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Budget 2027 : les députés votent 4 milliards de déficit nouveau en une après-midi

Par Vincent Clairmont
Près de 4 milliards d'euros : c'est ce que le ministre des comptes publics chiffre au terme de la première séance de la commission des finances, le 7 octobre. Le même texte renonce à 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à lever la main.

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Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a ouvert l'examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2027. En un après-midi et une soirée, elle a supprimé l'article 3 — l'abaissement de 4 439 à 3 000 euros du plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, 1,4 milliard de rendement attendu —, retiré l'imposition partielle des indemnités journalières versées en affection de longue durée, relevé la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus contre l'avis du rapporteur général, et supprimé le plafond de 7 500 euros d'exonération des heures supplémentaires. Le ministre des comptes publics, David Amiel, chiffre l'ensemble à « près de 4 milliards d'euros » de déficit supplémentaire. Sur 43 milliards de mesures nouvelles, cela fait 9 % de l'effort, en une séance.

Ce décompte n'a aucune portée juridique. Le 13 octobre, la séance publique reprend la discussion à partir du texte du gouvernement : les votes du 7 octobre ne passent pas le week-end. Et avant qu'on en arrive aux voix, 217 des 1 784 amendements déposés avaient été déclarés irrecevables, dont 205 au titre de l'article 40 de la Constitution.

Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : la première séance n'a pas creusé le déficit, elle a montré où l'effort se décide. Le texte abandonne 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à le voter, et demande 1,4 milliard à 4,6 millions de foyers de retraités en le faisant voter.

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Premier point : les 2,5 milliards que personne n'a eu à voter

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises entre dans sa troisième année. Elle a rapporté de l'ordre de 7,5 milliards d'euros en 2026. L'article 15 du projet la proroge en abaissant ses taux de 20,6 à 15,7 % pour les chiffres d'affaires entre 1,5 et 3 milliards, et de 41,2 à 31,4 % au-delà — une réduction de 30 % annoncée par le gouvernement lui-même, pour un rendement ramené à 5 milliards.

L'écart est de 2,5 milliards. Il est supérieur à chacun des votes du 7 octobre, et il n'a fait l'objet d'aucun. Il ne figure pas dans le décompte des 4 milliards, pour une raison simple : ce n'est pas un amendement, c'est le texte.

Je précise ma position, parce qu'elle commande la suite. Je ne défends pas la surtaxe. Une contribution « exceptionnelle » reconduite trois exercices de suite n'est plus exceptionnelle : c'est une imposition du capital productif, et je préfère la voir baisser que monter. Le Medef y voit un mauvais signal ; sur le fond, il a raison. Mon objet n'est pas l'assiette. C'est la procédure.

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Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités

Par Vincent Clairmont

1,4 milliard d'euros sur un effort de 54. En moyenne, 304 euros par an pour chacun des 4,6 millions de foyers concernés. C'est la mesure que la commission des finances a supprimée le 7 octobre, avec les voix de partis qui chiffrent le redressement des comptes en dizaines de milliards.

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Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a supprimé l'article 3 du projet de budget pour 2027. Le texte abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % appliqué aux pensions pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Rendement attendu : 1,4 milliard d'euros. Foyers concernés : 4,6 millions. Six groupes avaient déposé des amendements de suppression : Rassemblement national, UDR, Droite républicaine, Horizons, La France insoumise, communistes. Ensemble pour la République et le MoDem ont défendu la mesure. Le vote est provisoire : en séance, à partir du 13 octobre, la discussion repart du texte du gouvernement.

