❌

Normal view

La Chine est-elle le nouveau centre du monde ?

By: A A
14 October 2026 at 17:05

par Alvaro GARCIA LINERA

En 1858, Karl Marx avait prédit l’ascension de l’Asie au rang de centre du capitalisme. Aujourd’hui, la Chine confirme sa prophétie en occupant une position dominante dans l’économie mondiale (19,9% du PIB mondial en PPA) et dans le secteur industriel : elle est en tête dans 7 des 10 industries les plus avancées, dans la transition énergétique et dans la fabrication de haute technologie. Sa croissance a multiplié son économie par 54 depuis 1990 grâce à la planification et aux investissements de l’État. Bien que les États-Unis conservent la primauté du dollar et de leurs bases militaires, la Chine est le plus grand créancier mondial et la puissance décisive. L’article conclut en critiquant l’aveuglement des élites latino-américaines qui se tournent vers des puissances en déclin.

En 1858, Karl Marx s’était penché sur la marginalisation imminente de l’Europe et des États-Unis face à l’expansion du capitalisme en Asie. Dans une lettre adressée à Engels, il exprimait sa crainte qu’une future révolution européenne ne soit géographiquement réduite à un «petit coin» du monde, compte tenu de la montée de la société bourgeoise dans de vastes régions de la planète telles que la Chine, le Japon, l’Australie et la Californie (Œuvres complètes, vol. 40).

Nous étions au milieu du XIXe siècle, marqué par la domination mondiale absolue de l’Empire britannique, l’élan de la première révolution industrielle — la puissance de la vapeur, l’industrie textile — et la présence des États-Unis en tant que puissance intermédiaire fournissant du coton aux grandes usines de Manchester. Mais au-delà de tout cela, Marx voyait en Asie, et en Chine en particulier, la formation embryonnaire du nouveau cœur du capitalisme mondial.

Cent soixante-huit ans se sont écoulés, et les prédictions de Marx ont été confirmées par l’histoire. Aujourd’hui, la Chine est la plus grande économie de la planète. En mesurant le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) — ce qui élimine les distorsions liées aux taux de change du marché et aux différences de coût de la vie —, le FMI estime que l’économie chinoise représente aujourd’hui 19,9% de l’économie mondiale, tandis que celle des États-Unis atteint 14,5% et celle de l’Union européenne (UE), 14%. En 1990, le PIB de la Chine ne représentait que 3% du total mondial, celui des États-Unis 19% et celui de l’Europe 23% (IMF DataMapper, 2026). Si l’on prend en compte l’ensemble de l’Asie, le PIB du continent atteint 49% du total mondial.

Cela n’a rien de surprenant. En 1700, l’économie asiatique représentait 60% de l’économie mondiale, tandis que celle de l’Europe atteignait un peu moins de 30% et celle de l’ensemble des États-Unis, 3% (Piketty, Le Capital au XXIe siècle, p. 76). À cette époque, le revenu moyen d’un Chinois était similaire à celui d’un habitant des Pays-Bas, alors leader commercial et financier de l’Europe. La colonisation européenne de l’Asie a détourné cette trajectoire pendant 200 ans, et aujourd’hui, ce continent est à nouveau à la tête de l’économie mondiale.

Mais la Chine n’est pas seulement en tête aujourd’hui en termes de taille de son PIB, mais aussi en ce qui concerne les fondements matériels sous-jacents de la puissance du pays.

En ce qui concerne la valeur ajoutée manufacturière, la Chine génère 29% du total mondial, tandis que les États-Unis et l’Union européenne y contribuent chacun à hauteur de 17% (Statista Research, 2025). On estime que d’ici 2030, cette part atteindra 45% (ONUDI, 2024). Ce leadership ne se limite pas à la fabrication de masse de jouets ou d’appareils électroménagers, mais s’étend également aux domaines des technologies de pointe et à la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur des produits. L’Information Technology and Innovation Foundation (ITIF) — un groupe de réflexion américain — montre que la Chine est déjà leader dans 7 des 10 industries les plus avancées au monde : les systèmes informatiques et électroniques, les produits chimiques, les machines et équipements, les métaux de base, les véhicules à moteur, les produits métalliques transformés et les équipements électroniques. De leur côté, les États-Unis occupent la première place dans la production de technologies de l’information et de services — en particulier la conception de puces d’IA —, dans le secteur pharmaceutique et dans d’autres secteurs des transports (ITIF, 2026).

En 2024, la Chine a fabriqué 86% des panneaux solaires mondiaux, 80% des batteries électriques, 72% des voitures électriques, 64% des smartphones, 54% des robots industriels et 49% des drones (El País, 25 septembre 2026).

En matière de consommation d’électricité, l’essor de la Chine a été spectaculaire. En 1990, la Chine consommait moins de 1 000 térawattheures (TWh), tandis que les États-Unis en consommaient 3 000 TWh. En 2025, la Chine a atteint 10 300 TWh, tandis que la consommation des États-Unis stagne depuis 20 ans autour de 4200 TWh (EIA, 2026).

De plus, la Chine est le premier «État électrique» au monde, étant à la fois le plus grand investisseur et le plus grand producteur mondial d’énergies alternatives. Elle a réussi à réduire le coût de production de l’énergie solaire de 350 dollars par MWh en 2016 à 35–60 dollars par MWh d’ici 2025. Ce coût est inférieur à celui de l’électricité produite à partir du gaz en cycle combiné (60–120 dollars par MWh) ou du charbon (71–170 dollars par MWh) (Lazard, LCOE, 2026).

