologne, 35. En outre, plus de la moitié de la surface agricole utile (57 %) est gérée par des entreprises de plus de 1 000 hectares, tandis que la moyenne des exploitations est de 11 hectares en Pologne. Les conglomérats sont particulièrement imposants dans le grain et la betterave sucrière, avec une moyenne de 23 700 hectares par exploitation (1 763 fois la moyenne européenne). Conséquence : des coûts de production bien moins élevés.

En 2023, les agriculteurs n'étaient pas les seuls à manifester leur mécontentement. Fin novembre, les transporteurs routiers polonais ont bloqué la frontière avec l'Ukraine, immobilisant des milliers de camions dans le sud-est du pays. Ils dénonçaient l'accord de libre circulation entre l'Ukraine et l'Union européenne, qui a supprimé à partir de juin 2022 le système de licences régulant jusqu'alors l'entrée des routiers ukrainiens. « Nous avions eu la promesse du gouvernement polonais qu'il ne serait pas reconduit », se souvient M. Waldemar Jaszczur, meneur des manifestations à l'époque. Mais, trois ans plus tard, le Parlement européen a voté pour une prolongation de l'accord. Le secteur s'enfonce dans la crise.

Au premier rang sur le continent, avec environ 20 % du marché évalué en tonnes-kilomètres, dont les deux tiers hors du pays (3), le transport routier polonais perd du terrain au profit des entreprises ukrainiennes. Celles-ci offrent des tarifs bien plus attractifs grâce à des salaires deux fois plus bas et à l'absence de certains coûts liés aux normes européennes. Cette concurrence se ressent particulièrement dans les activités dites de « cabotage », soit les livraisons à l'intérieur d'un pays dont la compagnie n'est pas originaire. Bien qu'en théorie interdit aux entreprises ukrainiennes, il se répand au détriment des entreprises polonaises, qui réalisaient 44 % du cabotage au sein de l'Union avant 2022.

Outre les difficultés dans le transport vers l'ouest, les camionneurs polonais voient leurs perspectives se boucher à l'est. La Russie, ancienne direction prioritaire pour M. Jaszczur, est désormais sous sanctions. Le commerce avec l'Ukraine leur échappe aussi. « Nous ne sommes plus rentables », lâche Mme Marzena Fik, qui travaille pour l'entreprise de son père. Établie à Zamość, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne, la compagnie disposait en 2022 d'une flotte de dix camions livrant des fruits depuis les ports néerlandais vers Lviv, la ville principale de l'ouest de l'Ukraine. Aujourd'hui, il n'en reste plus que cinq. « Au début de la guerre, nos chauffeurs ne voulaient plus aller en Ukraine. Ils avaient peur », explique-t-elle. Ces semaines de flottement ont coïncidé avec une perte du marché. Les transporteurs polonais représentaient 38 % du trafic à la frontière en 2021, seulement 8 % en 2023, selon la douane polonaise.

Le premier bénéficiaire de fonds européens

À cette conjoncture délicate, il faut ajouter la hausse constante des salaires, des prix de l'énergie et la pénurie de main-d'œuvre, syndromes d'une économie de plus en plus comparable à celle de ses partenaires occidentaux. Conscient qu'il ne peut recruter qu'à l'étranger, M. Jaszczur réclame au gouvernement de « simplifier les demandes de visas ». Neuf de ses chauffeurs sur dix sont biélorusses. « Notre seule perspective : cesser notre activité d'ici à la fin de l'année », déplore de son côté Mme Fik. L'entreprise familiale subira le même sort que 1 500 autres du secteur depuis le début de 2025.

À ces préoccupations économiques et sociales s'ajoutent les querelles mémorielles, attisées par les réhabilitations par le président ukrainien Volodymyr Zelensky de nationalistes ayant collaboré avec l'Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale, massacrant Juifs et Polonais (4). Après la dernière provocation ukrainienne — le baptême d'une unité militaire en hommage à l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), responsable de crimes de masse en Volhynie —, le président polonais Karol Nawrocki a retiré le 19 juin à M. Zelensky l'ordre de l'Aigle blanc — la plus haute distinction du pays, qui lui avait été attribuée en 2023. Une crise diplomatique d'une ampleur inédite s'ouvre entre les deux pays, en dépit des gestes d'apaisement du président ukrainien, qui a ouvert les archives sur les massacres de Volhynie et autorisé des exhumations.