Il faut dire ce que l'article faisait, parce que le débat a porté sur autre chose. L'abattement n'était pas supprimé. Son plafond baissait, et ce plafond ne joue qu'au-delà de 30 000 euros de pensions par foyer et par an. En dessous, rien ne changeait. Au-dessus, la perte était bornée : 1 439 euros d'abattement en moins, soit 432 euros d'impôt pour un foyer imposé à 30 %. Rapporté aux foyers concernés, le rendement donne 304 euros par an en moyenne. Vingt-cinq euros par mois.
Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : le vote du 7 octobre n'a pas porté sur les retraités. Il a porté sur la crédibilité de ceux qui promettent l'effort. Trois partis qui chiffrent le redressement en dizaines de milliards, ou en années de travail supplémentaires, ont refusé le premier 1,4 milliard qui portait un nom d'électeur.

Programme économique du RN ? ou les 140 milliards indolores
Le RN promet 140 milliards d’économies sans qu’aucun électeur n’y perde. Près de la moitié est demandée au fraudeur, à Bruxelles et à l’étranger.
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Premier point : ce que les mêmes partis promettent

Le Rassemblement national a présenté la veille 140 milliards d'économies d'ici 2032, qualifiés d'« effort radical », et défend une règle d'or pour laquelle Marine Le Pen a donné elle-même l'exemple de 2027 : un déficit plafonné à 2,4 % du PIB. Le lendemain, sa députée Claire Marais-Beuil déclarait en commission : « Nous refusons que le redressement des comptes publics se fasse une nouvelle fois sur le dos des retraités. »

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Programme économique du RN ? ou les 140 milliards indolores

Par Eric V.

Marine Le Pen promet 140 milliards d'économies sans toucher aux pensions, sans hausse d'impôt, et en ramenant la retraite à 62 ans. Près de la moitié de l'effort est demandée au fraudeur, à Bruxelles et à l'étranger. Trois payeurs qui ont un point commun : ils ne votent pas.

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Le Rassemblement national jouait gros mardi. Après une rentrée de faux pas — le voile, les quarante-deux annuités, Carcassonne, Auchan, Bardella —, la présentation du budget du quinquennat devait prouver que le parti savait compter. Deux heures, des graphiques en cascade, une centaine de journalistes. Et un chiffre : 140 milliards d'euros d'économies nettes d'ici 2032, au prix, dit Marine Le Pen, d'un « effort radical ».

J'aurais aimé applaudir. Un parti qui promet le déficit sous 3 % en 2030, plus de cent vingt taxes supprimées, trente milliards d'impôts en moins et un étage de capitalisation pour les retraites dit des choses que ce journal réclame depuis des années. Encore faut-il regarder qui paie.

Trois payeurs qui ne votent pas

Le détail du plan a été décortiqué. L'effort brut y atteint 169 milliards. Trente-deux et demi viennent de la lutte contre la fraude. Dix-neuf et demi d'une moindre contribution au budget européen. Vingt-neuf de la priorité nationale, c'est-à-dire de prestations retirées aux étrangers. Total : 81 milliards, près de la moitié du plan.

Le fraudeur, Bruxelles, l'étranger. Trois payeurs commodes, qui ne votent pas en France. Trois recettes, surtout, qu'une signature à l'Élysée ne suffit pas à encaisser. La fraude estimée n'est pas la fraude recouvrée : les caisses sociales en récupèrent 600 millions par an sur treize milliards évalués. La contribution européenne se négocie à vingt-sept. Et le Conseil constitutionnel a jugé en avril 2024 qu'on ne pouvait pas subordonner les prestations à cinq ans de résidence : il faudra réviser la Constitution avant de toucher le premier euro.

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La retraite qui rapporte

Reste l'autre moitié. Elle repose sur des gains d'organisation — huit milliards à l'hôpital, neuf et demi d'actes médicaux jugés inutiles — et sur 201 000 postes non remplacés dans les agences et les collectivités, sans un licenciement.

Puis vient la ligne que j'ai relue deux fois. Le RN ramène l'âge de départ à soixante-deux ans, voire soixante, et inscrit dans le même mouvement 15 à 20 milliards d'économies sur les retraites. L'Institut Montaigne, cité par Challenges, chiffre l'abaissement de l'âge à 34 milliards de coût par an, jusqu'à 44,7. Partir plus tôt et dépenser moins : le RN a inventé la retraite qui rapporte.