La Chine est un pays qui ne produit pas de pétrole et qui, au cours du siècle dernier, a été l’un des plus grands extracteurs de charbon pour la production d’énergie. Cependant, au cours de la dernière décennie, c’est le pays qui a le plus contribué à la transition énergétique mondiale. Sa capacité installée de production d’énergie solaire s’élève aujourd’hui à 1175 TWh, alors que le reste du monde ne produit à lui seul que 1600 TWh (Statista, avril 2026). Aujourd’hui, la Chine dispose d’un complexe de production dont la capacité annuelle de fabrication de panneaux solaires s’élève à 1200 TWh, de sorte qu’en moins de 10 ans, une fois les problèmes de stockage et de transport surmontés, elle pourrait fabriquer suffisamment de panneaux pour enrayer le changement climatique (Tooze, 19 septembre 2025). Aucun pays au monde ne possède aujourd’hui une telle capacité de restauration écologique à l’échelle mondiale.

Dans l’ensemble, la croissance de l’économie chinoise représente entre 25% et 30% de la croissance de l’économie mondiale. De 1990 à 2025, la croissance moyenne de son PIB a été de 8,5%, atteignant 14% certaines années, bien qu’elle se soit stabilisée ces dernières années autour de 5%. Ce développement sans précédent lui a permis de multiplier la taille de son économie par 54 depuis 1990, alors que les États-Unis l’ont multipliée par 5,1 et l’Union européenne par 2,9 au cours de la même période (Banque mondiale, données ouvertes, 2026).

Grâce à une combinaison mûrement réfléchie d’ouverture aux investissements étrangers, de transferts de technologie, de soutien à l’investissement privé national et de création d’entreprises publiques dans des secteurs stratégiques de l’économie, la Chine a atteint cette position de leader tout en maintenant un taux d’investissement annuel qui, depuis plus de deux décennies, oscille entre 35% et 45% du PIB. À titre de comparaison, ce taux s’est établi à environ 17% aux États-Unis et à 22% dans l’Union européenne.

Sur le plan commercial, de 1990 à 2025, la Chine a accumulé un excédent commercial de 9 700 milliards de dollars. Pour la seule année 2025, alors que les États-Unis avaient déclaré une guerre commerciale, cet excédent a atteint 1100 milliards de dollars (BBC, janvier 2026). De plus, comme dans toutes les économies développées, la dette publique est élevée. Pour 2025, elle est estimée à 120% du PIB, un chiffre très proche des 125% des États-Unis (FMI, 2026). À cette différence près que la totalité de la dette chinoise est contractée en yuan auprès de banques d’État chinoises, tandis que la majeure partie de la dette américaine est détenue par des investisseurs privés et des gouvernements étrangers.

Ces flux de revenus ont permis à la Chine de devenir le premier créancier bilatéral mondial, devant la Banque mondiale ou le FMI. De 1990 à 2025, la Chine a accordé des prêts commerciaux d’une valeur de 2200 milliards de dollars, notamment aux États-Unis (AidData, novembre 2025). Ce chiffre est déjà supérieur aux 1300 milliards de dollars que, sur la même période, les États-Unis ont versés à titre d’aide militaire et économique à leurs pays alliés (USAFacts, septembre 2026). Ainsi, alors que la Chine a mis en place une infrastructure mondiale pour l’approvisionnement en matières premières et la distribution de marchandises (la «Route de la soie»), les États-Unis ont maintenu des armées et des dirigeants soumis à leurs desseins politiques.

Malgré toute cette puissance économique, la Chine — contrairement à ce qu’ont fait les États-Unis au XXe siècle et, avant eux, le Royaume-Uni — n’a pas encore établi l’hégémonie mondiale de sa monnaie, n’a pas déployé de bases militaires pour garantir sa suprématie politique, et n’exporte pas non plus sa culture ou son système politique comme un modèle à imiter par le reste des pays.

Aujourd’hui, le dollar continue de remplir la fonction de monnaie de réserve mondiale pour 85% des opérations de change mondiales, représente 58% des réserves internationales des banques d’États et sert de monnaie de règlement au sein du système SWIFT pour la plupart des paiements internationaux (BRI, 25 février 2026). Mais sur le plan intérieur, la Chine a déjà créé le deuxième plus grand marché obligataire au monde, évalué à 28 000 milliards de dollars, derrière celui des États-Unis, qui représente 61 000 milliards de dollars (Deutsche Bank, juillet 2026). De même, elle compte trois des dix centres financiers les plus importants au monde (Shanghai, Hong Kong et Shenzhen) et a lancé le système CIPS comme alternative pour les paiements internationaux.

Quant aux bases militaires à l’étranger, la Chine en possède trois, contre 750 pour les États-Unis, et, pour l’instant, elle ne semble pas intéressée par l’exportation de son modèle d’organisation politique appelé «socialisme aux caractéristiques chinoises». Quant à l’expansion culturelle, elle n’en est qu’à ses débuts — jeux vidéo, esthétique asiatique, plateformes de vente en ligne rapides —, alors que le marché intérieur gagne en importance pour la croissance économique. Aux États-Unis, la consommation des ménages représente 69% du PIB ; en Chine, 40% (Banque mondiale, 2026). À titre de comparaison, il y a vingt ans, le rapport entre le revenu par habitant de la Chine et celui des États-Unis était de 1 pour 20. Aujourd’hui, ce rapport est de 1 pour 3,5. Dans moins de 50 ans, il sera de 1 pour 1 (Milanovic, 2026). Tout indique que le «Grand Renouveau du pays chinois», par lequel ses dirigeants envisagent le rétablissement de la grandeur mondiale de leur pays, ne se mesure pas à l’aune de la précipitation de quelques décennies, mais à celle de la patience obstinée de plusieurs siècles.

Il ne fait aucun doute que la Chine est déjà aujourd’hui le centre du monde. Et, face à cela, il est tout simplement pathétique de voir les élites réactionnaires d’Amérique latine chercher désespérément à obtenir un visa américain ou acheter un appartement à Madrid pour rehausser leur statut de «modernes». Elles courent dans tous les sens, hébétées, à la poursuite des mirages de pays qui ne sont désormais plus que de «petits coins» du monde.

