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Atoll Circus. Voyages à Clipperton

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Véritable laboratoire de biodiversité à ciel ouvert, l'îlot français de Clipperton, situé au cœur du Pacifique nord, à 1 300 kilomètres des côtes du Mexique, a vu son intérêt géopolitique, stratégique et scientifique longtemps sous-estimé par nos gouvernants. Fort de quatre expéditions réalisées entre 2001 et 2023, Stéphane Dugast, membre de la Société des explorateurs français, revient sur l'histoire de ce bout du monde, véritable petite épopée où défilent explorateurs, pirates, militaires, narcotrafiquants, savants, journalistes, radioamateurs, aventuriers et même un « roi fou ». Les Mexicains s'y établirent durant plusieurs décennies et en revendiquèrent la souveraineté, avant l'arbitrage définitif du roi italien Victor-Emmanuel III en 1931 : les Américains y installèrent une station météorologique et une piste pour hydravions. Quant aux Français, ils y menèrent de nombreuses missions, militaires puis scientifiques, sans jamais s'y établir durablement, en dépit des nombreux enjeux : droits de pêche, protection des ressources terrestres et maritimes, avant-poste du changement climatique…

Voir en ligne : /2026/11/CLASTRES/70162

Éditions du Trésor, Paris, 2026, 224 pages, 21 euros.

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MRs Gargantua. Reports from Cuba

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Dans un récit aussi captivant que savant, le reporter britannique J. S. Tennant nous entraîne au cœur d'une longue marche à travers cinq siècles d'histoire cubaine, de la « découverte » colombienne à l'éphémère dégel de l'ère Obama. Au récit de voyage se mêlent chronique de la vie politique de l'île, miscellanées d'histoire naturelle, méditations sur les mythes et le folklore hispano-caribéens. Conquistadors et missionnaires côtoient chamans indiens et esclaves émancipés, romanciers célèbres et révolutionnaires, riches héritières et anciens détenus de Guantánamo — sans oublier les héroïques vaches laitières du régime castriste. À la description des paysages répond celle d'une population prise, génération après génération, dans les ambitions des puissances extérieures — le cruel embargo américain n'étant, rappelle Tennant, que l'ultime épisode d'une longue histoire d'oppression occidentale. Cette érudition buissonnière brosse un tableau bien éloigné des images convenues, et on en recommanderait volontiers la lecture aux jeunes diplomates en partance pour La Havane… si seulement l'horizon d'une normalisation ne paraissait pas aujourd'hui aussi lointain.

Voir en ligne : /2026/11/BARNAY/70165

William Collins, Londres, 2026, 352 pages, 24 euros.

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Comores-Mayotte. Une histoire néocoloniale

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L'erreur de la plupart des médias et des responsables politiques, en France, est de ne considérer Mayotte que comme un territoire français extrait par magie, sinon exclu, de son histoire et de sa géographie, et, ce faisant, d'ignorer le droit international. Dans une édition actualisée de son essai de 2003, Pierre Caminade, chercheur indépendant et militant à Survie, brise ce récit : malgré la séparation de 1975, toutes les îles de l'archipel des Comores ont une histoire commune, polluée par les multiples ingérences françaises menées de part et d'autre de la frontière. Méticuleusement, il décrit les manœuvres de Paris pour « garder » Mayotte et les barbouzeries qui ont fragilisé le nouvel État indépendant des Comores, tout en rappelant les condamnations internationales récurrentes. Pour mettre fin à ce qu'il qualifie d'« échec », Caminade propose une « troisième voie » qui offrirait à Mayotte une « grande autonomie, avec des coopérations avec les deux systèmes, français et comorien », une option « très présente dans les débats des élites mahoraises dans les années 1960 ».

Voir en ligne : /2026/11/CARAYOL/70168

Agone, Marseille, 2026, 256 pages, 11 euros.