Ajoutez trente milliards de baisses d'impôts, quinze de droits nouveaux, plus de soixante-cinq d'investissements, des pensions toujours indexées. Et quatre-vingt-dix milliards d'intérêts économisés sur la dette, comptés d'avance. Économisés à condition que le plan réussisse : c'est payer le traiteur avec les cadeaux de mariage.

Une règle d'or pour plus tard

Reste la pièce maîtresse : une règle d'or budgétaire, inscrite dans la Constitution par référendum. Tant que la dette dépasse 60 % du PIB, le déficit devrait rester un demi-point sous le niveau qui la stabilise. Pour 2027, Marine Le Pen donne elle-même le plafond : 2,4 %. Sa trajectoire, la même semaine, affiche 4,9 %. Entre les deux, 2,5 points de PIB, quelque 75 milliards. Ou bien la règle ne s'applique pas à son quinquennat, ou bien il faudra y déroger dès la première année, aux trois cinquièmes du Parlement — et une seconde dérogation d'affilée exige un nouveau référendum.

En 2012, la même Marine Le Pen appelait la règle d'or une « chape de plomb ». Je ne sais pas si elle a changé d'avis ou de public. Je constate qu'à un demi-point par an, il faut cent vingt ans pour ramener la dette de 120 à 60 % du PIB. Une contrainte qu'on se donne pour le siècle suivant n'engage pas beaucoup le quinquennat.

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Ce que la déception dit de nous

Je ne reproche pas au RN de manquer d'ambition. Cent quarante milliards, c'est le bon ordre de grandeur. Je lui reproche de l'avoir rendue indolore. Dans ce plan, aucun électeur ne perd rien : ni le retraité, ni le fonctionnaire en poste, ni l'allocataire français, ni le contribuable. L'effort radical est radical pour les absents.

Les marchés n'ont pas tremblé : le taux à dix ans a même reflué mardi à 4,75 %, après avoir frôlé 5 % la semaine précédente. Je me garderai d'y lire un vote de confiance.

Et c'est ici que la charge nous revient. Si le parti donné favori présente un régime sans privation, c'est qu'il nous connaît. Nous voulons bien que l'État maigrisse, à condition que ce soit dans l'assiette du voisin. Un programme n'est jamais que le portrait de ceux à qui on le vend.

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Dernier mot

On se demandait si le RN réussirait son passage à la réalité. Il a réussi son passage au tableur. La réalité, c'est le jour où il faudra dire à quelqu'un qui vote qu'il recevra moins, et ce jour-là ne figure dans aucune des colonnes présentées mardi.

Nous l'écrivions ici : Marine Le Pen diffère depuis des années l'arbitrage entre ceux qui attendent d'elle la retraite à soixante ans et ceux qui attendent des comptes en ordre. Son budget ne tranche pas. Il additionne les deux promesses et adresse la facture à l'étranger. En mai 2027, élue ou battue, il faudra bien qu'elle choisisse ; et si elle est élue, ses électeurs découvriront les premiers que l'indolore n'existe pas.

Un « effort radical », donc. Reste à trouver qui le fera.

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Dpfp, una manovra in cerca di risorse

Il Dpfp, che definisce la cornice di finanza pubblica per la manovra 2027 e per l’evoluzione dei conti nel prossimo triennio, è un documento cauto. Non lascia spazio per spese aggiuntive oltre quelle per difesa ed energia. In attesa di novità da Bruxelles.

L'articolo Dpfp, una manovra in cerca di risorse proviene da Lavoce.info.

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Le budget 2027 veut faire payer les retraités, mais personne n'y croit

Par Eric V.

