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Droits de l’homme et le cas de la Roumanie : l’Occident qui annule des élections peut-il vraiment donner des leçons de morale ?

En cette année 2026, véritable *annus horribilis* où l’impérialisme a fait arrêter des présidents légitimes comme Maduro au Venezuela et massacré des guides spirituels et religieux tels que Khamenei, l’Occident collectif continue de se poser en juge des « droits de l’homme ». La situation semblerait grotesque si elle n’était tragique. Toutefois, une analyse approfondie révèle toutes les ramifications de l’affaire, lesquelles s’inscrivent pleinement dans la vision colonialiste que l’Occident entretient à l’égard du reste du monde ; ce dernier est perçu comme une simple entité indistincte, vouée à être jugée, traduite en justice et soumise afin d’en extraire de la valeur. Dans cette optique suprémaciste, les peuples ne sauraient nourrir la moindre ambition de souveraineté ni prétendre à une quelconque représentation, car ils ne sont pas considérés comme des peuples capables d’accéder au statut de nations, mais simplement comme des multitudes vouées à la domination.

par Paolo HAMIDOUCHE

Peu importe que l’Occident soit en faillite face au Sud global. L’idéologie suprémaciste qui imprègne la rhétorique colonialiste des droits de l’homme continue d’agir, alimentée par de bonnes intentions. De bonnes intentions seulement, car les actes restent marqués par la violence et l’oppression. Ainsi, lors de la Troisième Commission de la 81e Assemblée générale de l’ONU, l’Occident — emmené par l’empire britannique déchu — a de nouveau attaqué la République populaire de Chine sur la question des « droits de l’homme ». Dans sa réponse, le représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations unies, Sun Lei, a souligné le deux poids, deux mesures à l’œuvre, d’autant plus que ces normes — que les « maîtres » voudraient voir respectées à l’étranger — ne sont absolument pas appliquées en Occident même. Quelques jours plus tard, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a elle aussi remué le couteau dans la plaie en demandant à l’Élysée des nouvelles du « jardin enchanté » (référence à Josep Borrell) où les droits de l’homme sont suspendus à l’égard de « ses propres enfants » manifestant dans la rue. Enfin, l’Iran n’a évidemment pas manqué de souligner, par la voix de M. Baqaei, le changement de ton brutal opéré en quelques mois sur la question des droits de l’homme selon la zone géographique, avertissant : « Si les droits de l’homme et le droit de manifester sont des principes universels, leur définition ne devrait pas varier en fonction de la situation géographique du manifestant. »

Désormais, même la conception libérale des « droits formels » est remise en question en Europe sous prétexte de « guerre hybride » et de pressions géopolitiques. Il suffit de songer à Macron lui-même, en proie à la paranoïa face aux infiltrations prorusses, lui qui a fait part aux chefs de parti de ses craintes de déstabilisation il y a à peine quelques semaines. En Amérique, en revanche, la situation est peut-être pire encore : avec Maduro, on a agi de manière autoritaire, sans le moindre artifice rhétorique pour tenter de justifier le coup d’État. Et aujourd’hui, dix mois plus tard, on en rajoute.

Le FBI a en effet fait savoir qu’il retenait un nouveau chef d’accusation contre le prisonnier Maduro et son épouse Flores : « complot en vue de commettre des actes de torture ». Les procès politiques — lorsqu’ils ont lieu, contrairement au sort réservé à Khamenei, exterminé avec une partie de sa progéniture — visent la famille pour « complicité » et se fondent, de toute évidence, sur des chefs d’accusation variables. Le caractère personnel de la responsabilité pénale devient aléatoire, tout comme le chef d’accusation est fluctuant, lorsqu’une inculpation politique est engagée par un régime ; ainsi, le « complot en vue de commettre des actes de torture » devient une infraction où l’intention délictueuse et la faute s’étendent à tout l’entourage de l’accusé. Appelons donc les choses par leur nom : il s’agit d’un procès politique, et non judiciaire. Or, l’Occident, qui en cette année 2026 s’est adonné aux procès politiques sommaires, a l’audace de se poser en « maître » — pour ne pas dire en « juge » — et de pointer du doigt la République populaire de Chine pour son mépris de la vie humaine. C’est curieux, ne serait-ce que parce que le respect de la vie humaine exigerait la reconnaissance et le respect de la diversité des formes d’organisation des populations, de l’autodétermination des peuples et de tous ces principes dont l’Occident continue de se moquer au nom de la primauté du modèle de gouvernement libéral-démocrate. Un modèle qui, plus que jamais en 2026, s’avère n’être qu’une forme au sens littéral du terme, c’est-à-dire une simple « apparence extérieure ». En effet, cette démocratie libérale recèle en son sein des failles qui en compromettent désormais la survie même. Prenons pour exemple ce qui se passe en Roumanie où, après la victoire du candidat souverainiste indépendant C. Georgescu, les élections ont été purement et simplement annulées au motif d’une « manipulation des suffrages ». Aucun « juge » des sacro-saints « droits de l’homme » occidentaux n’a trouvé à redire au fait qu’une instance constitutionnelle puisse décréter quel suffrage est « manipulé » et lequel est « intègre ». La Cour européenne des droits de l’homme a même avalisé cette décision en déclarant irrecevable le recours de Georgescu. Par ailleurs, ces « juges » qui aiment discourir sur la situation politique d’autrui n’ont rien vu des conditions liberticides — dignes d’un réfugié — imposées à Julian Assange pour le « crime » de journalisme, avant qu’il ne soit contraint de faire amende honorable et de se retirer de la vie publique. C’est ce qu’a dû faire le président Georgescu en Roumanie, mais cela n’a pas suffi dans son cas. Le délit politique pèse manifestement plus lourd ; rappelons qu’un philosophe soulignait déjà auprès de ses pairs que l’enjeu, aujourd’hui, n’est plus d’interpréter le monde, mais de transformer l’état de choses existant. Pour celui qui s’engage directement en politique, il ne suffit pas de renier ses convictions et de se retirer de la vie publique, car son passé et ses relations continuent d’influer sur le présent.