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Allemagne 1918-1923. Leçons d'une révolution fusillée

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À l'heure où il est sans cesse question de la République de Weimar et de sa chute, Anne Deffarges offre un éclairage différent sur la période en brossant un tableau détaillé des mouvements sociaux et des luttes du mouvement ouvrier. Loin de circonscrire la tentative de révolution à 1918-1919 et à l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, comme il est de règle dans l'historiographie scolaire, elle l'étend aux cinq années allant de la mutinerie des marins de Kiel à l'insurrection de Hambourg de 1923. Elle montre combien le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), par hostilité au bolchevisme, s'opposa à tout dépassement du régime parlementaire « libéral », sans voir que le danger principal résidait dans l'armée, les forces économiques et les mouvements nationalistes dont le nazisme offrit un précipité chimique. Elle met en lumière la manière dont les insurrections successives et dispersées ont échoué, faute d'une organisation politique capable de les coordonner. Le groupe spartakiste, opposé au SPD, rallié en 1914 à l'« union sacrée », ne se constitue en Parti communiste (KPD) qu'en décembre 1918, alors que la révolution est en cours.

Voir en ligne : /2026/11/ALBERA/70158

Atlande, Neuilly-sur-Seine, 2026, 432 pages, 21 euros.

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La Gueule ouverte et l'écologie contestataire

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Si « l'atome est la matrice » de La Gueule ouverte, le « journal qui annonce la fin du monde », né dans le giron de Charlie Hebdo en 1972, traita de toutes les questions qui agitaient alors le mouvement écologiste. Au-delà de son fondateur, Pierre Fournier, qui disparaît au bout de trois numéros, on retrouve de nombreuses autres signatures dans les pages de ses 314 numéros parus en huit ans : de Bernard Charbonneau à Françoise d'Eaubonne, en passant par Reiser et Isabelle Cabut. Entre les nombreux déménagements et les difficultés financières, les engueulades, la cohabitation entre les (rares) journalistes professionnels et les militants, cette saga éditoriale est évoquée avec concision mais précision. Une sélection de textes complète cette histoire, illustrant les débats dont la rédaction fut une véritable caisse de résonance : les luttes antinucléaires, les combats féministes, la non- et la contre-violence, sur fond de société industrielle aux aménagements divers, nourrie par son culte du progrès. L'ensemble a une portée didactique, comme tous les volumes de cette collection consacrée aux « précurseur·ses de la décroissance ».

Voir en ligne : /2026/11/LONDON/70159

Le Passager clandestin, Lorient, 2026, 128 pages, 12 euros.

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Palestine, Texas

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« Pour nombre d'entre nous, remettre en question l'État juif, c'est remettre en question la judéité », déplore l'essayiste américain Peter Beinart, aujourd'hui militant pour un État binational en Israël-Palestine (1). Cette tension-là est en partie neutralisée par le renouveau de la pensée antisioniste dans la jeunesse juive américaine. Grâce à des groupes comme Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix) ou des magazines comme Jewish Currents (Beinart participe à son comité de rédaction), une nouvelle voix critique progresse depuis plus d'une décennie outre-Atlantique, et connaît une accélération depuis les massacres du 7 octobre 2023 et la destruction de Gaza. Beinart, pratiquant, explique dans cet ouvrage pourquoi il croit que « la libération des Palestiniens passe aussi par celle des Juifs ».

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Et si desserrer ce lien entre judéité et soutien à l'État israélien permettait aussi de se réapproprier les origines mêmes du sionisme ? C'est tout l'enjeu de 22 Mapesbury Road de Rachel Cockerell, dont le titre en français reprend l'adresse londonienne où son père est né, d'une famille d'origine juive russe arrivée en Angleterre à la veille de la première guerre mondiale (2). En découvrant le parcours de son arrière-grand-père, un certain David Jochelman (1869-1941), Cockerell s'est trouvée confrontée à l'un des chapitres les plus riches et confus de l'histoire contemporaine : la modernité juive du début du XXe siècle. Jochelman fut l'une des chevilles ouvrières de l'Organisation juive territorialiste (ITO), mouvement fondé en 1905 par l'écrivain anglais Israël Zangwill (1864-1926) après une scission avec l'Organisation sioniste mondiale (OSM), laquelle constituait un soutien obstiné à la création d'un État juif en Palestine. Pour les partisans de Zangwill, il valait mieux faire le « sionisme sans Sion », peut-être dans des colonies britanniques comme l'Ouganda ou l'Australie.