Le gouvernement promet de ramener le déficit de la sécurité sociale de 21,8 à 12,7 milliards, et demande pour cela 5,5 milliards aux retraités. En décembre dernier, il avait promis 19,4. En mai, on en était à 23,2. Les chiffres de ce matin ne sont pas des prévisions : ce sont des répétitions.

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Reprenons le fil par un document. Le 31 décembre 2025, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 est publiée au Journal officiel. Elle fixe un déficit de 19,4 milliards d'euros. Cinq mois plus tard, le 28 mai, la Commission des comptes de la sécurité sociale — l'organisme officiel chargé de tenir les comptes, pas un cabinet d'opposition — annonce que l'exercice finira plutôt à 23,2 milliards. Trois milliards huit cents de plus, en cent cinquante jours, sur un chiffre voté par le Parlement.

Ce matin, le même gouvernement a présenté le budget de la sécurité sociale pour 2027. Il y annonce un déficit de 12,7 milliards. Et pour y parvenir, il demande 5,5 milliards aux retraités.

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Ce qu'on demande aux retraités, en clair

Deux mesures, et elles sont simples à comprendre une fois qu'on a retiré le jargon budgétaire.

La première est un partage des pensions en trois étages au 1er janvier. En dessous de 1 260 euros par mois, la pension suit l'inflation, intégralement. Entre 1 260 et 2 034 euros, elle ne la suit qu'en partie. Au-dessus de 2 034 euros, elle ne la suit plus du tout : elle est gelée. Personne ne baisse, et c'est tout l'art du procédé — on ne retire rien, on cesse de suivre. Rendement attendu : environ 4,1 milliards.

La seconde est fiscale, et elle est passée presque inaperçue. L'abattement de 10 %

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Bagayoko, Bardella ? ou le procès avant la preuve

par Eric V.

Lundi, Mediapart attribue à Jordan Bardella des propos antisémites écrits il y a plus de dix ans. Mardi, un média d'extrême droite diffuse vingt secondes où le maire de Saint-Denis danse près d'une poubelle en feu. Deux camps, deux dossiers ouverts, et déjà deux verdicts.

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La poubelle

Un homme se penche, saisit une poubelle qui brûle, la traîne loin des grilles d'un lycée, se relève et danse avec les élèves qui l'applaudissent. Un peu plus tard, il applaudit les pompiers. C'est la séquence complète, publiée par L'Humanité. Celle qui a tourné d'abord, diffusée par le site militant Frontières, commence après le geste : on y voit un élu s'écarter d'un feu et danser. Vingt secondes, et l'affaire était faite.

Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis en mars, a démenti mardi devant la presse, au lycée Paul-Éluard : « Je n'ai évidemment ni allumé ni encouragé de feu de poubelle », « j'ai au contraire tenté de l'éteindre ». Des lycéens ont raconté à l'AFP qu'il leur criait d'arrêter de mettre le feu. Le député RN Julien Odoul avait dénoncé la scène sur CNews avant que la version longue ne circule.

Le montage n'est pas un mensonge. C'est une vérité à laquelle on a retiré ce qui la contredit.

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Le fichier

La veille, lundi, Mediapart publiait des dizaines de conversations écrites datées de 2013 à 2015, qu'il dit avoir vérifiées de façon indépendante, et qui attribuent à Jordan Bardella des propos antisémites. Le président du Rassemblement national parle de « propos parfaitement délirants », de faux grossiers, et a chargé son avocat d'engager les actions nécessaires. Marine Le Pen dénonce des manigances. Aucune expertise technique extérieure des pièces n'a été rendue publique à ce jour.

Disons-le sans détour, parce que c'est la ligne de ce journal et non une précaution d'écriture : si ces écrits sont authentiques, rien ne les excuse, aucune position diplomatique ne les rachète, et il n'y a pas d'indulgence à négocier. Mais nous ne le savons pas encore. Et « nous ne le savons pas encore » est exactement ce que plus personne ne supporte d'entendre.