En effet, la répression visant l’idéologie souverainiste en Roumanie s’est concentrée sur le dirigeant Călin Georgescu, au point de lui valoir diverses inculpations, interpellations et placements en détention provisoire (sic !), mesures qui ne se sont arrêtées ni devant son annonce de retrait de la vie publique ni devant sa personne. Comme je le rappelais précédemment, la caractéristique d’un procès politique est la disparition du principe de responsabilité pénale individuelle, car l’on a affaire à un régime politique qui s’attaque à une idée. Et comme le soulignait curieusement Medgar Evers — militant des droits civiques abattu d’un coup de fusil dans le dos par un suprémaciste dans la cour de sa propre maison, au sein de la patrie des « droits civiques » —, les idées ne s’arrêtent pas avec l’arrestation d’un homme, car « on peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer une idée ». On procède donc directement à l’arrestation et à l’inculpation de l’entourage immédiat, voire de toute personne professant la même idée. Ce n’est pas un hasard si le principal candidat de l’opposition roumaine, George Simion — qui porte l’idéal souverainiste dans ce pays —, a tiré la sonnette d’alarme ces derniers jours, se disant menacé d’arrestation après avoir perdu de manière inattendue le second tour des élections en mai 2025. Tout cela survient alors que C. Georgescu a de nouveau été inculpé et arrêté dans le cadre d’une enquête récente pour une fraude présumée. Alors que la Roumanie est privée de gouvernement depuis maintenant cinq mois — une impasse institutionnelle révélatrice d’une incapacité à gouverner, après l’annulation d’élections qui avaient pourtant conféré une légitimité claire à une formation politique, laquelle a été évincée une fois la victoire acquise —, l’acharnement de la justice roumaine à l’encontre de l’ancien homme politique a suscité des protestations populaires dans tout le pays ainsi qu’au sein de la communauté roumaine à l’étranger, déclenchant un élan de solidarité envers celui que l’on désigne comme « le président en exercice ». En somme, des événements singuliers se produisent au sein d’un Occident qui aime se poser en champion des droits de l’homme et de la démocratie libérale, mais uniquement chez les autres.

Publié à l’origine par Divergence Politique

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Black Sea Security Crisis Deepens as European Parliament Calls for EU Naval Operation

A series of drone attacks on commercial shipping near Romania and Bulgaria has left sailors dead or missing, bringing Russia’s war against Ukraine closer to NATO territory. The European Parliament is calling for an EU naval mission, while Romania has begun shooting down hostile drones and NATO is preparing additional defensive measures.

The European Parliament has called for the possible deployment of an EU naval operation in the Black Sea following a series of deadly attacks on civilian merchant vessels near the Romanian and Bulgarian coasts. The resolution, adopted on 22 October 2026 by 432 votes to 52, with 88 abstentions, reflects mounting concern over the expansion of maritime threats towards NATO’s south-eastern flank.

The parliamentary resolution urges EU member states to consider establishing a naval mission to protect commercial shipping, while calling on NATO to examine a complementary regional initiative, provisionally described as Black Sea Sentry.

On 23 October, a drone struck the Comoros-flagged cargo vessel Khoryv, approximately 13 nautical miles from Romania’s port of Constanța. The vessel caught fire and sank, leaving one sailor confirmed dead and three missing. Nine crew members were rescued. The ship was carrying 13 Ukrainian and Azerbaijani sailors. According to information attributed to Romanian maritime authorities, difficult weather complicated rescue efforts.

Romanian President Nicușor Dan blamed Russia for the attack, which followed at least seven other strikes on commercial vessels during October. Across the incidents, approximately 30 sailors have been reported dead or missing, although the confirmed death toll is considerably lower.

Civilian Shipping Under Attack

The escalation began on 5 October when the Royad Mammadov, a Turkish-owned grain carrier sailing under the flag of Saint Kitts and Nevis, sank in Romania’s exclusive economic zone. Two sailors died and eleven were rescued. The vessel had departed the Ukrainian Danube port of Izmail carrying corn destined for Ravenna, Italy. Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy attributed the sinking to Russian drones, although Romanian authorities did not initially establish responsibility.