Publié à l’origine par  China Beyond the Wall

Traduction:  Reseau International

Diesel et crise diplomatique : Poutine durcit le ton, Zelensky pète uncâble et Trump exige sa tête

By: A A
13 October 2026 at 17:05

par Russia TRUTH

Une succession rapide de manœuvres diplomatiques a permis à Donald Trump d’être publiquement réhabilité, à Vladimir Poutine de garder le contrôle stratégique total et à Volodymyr Zelensky de sombrer dans une rage sans bornes :

• L’accord bilatéral sur le diesel : La Maison Blanche et le Kremlin ont conclu un accord en vertu duquel le Trésor américain accorde une dérogation renouvelable aux sanctions sur les exportations russes de diesel jusqu’au 7 avril 2027. En contrepartie, Moscou a accepté de lever son interdiction temporaire d’exportation nationale de distillats moyens, apportant ainsi un soulagement immédiat, tant psychologique que concret, à un marché mondial du diesel mis à mal par les interdictions de transport maritime imposées au Moyen-Orient.

• L’effondrement du mythe de la «trêve énergétique» : Les rumeurs relayées par les médias occidentaux alléguant que Moscou aurait accepté une cessation provisoire des frappes aériennes et des tirs de missiles sur le réseau électrique ukrainien en échange d’un allègement plus large des sanctions ont été totalement discréditées. La position russe reste inébranlable : pas de cessez-le-feu provisoire ni sur terre, ni en mer, ni dans les airs.

• Moscou suspend officiellement les négociations : Lors d’un point presse officiel rendant compte du sommet téléphonique entre Poutine et Trump, le conseiller du Kremlin en matière de politique étrangère, Youri Ouchakov, a lancé une bombe diplomatique : la Russie a officiellement révoqué sa décision de septembre dernier de reprendre les négociations trilatérales avec Washington et Kiev. Invoquant les tentatives d’attaques par drones menées par l’Ukraine contre des bureaux de vote russes lors des élections à la Douma d’État, Poutine a informé Trump que le processus de négociation est suspendu indéfiniment tandis que les forces russes progressent sur l’ensemble du front.

• Rupture entre Washington et Kiev : Axios a confirmé que Donald Trump a personnellement adressé six exigences distinctes à Zelensky, lui ordonnant de mettre immédiatement fin aux raids de drones ukrainiens visant les raffineries russes. Zelensky a défié ces six exigences. Piégé par la dépendance de son pays aux financements occidentaux, Zelensky s’en est ouvertement pris à Trump, qualifiant le dialogue entre Washington et Moscou de «trahison en coulisses» et accusant la Maison Blanche d’utiliser les réunions à Miami comme écran de fumée pour traiter directement avec le Kremlin.

1. La transaction sur le diesel : un levier stratégique négocié contre un répit électoral

L’accord conclu entre Washington et Moscou est présenté par la Maison Blanche comme une avancée majeure. En réalité, cet accord marque le recul logique d’une puissance hégémonique surendettée, confrontée aux réalités économiques à l’approche des élections de mi-mandat de novembre :

• Le mécanisme de la dérogation : tout comme le Trésor américain a discrètement délivré des licences renouvelables pour permettre aux raffineries indiennes d’acheter du pétrole brut russe acheminé par voie maritime à la suite des premières escalades dans le golfe Persique en février, Washington a de nouveau accordé une dérogation d’urgence pour le diesel russe. Confronté à la réalité des pénuries de diesel agricole et routier, Trump a cédé sur ce que son dispositif de sanctions s’efforçait d’empêcher depuis des années.

• Le levier calculé de Novak : le vice-premier ministre russe Alexandre Novak a signalé il y a plusieurs semaines que les stocks nationaux de diesel en Russie affichent un excédent, la récolte agricole de cette année étant suffisante et comparable à celle de l’année dernière. L’interdiction russe des exportations, loin d’être un acte de désespoir déclenché par les frappes de drones ukrainiens, constituait un instrument de levier géopolitique. Moscou a retenu les distillats hors du marché jusqu’à ce que Washington soit contraint de négocier un assouplissement des sanctions.

• L’arithmétique du réel : comme l’ont démontré les analystes énergétiques, les volumes de diesel exportables par la Russie couvrent environ neuf jours de consommation intérieure américaine. Le véritable moteur de la crise énergétique mondiale reste le blocus du golfe Persique et de la mer Rouge. Pourtant, en acceptant de libérer ce volume, Moscou a obtenu une concession politique majeure de la part de Trump tout en démontrant aux pays du Sud que les régimes de sanctions occidentaux sont mis de côté dès que les prix intérieurs menacent une élection américaine.

2. Le point presse d’Ouchakov : la Russie claque la porte des négociations

La révélation géopolitique cruciale du jour provient du compte-rendu officiel de Youri Ouchakov sur le sommet téléphonique Poutine-Trump.

Pour la première fois depuis le lancement de l’opération militaire spéciale en 2022, la Fédération de Russie a officiellement et publiquement retiré son offre de pourparlers diplomatiques :

Poutine expose à Trump la doctrine russe durcie :

Les tentatives du régime de Kiev de perturber notre processus démocratique par des attaques terroristes contre des bureaux de vote ont réduit à néant toute possibilité de négociations. Nos forces armées détiennent l’initiative et avancent avec assurance. C’est à nous de déterminer si et quand des pourparlers auront un sens.

Il s’agit là d’un tournant décisif.

Tout au long du conflit, Moscou a maintenu une position cohérente : nous restons ouverts à un règlement politique et diplomatique selon nos conditions.

En lançant des attaques massives de drones contre les capitales provinciales russes et les bureaux de vote pendant les élections à la Douma, Bankova a fait le jeu de l’état-major russe.