Car les deux camps ont fait le même calcul en vingt-quatre heures. D'un côté, le clip a valu constat. De l'autre, le fichier vaut condamnation. Chacun a reconnu dans la pièce ce qu'il savait déjà, et s'est épargné la peine de l'ouvrir.

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Ce que coûtent vingt-quatre heures

On m'objectera que le journalisme ne peut pas attendre les tribunaux, et c'est vrai : un journal qui ne publierait qu'après un arrêt définitif ne publierait jamais rien. Mais publier une pièce et prononcer une sentence sont deux actes distincts, et ce ne sont pas les mêmes gens qui les commettent. Mediapart a publié et dit avoir vérifié — c'est son métier, et il en répondra. Frontières a coupé. Ceux qui ont conclu, dans les deux affaires, ce sont ceux qui regardaient.

Or une accusation et sa rectification ne circulent pas à la même vitesse, pour une raison qui n'a rien de mystérieux : la rectification n'est pas amusante. La séquence longue de Saint-Denis existe, elle est datée, elle est accessible à quiconque veut cliquer — elle ne fera pas le tiers du chemin des vingt secondes. Et si les conversations publiées lundi sont un jour écartées par un juge, dans dix-huit mois, à la page des brèves, qui le lira ?

Nous avons donc deux régimes de preuve pour un seul pays. Quand la pièce accuse l'adversaire, elle suffit. Quand elle accuse les nôtres, on demande une expertise, un contradictoire, un délai. Et chacun trouve l'autre partial, ce qui est la seule chose sur laquelle les deux camps aient raison.

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Dernier mot

Il faudrait se demander ce que nous avons fait, nous, pendant ces vingt-quatre heures. Pas les médias, pas les partis : nous, qui avons regardé, partagé, tranché. Le test est simple et il ne coûte rien à passer : sommes-nous aussi pressés de vérifier lorsque la pièce accuse quelqu'un de notre bord ? Si la réponse est non, nous ne sommes pas des citoyens informés. Nous sommes des supporters avec une connexion.

Voilà ce que la liberté demande de plus banal et de plus difficile : accepter de rester vingt-quatre heures sans avis. Ce n'est pas de la prudence, c'est un exercice, et il se pratique contre soi.

En France, le verdict ne suit plus l'enquête. Il l'attend, déjà rédigé.

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À part Christine Lagarde, qui peut encore donner une chance au bloc central à la présidentielle ?

par Eric V.

Le 16 novembre 2016, un homme qui n'avait jamais été élu à quoi que ce soit annonçait sa candidature à la présidence de la République. Dix ans plus tard, le bloc central aligne quatre candidats et pas un présidentiable. Il lui reste une carte, et elle est à Francfort.

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Bobigny, il y a dix ans

Le 16 novembre 2016, à Bobigny, Emmanuel Macron annonçait sa candidature. Il avait trente-huit ans, aucun mandat électif derrière lui, trois mois de vie civile depuis sa démission du gouvernement, et une dizaine de points dans les sondages. Cinq mois plus tard il était élu. On a beaucoup écrit sur le personnage ; on a moins regardé le gabarit. Ni élu, ni militant, ni comptable d'un bilan devant des électeurs, mais lourd d'une excellence certifiée par des institutions — l'Inspection des finances, une banque d'affaires, un secrétariat général adjoint, un ministère par nomination.

Ce gabarit n'était pas un accident. C'était une réponse à une panne, et la panne est revenue.

La campagne d’Édouard Philippe décroche dans les sondages
Popularité à 27 % chez Odoxa, 46 % chez l’Ifop, 45 % au second tour contre 49 % en août : ce que trois séries de mesures disent d’Édouard Philippe depuis mai.
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Quatre candidats et pas un présidentiable

Regardons l'offre. Édouard Philippe est mesuré à 19 % d'intentions de vote quand il n'a qu'un concurrent au centre, à 17 % quand il en a deux, à 14 % quand ils sont trois, selon la notice déposée le 14 septembre à la Commission des sondages par Toluna Harris Interactive. Sa cote de popularité recule de trois points en un mois chez Odoxa, à 27 %, et de dix points depuis mai 2025. Une information judiciaire a été ouverte au printemps sur la gestion du pôle numérique du Havre ; il n'a pas été mis en examen et bénéficie de la présomption d'innocence, mais le dossier existe et il pèse.