Résultat, les Polonais, qui célébraient la proximité des deux langues, des deux peuples, et figuraient parmi les appuis les plus fervents à l'Ukraine, s'en éloignent. Une enquête d'opinion montre qu'entre février 2024 et novembre 2025 les opposants au soutien militaire à l'Ukraine sont passés de 26 % à 39 %, ceux qui y sont favorables n'étant plus que 44 %. Par ailleurs, 47 % pensent que « l'État polonais aide trop les réfugiés ukrainiens », et seulement 7 % « trop peu » (5). L'intégration de l'Ukraine à l'Union européenne ne recueillait plus que 50 % de soutien fin juillet 2026 (9 % des Polonais la souhaitant « dès que possible » et 41 % considérant que « rien ne presse »). Cette approbation était de 74 % en mai 2023 et de 90 % en mars 2022. Les opposants sont désormais 40 %, contre seulement 2 % après l'invasion russe de février 2022 (6).

Ce scepticisme ne cesse de grimper au fil des sondages, au point qu'à la droite du PiS, déjà très conservateur, émergent deux partis qui surfent sur ce mécontentement : Konfederacja Wolność i Niepodległość (Confédération liberté et indépendance, réunissant le Mouvement national et Nouvel Espoir) et Korona (Confédération de la Couronne polonaise). « On assiste à une montée du sentiment antiukrainien, nous assure par exemple M. Michał Wawer, vice-président du Mouvement national et député de Konfederacja. Je suis presque certain que l'idée d'une adhésion de l'Ukraine serait perçue comme une anticipation d'une immigration encore plus importante et plus problématique. L'autre souci, bien sûr, est la crainte que cela n'entraîne la Pologne et toute l'Europe dans une guerre contre la Russie. »

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Maciek Nabrdalik. – Exposition d'affiches de graphistes ukrainiens et polonais en soutien à l'Ukraine, Wrocław, 2023
© Maciek Nabrdalik - The New York Times - REDUX-REA

Signe d'un malaise grandissant, alors que les prochaines élections législatives auront lieu à l'automne 2027, tous les autres partis ont, en pratique, décliné notre invitation à s'exprimer sur le sujet. Même trouble du côté du vice-ministre des affaires étrangères, M. Marcin Bosacki, toujours ouvert à… différer le rendez-vous proposé. « L'Ukraine ne peut pas être admise dans l'Union européenne tant qu'elle ne rejette pas complètement le courant qu'elle suit aujourd'hui », écrivait le 4 juillet le chef du PiS, M. Jarosław Kaczyński, aux membres de son parti, en leur demandant d'utiliser tous les moyens disponibles pour « bloquer les actions du gouvernement [de M. Donald] Tusk visant à intégrer l'Ukraine à des conditions privilégiées ». Ce renversement prend des allures de paradoxe, alors que le gouvernement de Varsovie, dirigé à l'époque par le PiS, a encouragé l'Ukraine à déposer sa demande d'adhésion au début de la guerre. « La Pologne s'est souvent retrouvée isolée dans ses propositions successives visant à offrir explicitement une perspective d'adhésion à l'Ukraine, alors que l'Europe occidentale se montrait réticente », rappelle l'historien et politiste Łukasz Adamski. Le directeur du Centre Mieroszewski, consacré à l'étude des sociétés d'Europe centrale et orientale, ajoute : « Le courage avec lequel l'Ukraine défend sa souveraineté contribue à notre sécurité. Cependant, la pression exprimée par certains responsables ukrainiens en vue d'une adhésion au plus vite reste inacceptable pour l'opinion publique polonaise. Celle-ci se souvient des efforts considérables que la Pologne a dû déployer pour se conformer aux normes européennes. »

En 1990, le produit intérieur brut de la Pologne (en parité de pouvoir d'achat) représentait moins de la moitié de celui de l'Ukraine (7). En 2024, il représentait trois fois plus. Le « rattrapage » économique saute aux yeux, des gratte-ciel de Varsovie aux autoroutes flambant neuves qui sillonnent le pays. Il se voit jusque dans le moindre village aux maisons cossues et bien entretenues. Depuis son adhésion à l'Union européenne en 2004, la Pologne connaît la plus forte croissance des Vingt-Sept. C'est aussi le premier bénéficiaire net de fonds européens, avec 261 milliards d'euros perçus les vingt premières années, soit trois fois plus que sa contribution (8).