Poutine a profité de cet incident pour mettre définitivement fin à cette voie de négociation, informant Trump que la Russie n’envisagera pas de discussions trilatérales tant que ses forces auront l’initiative opérationnelle totale.

Selon Ouchakov, Trump n’a pas réagi ; il a promis d’envoyer des «signaux» fermes à la délégation ukrainienne qui attendait à Miami.

3. Le coup de folie de Bankova : six défis, l’arnaque des 27 milliards d’euros et la rupture de Séoul

À Kiev, la prise de conscience que Donald Trump négocie des accords énergétiques directement avec Vladimir Poutine a provoqué une réaction démesurée de la part de Volodymyr Zelensky :

• Les six exigences : un reportage d’Axios a confirmé que la Maison Blanche a émis six directives distinctes à l’intention de Bankova, ordonnant la fin immédiate des attaques contre les infrastructures de raffinage russes. La motivation de Trump est purement intéressée : chaque frappe contre un craqueur de catalyseur russe fournit aux traders de Wall Street un prétexte pour faire grimper les cours à terme du diesel. Zelensky a rejeté toutes ces directives. Mettre fin aux frappes reviendrait à admettre que toute la campagne estivale de drones n’a abouti à aucun résultat stratégique.

• Le racket des 27 milliards d’euros : les dirigeants ukrainiens ne peuvent se permettre d’arrêter l’offensive de drones, car celle-ci constitue leur principal argumentaire utilisé pour extorquer des fonds à Bruxelles. Des responsables du ministère ukrainien de la Défense ont récemment déclaré que sans 27 milliards d’euros de subventions européennes immédiates, le montage de drones sur le territoire national serait interrompu. En déployant des munitions volantes pour incendier des réservoirs de stockage périphériques dans des villes de province russes, Bankova fabrique des images destinées à persuader des dirigeants européens comme Friedrich Merz et Ursula von der Leyen de continuer à faire affluer l’argent des contribuables dans les caisses du régime.

• La crise diplomatique avec Séoul : l’irritabilité diplomatique de Zelensky s’est étendue au-delà de Washington. Après la capture de deux soldats nord-coréens dans la région frontalière de Koursk, un accord a été conclu avec Séoul pour transférer secrètement les prisonniers en vue de les interroger. Ignorant la demande explicite de confidentialité formulée par la Corée du Sud pour éviter tout conflit avec Pyongyang, Zelensky a annoncé publiquement l’opération à des fins de relations publiques. Lorsque Séoul a protesté, Bankova a refusé de présenter des excuses, déclenchant une rupture diplomatique sans précédent qui a abouti au retrait par la Corée du Sud de son ambassadeur à Kiev — s’aliénant inutilement un partenaire qui avait fourni plus de 500 000 obus d’artillerie de 155 mm pour la campagne de 2023.

4. Le théâtre de la décapitation : sous-stations, centres de la SBU et le «Collegium» de Surovikin

Tandis que les diplomates échangent leurs reproches, la campagne aérienne stratégique russe contre Kiev est entrée dans une phase opérationnelle meurtrière :

1. La destruction du réseau électrique : des observateurs indépendants du secteur électrique confirment que les frappes russes sur la sous-station de Kievska de 750 kV et les nœuds de transformation du nord ont contourné les boucliers de protection en béton en ciblant les transformateurs de réduction de tension, les disjoncteurs et les parcs de refroidissement. Toute la rive droite (moitié ouest) de Kiev reste plongée dans une coupure d’électricité totale. Le réseau de métro étant à l’arrêt et les pompes de relevage d’eau à haute pression hors service, l’assainissement municipal a cessé de fonctionner, provoquant des refoulements d’eaux usées généralisés dans tout le centre administratif.

2. Les ogives coupe-câbles : les Forces aériennes russes (VKS) ont introduit des sous-munitions spécialisées, déployées par des appareils Geran-4 à propulsion à réaction, conçues spécifiquement pour sectionner les lignes aériennes à haute tension. En coupant les lignes reliant la production nucléaire de base de l’ouest à Kiev, les forces russes s’assurent que, même si les transformateurs des sous-stations sont réparés, le courant ne puisse physiquement atteindre la capitale.

3. Le collège de Surovikin : des sources militaires faisant autorité confirment que, bien que le chef d’état-major général Valery Gerasimov conserve officiellement le commandement suprême, le général Sergei Surovikin dirige activement la campagne d’interdiction et de destruction des infrastructures sur l’ensemble du théâtre d’opérations, à la tête d’un collège restreint de généraux supérieurs, dont Andrey Mordvichev et le vice-ministre de la Défense Yunus-Bek Yevkurov. Les caractéristiques de ce groupe de commandement — blocus systématique des ponts, ciblage méthodique des nœuds administratifs du SBU et publication de coupes architecturales du bunker souterrain de Zelensky situé sous la rue Bankova — indiquent une opération destinée à rendre la capitale fonctionnellement inhabitable pour le régime.

5. Usure sur le front : Dobropillya nettoyée, mines saisies, poches encerclées

Sur le terrain, les formations interarmes russes progressent à un rythme accéléré à travers les dernières lignes de fortifications ukrainiennes :

• La prise d’assaut de la mine de Dobropilska : le ministère russe de la Défense a confirmé que des groupes d’assaut de la 51e armée interarmes et des formations spécialisées d’infanterie de marine ont nettoyé les secteurs ouest de Dobropillya, pénétrant dans les galeries fortifiées de la mine de charbon de Dobropilska. Plus de 82 structures fortifiées ont été nettoyées en l’espace de 24 heures. La prise des imposants terrils de la mine offre aux observateurs d’artillerie russes un contrôle de tir direct et panoramique sur les lignes arrière de Druzhkivka.