Gabriel Attal va de 8 à 15 % selon le nombre de concurrents. Il progresse — trois points et huit places au baromètre Cluster 17 de septembre — et c'est précisément son problème : à trente-sept ans, après un passage à Matignon qui aura duré huit mois, il monte dans les classements de sympathie sans jamais franchir le plafond de la crédibilité présidentielle. Bruno Retailleau ne dépasse jamais 10 % dans aucune hypothèse, et perd six points de popularité en un mois, à 20 %. Il tient une ligne, ce qui est déjà rare ; il ne tient pas un électorat.

Élargissons, puisque c'est la mode, et comptons le Parti socialiste dans le bloc central — ce que personne n'assume et que tout le monde pratique. Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature le 23 août, ce qui lui donne un avantage sur les trois précédents : il existe. Il est mesuré entre 9 et 12 %. On dira qu'il progresse, et c'est vrai — il est le seul du haut de tableau à gagner un point en septembre chez Odoxa. Mais une candidature déclarée qui ne décolle pas est un plafond, pas un plancher, et il lui manque les trois choses qu'on ne fabrique pas en dix-huit mois : le charisme, l'habileté de manœuvre, et cette crédibilité gouvernementale qui ne s'acquiert qu'en ayant tenu un ministère par gros temps.

Quatre hommes, quatre plafonds. Aucun n'émerge, et chacun empêche les autres.

L'arithmétique qui donne des sueurs froides

Voilà où le sujet devient sérieux. Dans l'hypothèse où le centre et la gauche non insoumise présentent trois candidats, le mieux placé d'entre eux est à 14 %. Jean-Luc Mélenchon est à 16. Marine Le Pen est à 33. Faites l'addition : le second tour se joue sans le bloc central.

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La campagne d'Édouard Philippe décroche dans les sondages

par Élise Rochefort

Trois instruments distincts mesurent la position d'Édouard Philippe : les baromètres de popularité, les intentions de vote au premier tour et les duels de second tour. Ils ne posent pas la même question et leurs niveaux ne sont pas comparables entre eux. Les trois reculent.

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La popularité

Le baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, réalisé les 23 et 24 septembre 2026 auprès de 1 005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, mesure 27 % d'opinions favorables pour Édouard Philippe, en recul de 3 points. L'institut relève une baisse de dix points depuis mai 2025.

La même série le mesurait à 30 % en mai 2026, après un recul de 2 points en mai et de 4 points en avril, soit six points sur deux mois.

Le tableau de bord des personnalités de l'Ifop, réalisé les 2 et 3 septembre 2026 auprès de 1 034 personnes, mesure 46 % de bonnes opinions, en recul de 2 points, et le place au cinquième rang. Les trois premières places sont occupées par des personnalités sans mandat électif en exercice. Gabriel Attal y est mesuré à 43 %.

Les deux instruments ne donnent pas le même niveau — 27 % et 46 % — parce qu'ils ne posent pas la même question. Seules leurs évolutions respectives sont comparables. Elles vont dans le même sens.

La campagne d'Édouard Philippe décroche dans les sondages
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Les intentions de vote

L'enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, dont la notice a été déposée le 14 septembre 2026 auprès de la Commission des sondages, a été réalisée du 8 au 10 septembre auprès de 2 052 personnes inscrites sur les listes électorales. Édouard Philippe y est mesuré à 14 % dans l'hypothèse qui retient également Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal, à 17 % dans celle qui ne retient que Glucksmann, et à 19 % dans celle qui substitue François Hollande aux deux précédents.

