Projetos do PAN e Chega sobre bem-estar animal aprovados

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Cette nouvelle publication entend proposer de longues recensions critiques. Elle consacre son premier numéro aux tensions du système-monde, de l'effacement de Gaza à l'ascension de la Chine. Au même sommaire, « En finir avec le cycle du seum » de Nathalie Quintane ou un portrait de Dionys Mascolo. (N° 1, septembre-novembre, trimestriel, 15 euros. — Paris.)
Artisan maçon autodidacte devenu correcteur d'imprimerie, René Lefeuvre (1902-1988) va s'enthousiasmer pour la révolution d'Octobre, mais la lecture de La Révolution russe de Rosa Luxemburg — « la seule femme que j'ai aimée », dira cet homosexuel tourmenté — va éveiller son esprit critique. En 1936, il fonde ce qui sera le grand œuvre de sa vie, les éditions Spartacus, avec pour premier titre Seize Fusillés. Où va la révolution russe ?, de Victor Serge. La grande période, ce sont les années 1968-1979, qui verront la publication d'une centaine de titres avec pour credo l'anticapitalisme, l'anticolonialisme, le refus du fascisme et l'antibolchevisme dans une veine marxiste antiautoritaire. Il avait fait sienne la formule de son ami Jorge Valadas, alias Charles Reeve : « Le désir de changer le monde est indispensable à qui prétend vivre debout. »
Syllepse, Paris, 2026, 144 pages, 12 euros.
Nasim Vahabi est iranienne. Elle vit en exil depuis 1998. Deux de ses romans ont été interdits par la République islamique. Le roman présenté ici est un chant général et subtil contre la nature dictatoriale et censitaire d'un pays jamais nommé mais que le lecteur n'aura aucun mal à identifier…
Un texte qui est mis aux arrêts par les censeurs peut-il exister ? Est-il déjà condamné à disparaître ? C'est le thème de ce roman (1), dont la dense brièveté, calculée au trébuchet, décuple l'effet coup de poing. Une succession d'épisodes le compose, où se répondent, comme dans une chambre d'échos, les divers personnages évoqués, en une chaîne du secret où une romancière, son éditeur, la fille de ce dernier, etc., tentent de vivre, de faire vivre l'écrit, et de réaliser leurs projets tout en se sachant sous une dictature.
Tout commence avec la démarche d'une écrivaine « dont le roman est emprisonné depuis quatre longues années » ; elle est venue avec son éditeur connaître le sort réservé à son livre, auprès du chef du conseil de l'autorisation de publication. Ils sont reçus par celui qu'ils pensent être un sous-fifre. On ne parle pas de censure, dans ce pays : « Le mot “censeur” est péjoratif, et les mots “censure” et “censeur” font partie des termes qu'il est interdit d'évoquer dans un roman, et même de prononcer devant les agents lecteurs. » Ces « agents lecteurs », ce sont… les censeurs. Son roman « a été lu par quatre agents lecteurs dont deux sont docteurs en lettres modernes (…) puis par une autre équipe. Ces deux équipes reprochent à ce roman de noircir l'image de la société. C'est un excellent texte hélas avec un peu de pessimisme ». L'écrivaine argumente, lui lit la fin du récit : « Vous voyez, il n'est pas pessimiste, les deux personnages se quittent en disant “à demain” puisqu'ils ont de l'espoir. (…) — Oui, mais ce “à demain” aurait un poids symbolique ! Votre demain n'a pas la même signification que le nôtre. » Pour preuve de sa bonne volonté, il lui propose de visiter la salle des archives et de prendre connaissance d'autres textes semblables au sien, dans cette bibliothèque des manuscrits abandonnés qui gisent par centaines sur les étagères. Mais cette caverne aux trésors, qui a tous les attributs d'un cimetière littéraire, peut s'avérer un piège…
L'épisode suivant est constitué de l'échange entre l'éditeur et sa « Dame », une sorte de parade nuptiale réciproque, dans une aura de tendresse ironique, sous la protection supposée de WhatsApp et de Telegram, car il leur faut être prudents. D'ailleurs, parfois ils effacent certains de leurs textes, participation volontaire à l'entreprise nationale de censure — comme le dit l'éditeur, sans avoir besoin de préciser : « Ils sont là. Ils sont dans nos maisons, nos téléphones, nos familles, nos cerveaux, (…) ces salauds qui sont partout dans cet asile qui s'appelle notre pays. »
Chaque chapitre fait ainsi entendre des voix singulières dans un temps qui a pour particularité de n'être pas vraiment quantifiable : mieux, l'histoire est expressément encouragée à prendre son temps, celui du non-achèvement. La mécanique du livre agence délicatement ses différentes sections comme des particules qui devront finir par prendre sens.
(1) . Nasim Vahabi, Je ne suis pas un roman, traduit du farsi par l'auteure, Tropismes Éditions, Trôo, 2022.