The following day, two merchant ships were attacked approximately 70 nautical miles east of the Bulgarian coastal town of Byala. As EU Today reported, the Togo-flagged Alfa Watan sank after sustaining severe damage, while the Palau-flagged Able caught fire. All 18 sailors aboard the latter vessel were rescued, but the crew of the Alfa Watan remained unaccounted for.

The Bulgarian authorities confirmed that both aerial and maritime drones had been involved. Further attacks followed on 13 October, when the HS Dignity sank near Shabla, leaving eleven sailors missing, while the Chelsea-3 was struck near Byala. All 15 crew members of the latter vessel were evacuated.

Two chemical tankers, the Yara J and Wine Trader, were subsequently attacked near the Sulina Canal, a strategically important route connecting the Danube with the Black Sea. The incidents exposed the vulnerability of shipping corridors connecting Ukraine with international markets.

Romania Moves Towards Active Military Defence

Romania has responded by strengthening surveillance and authorising direct military action against drones entering its airspace. On 17 October, two Romanian F-16 fighter aircraft intercepted and destroyed hostile drones over Romanian territorial waters.

According to the Romanian Ministry of National Defence, the aircraft were scrambled from Borcea Air Base after radar systems detected aerial targets approaching from the direction of Snake Island. The drones, identified as jet-powered Geran-family attack aircraft, entered Romanian airspace before being destroyed southeast and east of Sulina.

The ministry disclosed that, during the preceding week, its radar systems had detected eight separate incidents involving aerial targets near the Romanian border, including four brief incursions into national airspace. On 14 October, Spanish F-18 aircraft operating under NATO air-policing arrangements were scrambled after drones approached Romanian airspace.

Bulgaria’s More Cautious Response

Bulgaria has taken a more reserved position concerning responsibility for the attacks. Although Prime Minister Rumen Radev acknowledged their seriousness, his government maintained that investigations must establish the origin of the drones before definitive conclusions could be drawn. Sofia nevertheless strengthened maritime surveillance, deployed rescue resources and requested assistance from European and NATO partners.

In August, a drone crossed into Bulgarian airspace from Romania and exploded near infrastructure associated with the Trans-Balkan Gas Pipeline. According to the Bulgarian government’s account, the aircraft was not detected by either national radar systems or NATO’s Combined Air Operations Centre in Torrejón, Spain. The European Parliament has now urged Sofia to accelerate participation in NATO’s counter-drone initiatives.

EU Proposes Maritime Security Operation

The European Parliament’s proposals include establishing an EU naval operation, improving early detection of hostile drones, accelerating the development of a Black Sea Maritime Security Hub and providing additional defence funding to Romania and Bulgaria. MEPs have proposed using resources under the EU’s SAFE defence financing instrument to support regional capabilities.

The proposed hub would facilitate intelligence-sharing, maritime surveillance and protection of critical infrastructure. Romania and Bulgaria have requested EU satellite imagery to improve their awareness of maritime threats, while the European Maritime Safety Agency has offered additional support.

At their October summit, EU leaders condemned attacks on civilian shipping and called for safe passage for vessels transporting agricultural products. The European Council’s conclusions addressed Black Sea and Danube shipping routes. However, the parliamentary resolution does not authorise a naval deployment: such an operation would require agreement among EU governments on its mandate, resources and rules of engagement.

NATO Faces an Expanding Security Challenge

NATO has responded by examining additional maritime surveillance and defensive measures, including patrol aircraft, radar systems and unmanned platforms. Romania has proposed stronger regional command arrangements involving NATO’s Black Sea members.

An existing framework provides a basis for cooperation. In July, Romania, Bulgaria and Türkiye agreed to expand the responsibilities of their joint mine countermeasures task group to include protection of critical underwater infrastructure. The agreement announced by Romania’s Defence Ministry extended cooperation beyond detecting and neutralising drifting mines.

Protecting commercial vessels against aerial and maritime drones would require broader capabilities. NATO must also operate within the restrictions of the 1936 Montreux Convention, which regulates passage of warships through the Turkish Straits and limits deployments by non-Black Sea countries. Romania, Bulgaria and Türkiye would therefore play central roles in any sustained maritime security operation.

Black Sea Security and the Risk of Escalation

Ukraine’s maritime export corridors remain essential to agricultural shipments following repeated Russian strikes on ports and logistics infrastructure. Attacks on commercial vessels can increase insurance costs, discourage shipping companies and disrupt trade even when port facilities remain functional.

The sinking of merchant vessels near allied territory, combined with repeated drone incursions into Romanian airspace, increases the possibility of military confrontation arising from an individual incident. The legal and military circumstances differ depending on whether an attack occurs in territorial waters, an exclusive economic zone or international waters.

The European Parliament’s proposal raises questions extending beyond maritime patrols: how civilian shipping can be protected, what military responses are authorised and how responsibility for attacks will be established. The sinking of the Khoryv on 23 October illustrates how the western Black Sea has become an increasingly exposed part of Europe’s security frontier.

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