Ce qui intéresse le plus Cockerell est une autre hypothèse alors envisagée, encore moins connue aujourd'hui : le « plan de Galveston ». Son arrière-grand-père a participé à l'installation de presque dix mille Juifs, notamment de l'Empire russe, au centre des États-Unis, en passant par le port de Galveston, non loin de Houston. « Qu'on ne nous parle donc plus de la Palestine comme champ de notre émigration », proclame Zangwill en décembre 1907, au début de l'entreprise. « À moins que vous ne parliez de “Palestine, USA”. Car le Texas possède un endroit qu'on appelle Palestine, tout près de Galveston, avec deux familles juives et une synagogue à elles deux. Vers cette Palestine-là, nous conduirons l'émigration avec joie. »

Zangwill, la « personnalité juive la plus célèbre du monde anglophone au début du siècle », porte à la scène, aux États-Unis, avec The Melting Pot (1908), une ode à la créolisation, qui aura un grand succès. Or cette parenthèse semble se refermer pour la famille de Cockerell. Jochelman, de retour en Europe, finira en compagnon de route de Vladimir Jabotinsky (1880-1940), à la tête de la tendance la plus nationaliste au sein du sionisme. Mais elle ne se clôt pas entièrement. Car dans les années 1950, bien après son décès, on apprend que Jochelman avait un fils d'un premier mariage, né dans l'Empire russe et abandonné aux États-Unis. Cockerell le retrouve sous le nom de plume d'Emjo Basshe (1898-1939), dramaturge de l'avant-garde new-yorkaise, proche du Parti communiste.

De façon marquante, le récit, excepté la brève préface et la conclusion, est entièrement construit à partir de documents d'archives : fragments de lettres et de journaux personnels, extraits de discours et d'articles de presse, entretiens. Cette polyphonie des sources est à l'image d'une histoire de l'identité juive faite de perspectives et d'utopies plurielles, qui s'entrechoquent et se contredisent.

Voir en ligne : /2026/11/STETLER/70154

(1) Peter Beinart, Being Jewish After the Destruction of Gaza. A Reckoning, Atlantic Books, Londres, 2025, 172 pages, 18 livres sterling. Lire aussi Peter Beinart, « Les hantises du colon », Le Monde diplomatique, octobre 2025.

(2) Rachel Cockerell, 22 Mapesbury Road, La Table ronde - Quai Voltaire, Paris, 2025, 448 pages, 24,50 euros.

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« L'Ami du peuple » de Gwangju

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Hong Seong-dam. — illustration pour le « Bulletin des militants », date inconnue

La Révolution française avait L'Ami du peuple, la Russie bolchevique Iskra, les communistes chinois Le Quotidien de la Libération… En Corée du Sud, le journal du soulèvement de Gwangju, qui dura du 18 au 27 mai 1980, s'appelait Le Bulletin des militants. Il fut publié et diffusé par Yoon Sang-won, un syndicaliste de 29 ans, et ses camarades pendant la révolte contre le coup d'État militaire du général Chun Doo-hwan.

Gwangju fut la seule ville à lui opposer une résistance, lors de l'unique soulèvement armé qu'ait connu la Corée du Sud depuis la guerre qui déchira la péninsule entre 1950 et 1953. Étudiants et travailleurs s'unirent durant cinq jours pour prendre la ville, cinq autres pour la tenir, avant d'être écrasés. En 2023, après une nouvelle série d'enquêtes officielles, le gouvernement a estimé le nombre de morts à 166, tandis que 179 personnes demeurent portées disparues.

L'histoire du Bulletin des militants, qui ne dura que sept jours, est celle d'une langue qui se libère et s'invente dans le feu de l'événement. Le premier numéro paraît le 21 mai (sous le titre initial de Bulletin de la démocratie), trois jours après le début des manifestations de rue, auxquelles les parachutistes répondent par la violence. La veille, les journaux locaux ont cessé de paraître, pris entre la censure militaire et les protestations croissantes contre leur couverture défaillante (dans les faits, largement censurée) des événements. La nuit précédente, au terme de quatre jours et quatre nuits de gaz lacrymogènes, de répression et d'agressions à l'arme blanche commises par les militaires, les manifestants prennent le dessus pour la première fois, lorsque quelque deux cents chauffeurs de taxi et de bus percent le cordon des forces gouvernementales avec leurs véhicules.

Le 21 mai est l'un des jours les plus marquants du soulèvement. Les parachutistes ouvrent le feu sur les manifestants qui se pressent sur Geumnam-ro, la plus grande avenue de la ville, tuant au moins cinquante-quatre civils non armés. Après la fusillade, de jeunes manifestants s'emparent d'armes à feu dans les arsenaux de la ville. La Corée du Sud est à l'époque une société fortement militarisée : après le service militaire obligatoire, tous les hommes valides sont enrôlés dans une vaste force de réserve. Alors que certains, furieux, prennent les armes, d'autres prennent la plume pour créer un journal autour de Yoon Sang-won.