• La liquidation des poches de résistance du nord : dans le nord-est de l’oblast de Kharkiv, les dernières poches de résistance du groupement frontalier ukrainien, fort de 1 700 hommes, ont été éliminées. Les forces russes ont libéré les hameaux centraux de la région, déplaçant ainsi le centre de gravité opérationnel du Groupe de forces Nord vers l’encerclement direct du nœud logistique de Velykyi Burluk. Au nord de Soumy, les positions avancées ukrainiennes le long des lisières de forêt se sont effondrées, rapprochant les détachements russes avancés à portée d’artillerie des limites municipales de Soumy.

• Le couloir mortel du Dniepr méridional : à Zaporijia, la fermeture du pont de Vantovyi (Khortytsia) a transformé les voies d’approvisionnement de la rive est en champ de bataille meurtrier. Les opérateurs de drones FPV russes, bénéficiant d’une ligne de visée ininterrompue au-dessus des fonds asséchés du réservoir de Kakhovka, ont établi un contrôle total des tirs sur tout le trafic routier tentant de renforcer le front sud.

Le crépuscule de la guerre par procuration

Les événements du 10 octobre 2026 marquent la fin d’une époque dans l’art de gouverner moderne :

• Donald Trump a obtenu sa dérogation temporaire sur le diesel pour protéger ses arrières sur le plan politique intérieur, reconnaissant ainsi que l’arme unipolaire des sanctions est inopérante.

• Vladimir Poutine a fait savoir que la Fédération de Russie ne se prêtera plus au jeu des négociations trilatérales théâtrales alors que ses soldats traversent les lignes défensives ukrainiennes.

• Et à Kiev, Volodymyr Zelensky est confiné dans une capitale plongée dans l’obscurité et envahie par les eaux usées — hurlant des insultes à ses protecteurs américains, rompant ses liens avec ses fournisseurs asiatiques et regardant ses brigades d’élite périr dans les tourbières du Donbass.

La transaction est conclue. Les illusions sont brisées.

Le maître impérial a conclu son accord parallèle sur le carburant, son mandataire a été abandonné à son sort, et la machine militaire souveraine de la Fédération de Russie achève méthodiquement la guerre dans la steppe eurasienne.

Publiéà l’origine par RussiaTruth 

Traduction:  ReseauInternational

Piratage de Élysée par l’israël et pseudo alerte russe : qui est vraiment la menace ?

By: A A
12 October 2026 at 16:00

Le Libre Penseur

Vendredi 18 septembre 2026, Emmanuel macron réunit à l’Élysée chefs de partis et candidats à la présidentielle de 2027. Les patrons de la DGSE et de la DGSI sont là, la situation est grave ! Il affirme que la menace hybride russe s’intensifie : drones, cyberattaques, sabotages… La fin du monde ! Il cite Leipzig, où un drone chargé d’explosifs a été trouvé près d’un avion-cargo. Il ordonne un plan de protection des infrastructures critiques. Le message est clair, le pays doit se tendre. Cette mise en scène de tension sert à éviter le bilan et à peser sur le climat électoral. Point.

Georges Malbrunot va par contre citer un agent du renseignement français (DGSI). La menace existe oui, mais macron la surestime largement, c’est du vent. Aucun nouvel épisode n’aurait été détecté ces dernières semaines. Pourquoi sortir cela maintenant ? Sauf stratégie de communication avant la présidentielle, en visant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

L’agent ajoute autre chose. Poutine serait acculé en Ukraine, il perd beaucoup d’hommes. Des renforts nord-coréens arrivent et en Afrique, la logistique russe coince. Selon lui, mieux vaudrait frapper les télécoms russes que multiplier les discours. Il décrit aussi une offensive des services vers les médias pour appuyer la communication de l’Élysée. De la pure propagande bidon et grossière comme on en a l’habitude depuis 9 ans de macronisme dégénéré.

D’autant que ce n’est pas la première fois que macron ment concernant la menace russe, c’est un multi récidiviste. Il nous avait déjà fait le coup des cyberattaques des hôpitaux ! Pourtant les médias complices corrompus continuent de diffuser ses fake news sans aucun regard critique ou analyse sérieuse !

Malbrunot et la GDSI sur la menace russe

Le même jour, Poutine répète que la Russie n’a aucune intention agressive envers l’Europe. Aucun fondement, dit-il. Moscou serait prêt à rétablir des relations. Il ajoute : laissez-nous vivre en paix, sinon nous réagirons. On entend pourtant depuis des années que Poutine est mourant : multi cancers, tremblements, rumeurs de décès… Il a 73 ans certes mais il apparaît encore, il est allé en Inde. Rien de public ne prouve une mort imminente.

On dit aussi qu’il perd la guerre. En septembre 2026, c’est une guerre d’usure. La Russie avance peu et cher. L’Ukraine frappe Moscou et des raffineries. Ni effondrement russe ni victoire nette. Imaginer une attaque des 27 pays de l’UE est d’une grande absurdité et totalement contradictoire avec le discours dominant.

Deux jours plus tôt, Challenges révèle un autre fait. Le téléphone de Dora Cattuti, conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l’Élysée, aurait été piraté ; l’opération est attribuée au Mossad. Le logiciel espion a été mis en place via un faux mail de l’Autorité palestinienne. Découvert lors d’un contrôle de sécurité. L’Élysée parle d’inexactitudes et ne confirme pas. Le Quai d’Orsay se tait car il n peut pas sanctionner Tel-Aviv. Ce n’est pas une première : Pegasus, outil israélien, a déjà ciblé des responsables français. Paris avait même étudié son achat avant d’y renoncer.

Cette nouvelle affaire est d’autant plus grave qu’elle n’est pas une première et que l’Élysée ne fera absolument rien. Pas de sanctions, pas de convocation de l’ambassadeur israélien… walou ! Telles des serpillères, les membres de l’exécutif vont encore ramper.