Le maire de Zamość, M. Rafał Zwolak, nous propose de grimper sur le beffroi de l'hôtel de ville pour visualiser tout cela. À 52 mètres au-dessus de la place du marché et ses façades colorées, il fait le tour du propriétaire : « Au début, notre ville de 57 000 habitants faisait partie des trois qui recevaient le plus de dons, jusqu'à 50 % de notre budget. Cela a permis de restaurer de nombreux bâtiments. Voyez l'Académie, la seconde plus vieille université de Pologne, puis la cathédrale, l'église franciscaine, les remparts… Grâce à ces restaurations, le tourisme a beaucoup progressé. Pour le zoo, par exemple, le nombre de visiteurs est passé de 20 000 personnes en 2004 à 250 000 aujourd'hui. »

Une fois la guerre terminée, le coût de la reconstruction de l'Ukraine dépasserait les 500 milliards d'euros, selon une évaluation internationale datant de février dernier (9). Dans une hypothétique Europe à trente-six, qui intégrerait tous les pays des Balkans, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine, cette dernière capterait 41 % des fonds européens, selon une étude prospective (10).

Pour les plus optimistes, la réussite polonaise pourrait servir d'exemple à l'Ukraine tout en profitant à leur pays. « C'est le grand voisin de la Pologne avec la culture la plus proche, une zone d'extension naturelle pour nos activités », explique M. Jakub Karnowski, président-directeur général de KredoBank, une banque polonaise opérant sur le marché ukrainien. Il est aussi un ancien chef de cabinet de M. Leszek Balcerowicz, ministre des finances au sortir du communisme et principal artisan de la « thérapie de choc ».

Dans les couloirs en verre de la prestigieuse École des hautes études commerciales (SGH) de Varsovie, les étudiants ukrainiens portent tous la vyshyvanka, une broderie colorée et traditionnelle célébrée à la fin mai. Les discussions au tableau portent sur les défis macroéconomiques du pays. Diagrammes et recommandations à l'appui, l'Association étudiante pour la reconstruction de l'Ukraine présente son rapport. M. Karnowski encadre leurs travaux et suit leurs parcours. Selon lui, « la majorité de ces jeunes vit en Pologne depuis plusieurs années et restera ici ». Certains jeunes hommes ne sont pas retournés au pays depuis le début du conflit, pour éviter un enrôlement dans l'armée. C'est le cas de Danylo. « Je ne sais pas, ça dépendra de l'évolution politique », dit-il en hésitant quand on lui pose la question du retour.

En proie à des perspectives démographiques inquiétantes, l'Ukraine espère voir sa diaspora revenir. « Les deux pays se retrouveront en compétition pour la main-d'œuvre », prédit M. Karnowski. Car, de son côté, la Pologne fait face à des dynamiques similaires, avec une fécondité tombée à 1,03 enfant par femme. De nombreux chefs d'entreprise voient une occasion dans l'adhésion promise à l'Ukraine. « Nous pourrions en profiter, comme l'Allemagne en a profité avec nous », dit en souriant M. Dariusz Szymczycha, vice-président de la chambre de commerce polono-ukrainienne. Communiste durant toutes les années 1980, il a ensuite conseillé l'ex-président social-démocrate Aleksander Kwaśniewski et organisé le référendum sur l'adhésion à l'Union. « Nous préparons déjà la reconstruction. Nous pouvons nous placer dans les secteurs du BTP, de l'énergie, de la banque ou des produits agricoles transformés », énumère M. Szymczycha.

Consciente que la compétition sera féroce, la Pologne veut croire en ses arguments. « Depuis le début de la guerre, très peu de nouveaux acteurs sont apparus sur le marché ukrainien. Les gagnants seront ceux qui étaient déjà là, et c'est notre cas », avance M. Karnowski. « La seule acquisition financière majeure en temps de guerre vient d'une entreprise polonaise », note M. Szymczycha, en référence au rachat récent de la branche ukrainienne de MetLife par le géant des assurances PZU.

Outre l'aide humanitaire et des livraisons de matériel militaire, les liens économiques entre les deux pays se resserrent. La Pologne est le deuxième partenaire commercial de l'Ukraine et son premier marché d'exportation, selon la chambre de commerce polono-ukrainienne. Une partie du pétrole et du gaz transite notamment par les ports polonais. Certains travailleurs pourraient bénéficier de l'arrivée de l'Ukraine, reconnaît M. Bartosz Rydliński, professeur de science politique et responsable de la branche éducation de l'OPZZ, la principale confédération syndicale du pays. « Pour les autres travailleurs, la logique du capitalisme mondial demeure, complète-t-il. Mes compatriotes polonais ont offert une main-d'œuvre bien moins chère au Royaume-Uni, à la Suède ou à l'Irlande lorsque nous avons rejoint l'Union européenne. Les Ukrainiens feront de même. C'est pourquoi les syndicats polonais et européens doivent s'engager à l'avenir pour informer les travailleurs ukrainiens sur leurs droits. Il faut les syndiquer et leur expliquer que le dumping social ne profite à personne en définitive. »