Sur les autres enquêtes de la période, il est mesuré entre 14,5 et 18 % par l'Ifop les 24 et 25 août, entre 17 et 19,5 % par Elabe du 26 au 28 août, et à 19 % par Cluster 17 pour Politico les 15 et 16 septembre. L'enquête Odoxa-Mascaret des 20 et 21 mai le mesurait à 17 %, en recul de 4 points sur la vague précédente.

La borne basse de cette fourchette, 14 %, correspond à l'hypothèse où trois candidats du centre et de la gauche non insoumise se présentent simultanément. Dans cette configuration, Jean-Luc Mélenchon est mesuré deux points au-dessus de lui.

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Le second tour

Dans le même sondage Toluna, Édouard Philippe obtient 45 % face à Marine Le Pen, contre 49 % dans la vague d'août 2026 : quatre points en un mois. Gabriel Attal y est mesuré à 44 %, contre 45 % en août. Sur le second tour, l'institut annonce une marge d'erreur de 2,9 à 3,1 points selon le score visé.

En mai, l'enquête Odoxa-Mascaret donnait un second tour Jordan Bardella-Édouard Philippe à 52-48, après des vagues précédentes qui plaçaient Philippe en tête.

Le calendrier judiciaire

Une information judiciaire a été ouverte au printemps 2026 sur la gestion du pôle numérique du Havre. Les qualifications visées, telles que rapportées par la presse, sont le détournement de fonds publics, le favoritisme, la prise illégale d'intérêts et la concussion. Les faits portent sur une convention conclue en 2020 entre la communauté urbaine et l'association LH French Tech, qui a perçu 2,154 millions d'euros de compensation publique. Un signalement avait été adressé au Parquet national financier en septembre 2023, des perquisitions ont eu lieu en avril 2024, et le PNF a pris des réquisitions aux fins d'ouverture d'une information judiciaire le 7 mai 2026.

Aucune mise en examen n'a été rapportée à ce jour. Édouard Philippe bénéficie de la présomption d'innocence. Son entourage a indiqué qu'il répondrait aux questions de la justice, comme il l'a toujours fait.

Odoxa rattache explicitement le recul de mai à l'ouverture de cette enquête. L'Ifop, qui mesure un recul sur la même période, n'avance pas de cause.

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Ce qui ne recule pas

Édouard Philippe demeure le candidat du bloc central le mieux placé dans la plupart des hypothèses testées, et le seul mesuré à 19 % dans deux enquêtes de septembre. Au second tour, il conserve un point d'avance sur Gabriel Attal. L'Ifop relève qu'il garde un avantage parmi les sympathisants de Renaissance et les électeurs d'Emmanuel Macron en 2022. Son score de premier tour est le plus élevé lorsque le nombre de candidatures concurrentes au centre est le plus faible, ce qui dépend de décisions qui ne lui appartiennent pas.

Les limites de la mesure

Aucune des personnalités du bloc central n'a déclaré sa candidature. Les instituts testent des hypothèses qu'ils construisent, et ces hypothèses diffèrent d'une enquête à l'autre : une variation de score peut donc traduire un changement d'opinion ou un changement de configuration testée. Les marges d'erreur annoncées, de 1,4 à 2,9 points au premier tour, sont du même ordre que la plupart des écarts commentés. Les baromètres de popularité et les intentions de vote mesurent deux objets différents, et rien n'établit que l'un précède l'autre.

Trois séries reculent sur la même période. Elles ne disent pas si le mouvement se poursuivra.

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School year kicks off in Greece: 30,000 fewer first-grade pupils in a decade

School year 2026-2027 kicked off in Greece with the traditional holy water blessing ceremony performed by a priest in front of pupils, students, teachers and parents. The new school season began today, Friday, September 11, not only in  primary, middle and high schools but also in kindergartens. After the blessing ceremony, students are being informed […]

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