Alors qui menace vraiment ? Mettre en scène une seule alerte et taire l’autre n’éclaire personne. Au contraire il est question de propagande et de tromperie. C’est aussi un joli écran de fumée pour camoufler 10 années de carnage de la macronie, 10 années de sabotage, 10 années de suicide français sans avoir besoin ni des Russes, ni des Iraniens, ni des fréristes…

Et ce n’est pas le risible air martial très théâtralisé de ce nain insignifiant qui va rendre réel un mensonge aussi pathétique.

Publié à l’origine par Reseau International

Menaces allemandes sur la France

By: A A
11 October 2026 at 17:05

par Jules  SEYES

Si l’Allemagne désirait interrompre les aéroports français, elle pourrait équiper ses Typhoon de missiles et créer une bulle de supériorité aérienne au-dessus du sol français. L’affirmation sonne-t-elle ridicule ? C’est exact, elle est pourtant l’exact miroir de l’alerte qu’El Mundo prête à la CIA selon laquelle les Russes pourraient équiper un navire de drones pour désactiver des aéroports occidentaux1. Comprendre pourquoi l’une sonne comme folle alors que l’autre paraît terrifiante suppose de saisir les méthodes d’analyse sur lesquelles elles reposent, avant d’analyser justement les présupposés des intentions.

Celles-ci étant un peu complexes, commençons par la doctrine, qui aura le mérite de clarifier le brouillard mental actuel. Un peu comme le brouillard de guerre auquel les militaires sont confrontés. Deux méthodes offrent un moyen de le briser : la méthode des moyens et celle des intentions.

La première repose sur un inventaire des ressources connues de l’adversaire pour évaluer l’ensemble des points qu’il peut toucher. C’est aujourd’hui l’exercice de la CIA : les Russes disposent de drones, ceux-ci peuvent être basés sur un navire, donc les Russes peuvent équiper un navire. L’exercice en début d’article relève de la même logique : prendre le nombre de chasseurs de la Bundeswehr, le nombre de Taurus en stock, puisque contrairement à nos SCALP ces armes n’ont pas été envoyées en Ukraine, et établir que cette combinaison a la capacité de mener une attaque surprise au-dessus de la France.

Le problème de cette méthode est de livrer un arc de menace souvent inutilisable, car il existe trop d’axes de vulnérabilité pouvant être exploités. L’automne 1944 en offre l’illustration2. Les Allemands retirent alors plusieurs divisions du front. La reconnaissance aérienne alliée photographie, à partir de la mi-novembre, un trafic ferroviaire intense autour de Cologne, de Coblence et dans l’Eifel : gares de triage saturées, locomotives sous pression, une vingtaine de wagons plats chargés de chars Tigre sur la ligne d’Euskirchen. Début décembre, cent soixante-dix wagons plats chargés de blindés et de véhicules roulent entre Cologne et Limbourg. La nuit, les chasseurs de nuit repèrent des convois aux phares masqués. Des dépôts de ravitaillement apparaissent à Rheinbach et à Schleiden, des piles de bois propres à jeter des ponts près d’Echternach, des trains sanitaires à l’ouest du Rhin. Les écoutes radio identifient une armée blindée nouvelle, la 6e Panzerarmee. À la mi-décembre, face aux Ardennes, le VIIIe corps américain signale une activité d’artillerie inhabituelle, aucun mouvement visible et presque plus de prisonniers. Cette force, dont la valeur combative était connue, pouvait être engagée de bien des manières.

Une seconde méthode doit alors entrer en jeu : celle des intentions. En fonction des moyens connus, on établit ce que l’ennemi voudra toucher. Plus précise, celle-ci possède l’inconvénient de reposer sur des déterminants bien moins solides, puisque liés à la compréhension de la psychologie de l’adversaire.

Ces indices remontent à tous les états-majors alliés, et chacun les interprète selon le tempérament de son chef. Au quartier général d’Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, homme de coalition et de logistique, domine une conviction : les Allemands sont trop fatigués pour attaquer. Les divisions retirées sont donc évaluées comme des rotations de repos et une reconstitution de réserve. Le 15 décembre encore, son bureau des opérations n’a rien à signaler dans les Ardennes. Patton, chef de la Troisième Armée, passe pour le plus offensif des généraux américains : il ne conçoit la guerre qu’en mouvement et à l’attaque. Son état-major projette cette volonté offensive sur l’ennemi allemand. Elle reflète en réalité la psychologie des analystes, elle-même dérivée de la psychologie des chefs. Son chef du renseignement, le colonel Oscar Koch, lit les mêmes indices comme la préparation d’un coup et présente à Patton, le 9 décembre, sa conclusion : une contre-offensive allemande est possible dans les Ardennes. Patton fait aussitôt préparer les plans qui permettront à la Troisième Armée de pivoter vers le nord. Le lendemain du rapport rassurant d’Eisenhower, l’offensive allemande éclate. Autrement dit, la méthode des intentions en dit souvent plus sur la manière de penser des analystes que sur leur compréhension fine de l’adversaire. Bien conscients de ces défauts, les militaires appliquent les méthodes classiques d’analyse stratégique pour filtrer l’ensemble. La première d’entre elles est le rapport coût-avantage : qu’est-ce que l’adversaire a à gagner ? Pour quel coût ?

Ici, vous constatez par exemple la différence de pensée entre Eisenhower et Patton. Pour le premier, le coût est en carburant ; le second pense en termes d’avantage moral de l’offensive. D’où la divergence d’analyse. Si nous prenons notre exemple d’avions allemands équipés de Taurus, le coût est une guerre franco-allemande, voire OTAN-Allemagne si l’article 5 venait à jouer. Aucune attaque, même couronnée de succès, ne pourrait provoquer des dégâts suffisants pour compenser les coûts d’un conflit avec une puissance nucléaire. En pratique, l’Allemagne aurait beaucoup à perdre et peu à gagner, puisque son influence dans l’appareil d’État et l’UE lui permet d’obtenir satisfaction dans des domaines cruciaux, telle la fermeture de Fessenheim.