Ce dernier s'engage dans le mouvement étudiant alors qu'il fréquente un établissement d'enseignement supérieur local. Après avoir obtenu son diplôme, en 1978, Yoon décroche un emploi dans une banque, une situation particulièrement enviable pour un jeune homme de Gwangju. Mais il renonce bientôt à une carrière lucrative pour se consacrer à la syndicalisation des ouvriers dans un pôle industriel, où les salaires ne représentent que la moitié de la moyenne nationale.

À la mi-1979, il commence à diriger une école du soir pour les ouvriers, baptisée « L'Incendie ». Ce sont les étudiants et les tuteurs de l'établissement qui produiront et diffuseront plus tard le bulletin. À l'époque, les machines à écrire coûtent une fortune. La production est lente, laborieuse et clandestine. Yoon et un autre tuteur rédigent la plupart des articles. Park Yong-joon, un étudiant de l'école âgé de 19 ans et cireur de chaussures, connu pour son écriture soignée, utilise un stylet pour recopier les articles mot à mot sur trois feuilles de papier stencil au format A2. Quatre personnes utilisent ensuite des rouleaux pour produire environ six mille exemplaires de chaque numéro.

Le Bulletin paraît de manière irrégulière. Le 22 mai, alors que des milliers de manifestants chassent les forces d'élite envoyées par le gouvernement, les deuxième et troisième numéros paraissent à une demi-journée d'intervalle. Le deuxième numéro fait immédiatement état de l'émergence de milices armées se rassemblant dans le parc de la ville. Il se lit comme un ensemble de slogans et d'instructions de combat. « Militants de la démocratie, donnons tout ce que nous avons », proclame le titre à la une. La publication appelle les milices à recruter davantage de membres et à mettre en place des défenses, quartier par quartier, tout en rendant compte des derniers mouvements connus des parachutistes.

Dès le troisième numéro, Le Bulletin appelle à la rescousse les réservistes de l'armée, formés au maniement des armes à feu. Il insiste pour que les munitions ne soient pas gaspillées. Les rédacteurs utilisent le journal pour organiser l'utilisation des véhicules saisis : « Attribuons une mission à chaque véhicule ! »

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Page du cinquième numéro du « Bulletin des militants ».

Le quatrième numéro a bien été publié, mais aucun exemplaire n'est parvenu jusqu'à nous. À partir du cinquième numéro, Le Bulletin des militants devient un outil de mobilisation des citoyens, les exhortant à participer aux rassemblements de masse organisés quotidiennement devant la préfecture. Sa diffusion ne se limite plus au centre-ville : Yoon Sang-won prend la tête d'un convoi d'une dizaine de véhicules réquisitionnés pour distribuer des exemplaires jusque dans les quartiers les plus reculés.

Le journal disparaît au moment où le mouvement atteint son paroxysme. Le 26 mai, son dixième et ultime numéro est imprimé sur une machine à stencil électrique. La veille, Yoon Sang-won et ses camarades ont expulsé de la préfecture les dirigeants qui venaient de négocier la reddition sans condition. « Nous ne reconnaîtrons pas comme notre gouvernement celui dirigé par Chun Doo-hwan et sa clique putschiste, peut-on lire dans la dernière édition. Soldats, qui servez-vous désormais ? »

Le Bulletin ne contient plus de directives ni de comptes rendus. Il appelle simplement ceux qui en possèdent un exemplaire à le diffuser aussi largement que possible. Une chose manque pourtant : l'appel à se battre jusqu'à la victoire — jusque-là, sa marque de fabrique. Tout le monde sait que le soulèvement est sur le point de s'achever dans un nouveau massacre. Appeler chacun à lutter « jusqu'au bout » reviendrait à appeler les insurgés à mourir : Yoon Sang-won s'y refuse. À l'aube du 27 mai, il est assassiné.

À Gwangju, des bustes et des fresques murales célèbrent sa mémoire, mais l'immeuble où était fabriqué Le Bulletin des militants risque aujourd'hui d'être démoli pour laisser place à des tours d'appartements.

(Traduit de l'anglais [États-Unis] par Renaud Lambert.)

Voir en ligne : /2026/11/SEOL/70129
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