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Salariés, avez-vous vérifié comment votre employeur assure vos longues maladies ?

25 October 2026 at 17:38

Par Vincent Clairmont

Depuis le 1er juillet 2026, l'indemnité journalière maximale de l'Assurance maladie est de 42,97 euros brut par jour, soit environ 1 290 euros par mois. Ce plafond ne dépend pas de votre salaire : au-delà de 2 613,83 euros brut mensuels — 1,4 fois le SMIC, contre 1,8 fois avant le 1er avril 2025 —, votre indemnité ne bouge plus. Pour un cadre à 5 000 euros brut, la Sécurité sociale remplace donc 26 % du salaire sur un arrêt long. Les lecteurs me posent toujours la même question : suis-je couvert si je tombe malade un an ? Ma réponse, dans la majorité des cas : moins que vous ne le croyez, et vous n'avez jamais lu le document qui le dit.

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Les trois étages, et celui qui est facultatif

Premier étage, les indemnités journalières : 50 % du salaire journalier de base, à partir du quatrième jour, pendant 360 jours sur trois ans — trois ans en affection de longue durée exonérante, un an seulement pour les autres depuis le 15 octobre 2026.

Deuxième étage, le maintien de salaire par l'employeur, article L. 1226-1 du Code du travail : 90 % du brut trente jours, puis 66,66 % trente jours, à partir d'un an d'ancienneté et après sept jours de carence ; les durées s'allongent avec l'ancienneté, et les conventions collectives font souvent mieux.

Troisième étage, la prévoyance collective, qui comble l'écart entre le plafond public et votre salaire réel, puis prend le relais quand le maintien est épuisé. C'est celui-là qui est facultatif.

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Ce que l'obligation légale garantit vraiment

Si vous êtes cadre, votre employeur doit cotiser 1,50 % de la tranche 1 — la part de rémunération sous le plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 euros en 2026 —, en application de l'accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017. Mais lisez l'affectation : au moins 0,76 point doit financer la garantie décès. Le solde, 0,74 point au plus, peut couvrir l'incapacité, l'invalidité, une rente de conjoint ou une rente éducation. Peut, pas doit.

Aucun texte n'oblige votre employeur à vous assurer contre un arrêt long, et la seule sanction joue au décès : les ayants droit d'un cadre non couvert peuvent réclamer trois fois le plafond annuel, soit 144 180 euros en 2026. Pour l'invalidité, pas de sanction, parce que pas d'obligation.

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Comment vérifier, et les trois chiffres qui comptent

Trois documents. Le bulletin de paie, où vous cherchez une ligne « prévoyance »

Prévoyance des indépendants ? ou le prix du statut

4 October 2026 at 12:21

Par Eric V.

Deux chiffres qui ne vont pas ensemble. Un artisan en arrêt maladie touche au maximum 65,84 euros par jour. Un libéral, pour la même maladie, 197,51. Même pays, même année, même dos bloqué. La variable n'est pas le risque : c'est la caisse. Voici les quatre garanties qu'il faut couvrir soi-même.

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Ce que vous toucherez le jour où vous ne pourrez plus travailler ne dépend ni de ce que vous avez perdu, ni de ce que vous avez cotisé, ni de la gravité de ce qui vous arrive. Cela dépend de la caisse à laquelle votre métier vous a affilié. Je voudrais le montrer sur les quatre garanties qui comptent vraiment, et dire lesquelles il faut couvrir soi-même — parce qu'aucun régime obligatoire ne les couvre, et parce que l'État le sait si bien qu'il a rendu la dépense déductible.

Je dois dire d'où je parle. J'ai fondé Tripalio, qui publie des données sur les conventions collectives et les régimes de protection sociale complémentaire. C'est un lien, et je ne vais pas l'enterrer en note de bas de page. Mais je n'ai aucun contrat à vous placer et aucune commission à percevoir sur ce que vous souscrirez, je me permets d'aller au point essentiel !

Depuis juin, tout le monde commente le même document : le baromètre CSA Prévoyance TNS publié par MetLife France, qui établit que 44 % des travailleurs non salariés disposent d'une prévoyance complémentaire, et que le prix est le premier frein pour 60 % de ceux qui n'en ont pas. C'est une brillante illustration de la façon dont on manque un sujet. On y lit un problème de pouvoir d'achat là où il y a un problème d'architecture. Le même baromètre donne pourtant l'information décisive, et personne ne la relève : 62 % des indépendants ne tiendraient pas plus d'un mois avec les seules prestations obligatoires. Ce n'est pas que la prévoyance soit chère. C'est que le socle n'en est pas un.

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Le même dos, trois tarifs

Prenons une hernie discale, trois semaines d'arrêt, trois personnes de quarante-cinq ans qui gagnent chacune 80 000 euros par an.

La première est artisan. Son indemnité journalière vaut un sept-cent-trentième de son revenu annuel moyen des trois dernières années, et ce revenu est retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 euros pour 2026. Soit 65,84 euros par jour, au mieux, après trois jours de carence, et à condition de justifier de douze mois d'affiliation continue. Si son revenu moyen des trois années passées est inférieur à 4 582 euros, elle ne touche rien du tout.

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