Alors, la Russie ?

La CIA vient de nous gratifier d’un de ces mémos qui relèvent à la fois de la plus pure vérité et du plus pur mépris du public destiné à recevoir la fuite. Voici la menace : «Le point faible de l’Europe» : la menace d’une attaque russe contre la France et l’Espagne est réelle, selon la CIA.

Le scénario de l’attaque impliquerait des drones Gerbera3, de petits appareils à la charge explosive réduite dont l’intérêt est perturbateur et non de faire des victimes : fermer un aéroport, par exemple. Ils seraient lancés depuis des navires marchands déguisés en trafic commercial ordinaire et postés en Méditerranée.

Je vous avouerai qu’en ouvrant ce mémo, je m’étais attendu à un scénario sérieux, pas à cela. À la découverte du propos, son outrance m’a fait passer à la limite de l’insulte. Voilà une proposition d’attaque étatique dont le but serait de «perturber» ? Se rend-on compte du terme ? Une attaque pour perturber ? Schlieffen se retourne dans sa tombe, Napoléon s’étrangle avec sa bataille décisive, Manstein est fort heureusement mort. Car, hélas, un État ne gaspille pas la surprise en lançant un tapotage gentil. S’il faut recourir à la violence, alors il faut d’emblée prendre un avantage définitif pour maintenir au plus court la durée de la campagne. Sun Tzu le notait déjà : aucun pays n’a jamais tiré profit d’une guerre prolongée.

Le projet proposé contredit tous ces principes et, dès lors, il ne pose qu’une seule question : le code militaire russe a-t-il supprimé la peine de mort pour les traîtres ? Eh oui, désolé de décevoir ces intervenants de plateaux qui se prétendent experts malgré leurs abus propagandistes, mais ce que la CIA nous propose est de lancer une attaque inefficace pour ruiner la réputation que les Russes ont acquise auprès du reste du monde. Nous parlons bien sûr des pays sérieux, hors de l’Occident malade où les journalistes reprennent ce scénario comme un sujet sérieux.

En clair, une balance coût-bénéfice où il n’y aurait que des coûts pour la Russie et aucun bénéfice. Eh oui, car fermer un aéroport fait peut-être perdre quelques millions à des entreprises, mais cela n’a AUCUN impact stratégique. Pire, il est inutile de mobiliser un drone Gerbera, un navire ou tout autre moyen militaire : un coup de fil d’un gamin pour annoncer une bombe suffit. Ou bien une voiture piégée.

Bref, l’aventure proposée n’apporte aucun bénéfice stratégique et se fait avec des moyens disproportionnés qui coûteraient énormément à la Russie. Seul un traître à la Russie peut avoir cette idée. Je sais, en Occident, nous sommes habitués avec les relais US, mais plus en Russie : les réseaux qui ont soutenu V. Poutine après son arrivée au pouvoir s’en sont assurés. Ou en tout cas, ils ont fait monter le prix de la passe. Un officier russe réclamerait une méga-malle de billets pour seulement proposer cela à ses chefs, vu qu’il sait que ce serait (si ses chefs sont gentils) la fin de sa carrière. Quant à le mettre en œuvre sans validation politique, il aurait intérêt à avoir le bon billet d’avion pour s’éclipser au plus vite.

Car là est le point qui permet aux individus tarés que l’Occident nomme journalistes de procéder à cette propagande goebbelsienne (enfin, je m’excuse auprès du docteur Goebbels pour cet amalgame insultant) : les moyens existent. Exact, la Russie possède les drones, les navires. Elle aligne même un porte-avions et surtout un arsenal de missiles de toute première qualité. Depuis les années cinquante, l’URSS dispose de bombardiers stratégiques et de missiles capables de frapper le territoire français. La menace n’a donc rien de nouveau, puisque la Russie peut transformer la France en parking si elle le désire.

L’alerte de la CIA ajoute-t-elle de nouvelles capacités ? La réponse est non, une fois, deux fois, mille fois NON !

Héritière, État successeur de l’URSS, la Russie dispose depuis sa naissance des moyens de nous mettre à terre si elle accepte les millions de morts qu’exigera l’absorption de la salve nucléaire française. Une poignée de drones n’y ajoute rien, n’y retranche rien. D’autant plus que la Russie dispose de missiles hypersoniques Orechnik en mesure d’infliger de douloureux dégâts à notre territoire. Par exemple, mais je ne voudrais pas exciter LCI, par une frappe d’Orechnik contre des centrales nucléaires ou, en non nucléaire, contre nos barrages. Nous n’aurions aucun moyen de riposte non nucléaire.

Dès lors, oui, les Russes peuvent monter des drones sur un navire, ils peuvent monter des Grad aussi, ou toute autre arme à plus ou moins grande portée. Dans un tel scénario, l’élément coûteux est le navire sacrifié, pas les munitions embarquées. L’alerte donnée, qui n’est que l’une des alertes autour desquelles on nous a fait résonner tambours et trompettes, n’apporte rien de structurellement nouveau. Un bricolage de drones pour frapper notre territoire n’a rien de complexe. Après tout, le gouvernement de Kiev a bien réussi à introduire des drones sur le territoire russe pour frapper des bombardiers stratégiques.

Seulement, à ce jeu, tout le monde peut jouer ou presque. Il faut le restreindre : l’équipe Le Maire, Breton ne peut pas jouer, mais c’est lié à l’incompétence des joueurs. La France, par exemple, possède encore quelques officiers de valeur capables d’organiser l’affaire. (Non, pas le colonel monté hors de propos en lui accrochant des étoiles comme des guirlandes de Noël, et qui fait aujourd’hui comme s’il dirigeait l’armée française.)