Alors que M. Zelensky souhaite que son pays adhère à l'Union européenne dès 2027, le constat qu'il faudra du temps fait consensus… même chez les étudiants ukrainiens rencontrés à la SGH, qui estiment de concert que leur pays a d'abord besoin d'importantes réformes, notamment pour lutter contre la corruption et adopter les normes européennes. Ils regrettent les divisions récentes au sein de la Rada (le Parlement) qui ralentissent l'adoption des mesures attendues par la Commission européenne. « Nos négociations ont duré quatre ans », rappelle M. Szymczycha. Il espère que l'ouverture du premier chapitre de négociations le 15 juin (lire « La tentation du coupe-file »), après la levée du veto hongrois par le gouvernement de M. Péter Magyar, « donnera de l'air au camp réformateur à Kiev ».

Un climat de défiance grandit en Europe centrale

« L'Ukraine a les moyens de dominer le marché européen, notamment dans les céréales et la production animale », reconnaît M. Wojciechowski, qui plaide pour que les conglomérats ne puissent jamais toucher d'aides européennes. Mais l'ancien commissaire européen à l'agriculture souligne la tâche qui incombe aux pays de l'Union : « Pour nous préparer, nous devons muscler notre agriculture en suivant le modèle italien : des petites exploitations, souvent familiales, mais avec beaucoup de transformations locales, des agriculteurs très intégrés dans la chaîne de valeur, avec des labels, un investissement dans la qualité, du bio, etc. » Selon lui, la Commission de Bruxelles devrait promouvoir une telle approche, en mesure de résister au modèle agro-industriel ukrainien. Mais c'est là que le bât blesse. « Le prochain budget de la politique agricole commune prévoit de réduire la voilure de 30 %, déplore-t-il. Si c'est comme ça qu'on prépare l'avenir, on va perdre notre agriculture. »

Réunie fin juin à Gdańsk, la cinquième conférence sur la reconstruction de l'Ukraine accordait à son intégration à l'Union européenne une place centrale. Dans son discours d'ouverture, M. Tusk, le premier ministre polonais, voyait dans le rattachement de son voisin au camp occidental « une mission civilisationnelle ». À cette occasion, la Commission européenne a par ailleurs acté le versement de la première tranche du prêt de 90 milliards d'euros, destiné à boucler le budget lourdement déficitaire de l'État ukrainien en guerre.

Mais, derrière la centaine de contrats et de lettres d'intention signés — sous réserve que la guerre prenne fin —, la conférence illustrait le climat de défiance qui grandit en Europe centrale. Ni le président Zelensky ni son homologue polonais n'ont fait le déplacement. Plusieurs accords entre les entreprises publiques des deux pays ont été annulés à la dernière minute, malgré les appels à la désescalade venus des milieux d'affaires. Aucun apaisement n'apparaîtra à l'horizon sans un travail sérieux sur les défis que posent l'adhésion de l'Ukraine et le retour de ses démons ultranationalistes.

Voir en ligne : /2026/10/DESCAMPS/70109

(1) Lire Corentin Léotard, « Des céréales ukrainiennes au goût amer », Le Monde diplomatique, septembre 2023.

(2) Chiffres de 2023 disponibles sur le site de la Banque mondiale.

(3) « Le transport routier de marchandises sous pavillons européens en 2024 », Service des données et études statistiques (SDES), Paris, 26 novembre 2025.

(4) Lire Catherine Gousseff, « Aux confins de la Pologne et de l'Ukraine, l'ombre des minorités effacées », Le Monde diplomatique, juin 2026.

(5) « Ukraine and Polish-Ukrainian relations as seen by Poles » (PDF), Centre Mieroszewski, Varsovie, janvier 2026.

(6) « Komunikat z Badań n° 80 », sondage à propos de « l'opinion des Polonais sur l'aide internationale à l'Ukraine en guerre » publié par le Centrum Badania Opinii Społecznej (SBOS), Varsovie, 28 juillet 2026.

(7) « PIB ($ PPA internationaux constants de 2011) », Banque mondiale.

(8) Aleksandra Krzysztoszek, « La Pologne a triplé le “retour sur investissement” de son adhésion à l'UE », Rapporteur, 2 mai 2024.

(9) « Ukraine : Fifth rapid damage and needs assessment », Banque mondiale, Union européenne, gouvernement d'Ukraine et Nations unies, février 2026, https://documents.worldbank.org

Journal of Current Chinese Affairs

28 August 2026 at 09:18

Une étude de la façon dont les banquets permettent de tisser les « liens interpersonnels » (guãnxì), si importants dans les divers aspects de la vie en Chine. (Vol. 55, n° 1, avril, trimestriel, gratuit en ligne. — Hambourg.)

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