Le problème est que ces gens refuseraient de monter une telle opération. Frapper la Russie, comme frapper la France pour la Russie, exige que la première balle soit mortelle. On tire au cœur ou on ne tire pas, et dans ce cas, entre puissances nucléaires, la question n’est pas celle des moyens, mais celle de la volonté. Même si nous avons TOUT fait, par une politique irresponsable, pour irriter les Russes, ils n’ont nullement annoncé leur intention de répondre à la hauteur de notre bêtise.

Reste l’intention : les Russes peuvent nous frapper, c’est acquis, ils peuvent le faire depuis des décennies pour un coût fixé. Resterait le gain d’une frappe : faire cesser l’appui français à l’Ukraine. Dans ce domaine, hélas, hormis l’agacement entre les oreilles d’entendre les rodomontades et pseudo-discours d’Emmanuel Macron, qui justifient toute envie de retourner une paire de claques justement méritée, la vérité commande de constater l’épuisement de nos moyens : la macronie a déjà envoyé à peu près tout ce qu’elle pouvait racler dans les fonds de tiroirs ; quant à l’argent, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne peuvent le fournir. Les véritables acteurs sont les Anglais, par l’usage des moyens de leurs services secrets très actifs dans la guerre des drones, et les Allemands pour la livraison de munitions. Pour peser sur les opérations en Ukraine, une frappe russe devrait cibler en priorité ces deux pays.

Sauf à vouloir faire de l’éducation prioritaire, mais dans ce cas, l’ambassade de Russie peut se contenter d’engager un professeur de SEGPA pour l’envoyer à l’Élysée. Pour la fessée, il serait même inutile d’engager : Montjoie Saint-Denis a fait des petits.

Prise sous un angle militaire, l’information n’apportait rien, et si les journalistes en avaient fait une lecture correcte, ils l’auraient classée verticalement.

Ce n’était bien évidemment pas le but, mais au contraire d’avoir un thème pour parler de menace russe afin de poursuivre la propagande par martèlement, qui vise à abrutir les téléspectateurs de menaces pour leur faire admettre le concept sans esprit critique. Ça marche avec les résidents de maison de retraite au stade pré-Rivotril.

Tel est le problème de nos gouvernants. Faute d’agression russe, il faut créer le sentiment d’une agression, ce qui est le but de ces annonces : entretenir l’hystérie et donner un prétexte pour prononcer les mots agression, guerre, menaces, puissants générateurs d’un sentiment d’insécurité dans la population soumise à ce discours anxiogène.

Ça n’a qu’un défaut : messieurs les journalistes, vous avez repris en connaissance de cause une publication des services américains pour engager notre pays sur une trajectoire fausse et dangereuse pour sa sécurité.

Soit vous êtes des idiots congénitaux, ce que la CIA n’exclut peut-être pas, et je vais m’offrir de partager le soupçon. Soit vous le faites délibérément. Même en tenant compte de votre bêtise, tous les journalistes français ne peuvent pas être aussi désavantagés par la nature ; il aurait donc dû en rester assez pour faire échouer la manipulation.

Cela fait de vous, en tant que catégorie, des traîtres à votre nation, susceptibles de subir les foudres judiciaires au moment où le pouvoir changera de main et cessera de couvrir vos abus. Il ne s’agit pas de menaces, mais d’une évaluation juridique. VOUS mettez objectivement notre nation en danger !

La méthode marcherait si, justement, conscients de la menace sur leur esprit, beaucoup de citoyens ne s’étaient pas dirigés vers internet.

___

  1. L’alerte a été rendue publique par le quotidien espagnol El Mundo le 24 septembre 2026 (article de Xavier Colás), reprise notamment par Euronews : «La CIA alerte sur des drones russes visant l’Espagne, la France ou l’Italie», https://fr.euronews.com/2026/09/24/la-cia-alerte-sur-des-drones-russes-visant-lespagne-la-france-ou-litalie ;
    i24news : «Les États-Unis alertent l’Europe sur une possible attaque de drones russes depuis la Méditerranée», https://www.i24news.tv/fr/actu/international/artc-les-etats-unis-alertent-l-europe-sur-une-possible-attaque-de-drones-russes-depuis-la-mediterranee ;
    Meduza, sur le démenti italien : https://meduza.io/en/feature/2026/09/24/no-one-needs-more-fuel-on-the-fire-italy-pushes-back-on-report-that-cia-warned-of-possible-russian-sea-launched-drone-attacks
  2. Sur le renseignement allié avant l’offensive des Ardennes : U.S. Army, «Third Army G2 predicts Battle of the Bulge, 9 December 1944», https://www.army.mil/article/116038/third_army_g2_predicts_battle_of_the_bulge_9_december_1944 ;
    Carlo D’Este, «December 16, 1944 : Ardennes Offensive Begins, An “Abysmal Failure of Allied Intelligence”», https://www.thehistoryreader.com/military-history/december-16-1944-ardennes-offensive-begins-abysmal-failure-allied-intelligence/
    DVIDS, «First Army in the Battle of the Bulge», https://www.dvidshub.net/news/printable/385060 ;
    David T. Zabecki, «Patton at Bastogne», The Intelligencer (AFIO), vol. 29, n° 2, 2024, https://afio.com/publications/eprints_2024/ZABECKI_Patton_at_Bastogne_AFIO_INTELLIGENCER_Vol29_No2_SummerFall_2024.pdf ;
    Oscar W. Koch, G-2 : Intelligence for Patton, 1971.
    The Army Air Forces in World War II, vol. III, chap. 19, Third Army G2 Predicts Battle of the Bulge, First Army in the Battle of the Bulge, D’Este, The History Reader.
  3. «Gerbera (drone)», Wikipédia, https://en.wikipedia.org/wiki/Gerbera_(drone)

Publiéà l’origine par  Reseau International

❌